BIFFF 2013 – Kiss of the Damned : Vampire Social Club

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Dans la famille Cassavetes, on connaissait déjà John, le papa, et son cinéma indépendant coup de poing, Nick, le fils aîné beaucoup plus entertainement que son paternel et Zoé, la fille cadette réalisatrice d'un seul film datant de 2007. Et bien aujourd'hui à Bruxelles, on nous propose de rencontrer la benjamine de la famille, Xan (diminutif d'Alexandra), et son curieux Kiss of the Damned, film d'horreur rétro qui expérimente une variation autour du mythe du vampire.

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Dans une grande maison bourgeoise au bord d’un lac du Connecticut vit Djuna, une magnifique rouquine à l’accent français, qui semble quand même bien bloquée à l’époque victorienne si l’on en croit sa garde-robe. A priori, elle est malade, condamnée à ne jamais voir la lumière du jour et n’a pas l’air décidé à laisser rentrer le beau scénariste Paolo dans sa vie. Vous l’aurez compris, la demoiselle, aussi charmante soit-elle, est en fait une vampire et ce qui d’ordinaire donne lieu à des réécritures de Dracula, des films d’action horrifiques ou des comédies sentimentales pour ados boutonneux se transforme ici en tentative de réécriture d’un genre sous l’influence marquée du giallo.

Il est important de révéler que si le film échoue à nous séduire ce n’est pas en raison de ses qualités techniques. En effet, la demoiselle Cassavetes semble avoir hérité de l’aversion de papa pour tous les rudiments de la prise de vue, ce qui n’est pas pour nous déplaire. La caméra bouge beaucoup, la mise en point est en option et le montage aussi rapide soit-il n’est pas illisible. La photo est séduisante, la musique d’une autre époque et le casting attendu pour ce genre de film (Milo Ventimiglia, Roxane Mesquida, Anna Mouglalis, etc.). En fait, si l’on veut être tout à fait honnête la réalisation est très correcte et parfois étonnante, réussissant le pari de casser l’image du vampire dans un film genre à la limite de l’expérimental.

En fait, ce qui nous pose réellement problème c’est l’intrigue. Paolo, donc, un scénariste en panne d’inspiration, fait la rencontre de Djuna et en tombe tout de suite amoureux. D’abord récalcitrante à ses avances, elle acceptera de le laisser entrer dans sa vie lui avouant même que c’est une vampire. Lui, évidemment, est éperdument amoureux d’elle et accepte de devenir l’un des leurs pour rester au côté de sa belle. À partir de là, Xan Cassavetes invente une société de vampires mondains dont on se fout royalement et qui n’apporte absolument rien à l’histoire. Des bobos vampirisés nous racontant comment l’une d’entre eux a réussi à s’imposer comme une espèce de matriarche pour tous les vampires en socialisant ces derniers devant une coupette de sang synthétique.

Le monde que crée Cassavetes a foutrement du mal à paraître tangible, comme si la réalisatrice chercher à opposer son esthétique si particulière et étrange à la situation ordinaire de gens pas ordinaires. Les vampires ont le mal de vivre, mais on s’en fout. Heureusement, Mimi, la sœur de Djuna, est une vampire pure et dure, une espèce de bombe, assumant ses airs de salope, avide de cul et de sang, qui compte bien faire du mythe originel ce qu’il est sensé être. Les vampires sont des chasseurs et nous sommes tous des proies. Malheureusement, l’histoire des deux frangines et les motivations de la dernière se noient dans les détails scénaristiques et plombent davantage un scénario déjà pas clair. Dommage, car si Xan Cassavetes montre une qualité indéniable de réalisatrice, son script quant à lui oscille entre réécriture et tradition d’un mythe pour notre plus grande confusion.

Kiss of Damned

En savoir +

Kiss of the Damned
De : Xan Cassavetes
Avec : Josephine de la Baume, Roxane Mesquida, Milo Ventimiglia

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: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

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