BIFFF 2013 – Zombifff parade & Nuit Fantastique : le Manneken-pis, les zombies passent, le sommeil trépasse

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Samedi, c’est la Zombifff parade. Les zombies envahissent Bruxelles, après un rassemblement au parc royal, la macabre troupe se met en groupe à la suite du char du diable. Sur le char, un zombie diffuse de la musique diabolique, Harlem Shake et autres Gangnam style, cherchant probablement à achever ceux qui ne sont pas encore mort.

Image de Les flashes crépitent et les touristes amusés regardent passer le défilé. La parade se terminera par un thriller de l’effrayant Michael Jackson, les zombies levant leurs membres survivants. Pour rester dans l’ambiance, nous retournerons au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles où se déroule le festival, afin d’assister à un film de zombies russe. Une agréable surprise que ce Zombie Fever, mélangeant humour potache et référentiel geek, le film ne se refuse rien, repoussant les limites du délirant jusqu’à un final en apothéose. Faucilles, marteaux, vodka, filles de l’Est et sulfateuse, tout est là pour passer un bon moment. Nous laissons avec délectation, les zombies se repaître de nos cerveaux. Puis nous sortons reprendre des forces en vue de l’épreuve qui nous attend, car ce soir au BIFFF, c’est la Nuit Fantastique.

La Nuit Fantastique, c’est quatre films, de vingt-trois heures jusqu’au petit-déjeuner. C’est aussi un public nombreux et surchauffé comme on ne peut en trouver qu’au BIFFF. La salle est survoltée, les rouleaux de papier toilette et ballons improvisés, en passant par les préservatifs, volent en tous sens, tandis que le présentateur rappelle aimablement que nous sommes dans une salle classée. À la demande de l’assemblée, il  pousse la chansonnette. Il est en effet de coutume au BIFFF de demander une chanson aux intervenants.

Venus présenter Mama, premier film de la nuit, Andy et Barbara Muschiettu, n’y échapperont pas. L’intro du festival est projetée, le public y répond, puis lance son cri de guerre issu du Corbeau, Mama débute. La salle est en délire, chacun y va de son commentaire, de son trait d’esprit découlant de ce qui se passe sur l’écran, accompagnant la musique en claquant des mains. Nous n’entendrons rien des dialogues mais heureusement le film est sous-titré. Film classique de fantômes, plutôt bien réalisé, Mama joue sur l’angoisse, un sentiment qui ne peut pas naître dans ces conditions de projections où règne la dérision.

Désireux de nous intéresser plus avant à l’appropriation des mythes européens par le cinéma asiatique, nous délaissons un moment la Nuit Fantastique où est projeté John dies at the end, pour regarder Red Sword. Après Vampire Girl vs. Frankenstein Girl, Naoyuki Tomomatsu nous offre à présent sa vision du Petit Chaperon Rouge. Armée de son Katana, elle vient sauver les jeunes filles naïves des griffes des grands méchants loups-garous. Ils sont tellement méchants qu’ils font de la lumière avec leurs yeux pour hypnotiser les filles à forte poitrine. Film érotique, kitsch et au ridicule assumé, Red Sword n’offre aucune qualité cinématographique, juste une quantité de vaines interrogations du type « pourquoi, mais pourquoi ? ».

Le cerveau empli de ces sushis, nous rejoignons la Nuit Fantastique pour la projection de Fresh meat. Ce film néo-zélandais raconte l’histoire de malfrats en cavale qui trouvent refuge chez une famille de cannibales. D’une construction plutôt bancale, cette très grasse comédie se laisse regarder, surtout à cette heure tardive. Elle est parfaitement adaptée à l’ambiance qui règne dans la salle.

Enfin le dernier film s’annonce, et la fatigue commence à se faire sentir. Malgré son absence de moutons au profit de poulpes extraterrestres, Grabbers, sympathique comédie irlandaise, aura raison d’une partie de l’audience qui se laissera gagner par le sommeil. C’est en silence et avec le sentiment du devoir accompli qu’après le film, nous irons consommer notre petit déjeuner au sein du BIFFF

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: Apprenti doutologue, assidu scribouillard, avide voyageur et kinoïte appliqué, Florent combat la procrastination sur de nombreux fronts, peut-être finira-t-il par gagner. Plus sur: www.assiduite.blogspot.fr/

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