BIFFF 2013 – The 25th Reich : on a ressuscité la septième compagnie

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L'an dernier, le BIFFF avait été favorable à la nazisploitation en couronnant de succès le très décalé et outrancier Iron Sky, reparti avec une double gratification (Méliès d'argent et prix du public) permettant ainsi au film de commencer une jolie petite carrière dans les milieux de la cinématographie de seconde zone. Cette année, le BIFFF joue la carte de la redite avec un 25th Reich séduisant au premier abord mais rapidement fatigant.

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En 1943, un commando de Yankee est envoyé dans le bush australien afin d’y faire la peau à deux pumas qui ont la fâcheuse tendance de dévorer les Alliés. Pour se faire, l’équipe de valeureux dispose d’un émetteur à ultrason capable d’attirer lesdits bestiaux et plier la mission en dix minutes chrono. Or l’étrange appareil s’avère être en réalité une machine à voyager dans le temps fabriquée par le colonel du détachement, un vrai salopard de traître, dangereusement rattaché à l’idéologie du pays de la bière plutôt qu’à celle de la nation du hamburger. Après une multitude de débats bas du front et des échanges de fierté virile (qui ne font pas avancer la mission mais qui grattent tranquillement des minutes au long-métrage), les cinq larrons se retrouvent projetés 50 000 avant notre ère avec, pour certains, l’objectif de ramener une soucoupe volante en 1943 et faire basculer l’issue du conflit mondial et, pour les autres, mettre à bas ces enfoirés de nazi et sauver l’humanité du terrible joug du futur vingt-cinquième Reich.

Si le scénario vous paraît improbable, c’est tout à fait normal. En effet, le film est une adaptation d’un roman de la littérature pulp sobrement intitulé 50 000 years until tomorrow dont le seul intérêt semble être le fait qu’il soit adapté à l’écran. Stephen Amis, le réalisateur, aussi méconnu que le livre qu’il adapte, construit son récit avec plein de bonne volonté mais ne propose pas mieux qu’un fan-film, méritant au pire une mise en ligne YouTube, au mieux un passage sur SyFy. La réalisation du film n’est pas foncièrement mauvaise en soit, on est même séduit au début par ce côté très inspiré de Spielberg et Lucas ; la construction du récit rappelle les aventures d’Indy et le montage du film évoque incontestablement Star Wars.

Le problème c’est que le film prend son temps pour nous raconter son mystère et l’illustre dans des dialogues certes marrants mais foncièrement répétitifs enchaînant citation cinématographique, prise de bec ethnique et grand débat idéologique. Le clou du spectacle c’est bien évidemment ses effets spéciaux. Alors on apprécie tout de même la tentative d’en mettre le moins possible parce que l’on sait que ça fait mal aux yeux, mais on aurait bien aimé un travail appliqué sur les textures et l’animation des rares moments où le bestiaire jurassique et futuriste du film entre en jeu.

On émettra aussi un certain nombre de réserves sur quelques points du film. Une première au sujet du titre qui mène faussement l’histoire que l’on nous raconte, le 25ème Reich n’étant réellement visible que dans les dernières minutes du film. Une deuxième au sujet de la fin à proprement parler : brute, soudaine, annonçant déjà une suite alors qu’on pensait que le film commençait enfin à tenir les promesses de son titre. Et une dernière autour d’un passage bien particulier, hilarant certes mais « foutrement » inutile : le viol d’un soldat juif par un Américain nazifié en araignée mécanique géante. Improbable me direz-vous ? Et pourtant on vous assure que c’est dans le film.

The 25th Reich

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Le 25ème Reich
De : Stephen Amis
Avec : Jim Knobelock, Serge de Nardo, Angelo Salamanca
Durée : 1h25

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: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

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