BIFFF 2013 – The End : les vacances de l’Apocalypse

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Encore sous le charme de la poésie espagnole de Blancanieves, on reprendrait bien une dose de soleil ibérique sous la grisaille du ciel bruxellois. Heureusement pour nous, Jorge Torregrossa nous propose un film apocalyptique en forme de carte postale, aux antipodes des productions traditionnelles du genre.

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Ça commence comme dans Les Petits Mouchoirs. Une bande de copains trentenaires se réunit à l’initiative de l’une d’entre eux, dans une maison paumée de la campagne espagnole. D’abord très heureux de se retrouver, le groupe révèle rapidement ses erreurs du passé et offre davantage une ambiance règlement de compte à la Festen que des retrouvailles placées sous le signe de la déconne.

C’est vrai qu’ils ont quand même bien merdé en droguant leur pote Angel, il y a quelques années, pour lui faire une blague lui cramant la moitié de la cervelle et le laissant végéter chez les fous. Forcément, on a du mal à apprécier ce petit groupe de crétins irresponsables cherchant à tout prix à se déculpabiliser de leur tort en vantant l’esprit de groupe et le côté potache de la blague, sans jamais chercher à se remettre en cause. Malheureusement pour eux, c’est au même moment que le monde a décidé d’arrêter de tourner. Dans le coup, on remettra les thérapies collectives à plus tard, d’autant plus que la moitié du groupe disparaît en chemin.

The End est un curieux film de tourisme, scénarisant une interminable randonnée de survie, rappelant le concept de La Route mais avec l’appareil photo en bandoulière. L’originalité du film est de proposer une fin du monde immédiate sans aucune désolation en conséquence. Un éclair soudain dans le ciel d’un soir d’été et tout ce qui est électrique s’arrête net, les gens disparaissent soudainement sans même laisser un cadavre derrière eux et les animaux reprennent tranquillement leurs droits. L’intérêt ? Faire de la fin du monde un événement déclencheur au développement des personnages plutôt qu’un background post-apo où tout serait sur le point de s’effondrer. Ici tout est en ordre, les pendules sont simplement arrêtées, les animaux complètement fous et les hommes justes absents.

En réalité, Jorge Torregrossa se sert de son concept pour développer un scénario prêchi-prêcha sur l’amitié, la solidarité, la solitude et la communauté. Le film enchaîne alors des séquences de suspense surfaites où le seul intérêt est de faire disparaître le casting sans aucune raison apparente. En vérité, le pourquoi du comment le monde s’arrête net, on s’en fout. Se focalisant davantage sur les personnages et leurs prises de bec de trentenaires adulescents, le film perd toute son originalité et devient un ersatz du final de Lost mal digéré. On ne comprend vraiment pas où le réalisateur veut en venir et on passe un peu à côté. Dommage parce qu’on trouve que la région est quand même très jolie et qu’il faudrait penser à réserver pour les prochaines vacances.

The End

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The End
De : Jorge Torregrossa
Avec : Miquel Fernández, Antonio Garrido, Daniel Grao

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: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

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