« Le Havre », bel exil

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Aki Kaurismäki signe son plus grand film à ce jour. Avec une belle brochette d’acteurs géniaux et un humour mélancolique et dingue.

Voilà le genre de projections qui rappelle que Cannes, même à 8h30 du matin alors qu’on ne s’est pas encore couché, c’est encore par plaisir qu’on y va. Kaurismäki a posé ses caméras au Havre, emmenant dans ses valises son actrice fétiche Kati Outinen mais s’amusant aussi avec quelques mythes du cinéma français, pour un conte doux-amer baigné dans des ambiances rétro et parodiques pleines d’humour noir.

Dans un conteneur du port, on découvre une famille de migrants venus d’Afrique avec l’espoir de rejoindre l’Angleterre. La police les embarque, mais un gamin parvient à s’échapper… Il est recueilli par Marcel Marx (André Wilms, sommet d’impassibilité pince-sans-rire), cireur de chaussures de son état, et pris sous l’aile de tout le quartier. Mais un voisin délateur (Jean-Pierre Léaud) prévient la police. Un commissaire faussement misanthrope (Darroussin) joue un jeu ambigu…

Kaurismäki, en exil, n’a pas changé : on retrouve ses lumières, son cynisme, sa direction d’acteurs. Mais il atteint avec Le Havre le sommet de son art, pour l’infinie mélancolie d’un conte qui finit bien. Et puis, il a tiré le meilleur d’une ville qui au premier abord ne fait pas rêver. Notamment par la grâce d’un de ses plus grands artistes, Little Bob, mythique figure du rock français en anglais, dont les tubes n’ont pas pris une ride et qui dégage toujours un truc dingue sur scène. Il est injustement méconnu par les jeunes générations, alors Kaurismäki et Discordance s’associent pour vous prier d’y remédier vite fait, vous avez tout à y gagner !

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