Avant les palmes

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En guise de bilan...

Il y a quelques films que nous n’avons pas pu voir, malgré toute notre bonne volonté : la partie de la rédaction déléguée à Cannes ne s’est pas réveillée pour Melancholia de Lars Von Trier, à son très grand regret ; Herarat Shulayim, Sleeping Beauty et We Need to Talk About Kevin sont passés à la trappe dans le stress des premiers jours, ou bien ont été doublés par des films des sélection parallèles. Et Bir Zamanlar Anadolu’da de Nuri Bilge Ceylan… pour tout dire j’aurais pu le voir, mais je me suis dégonflée au dernier moment, dans une conjonction entre le souvenir catastrophique des précédents films du réalisateur turc, et le besoin urgent de grappiller quelques heures de sommeil. Ah, et La Source des Femmes, je n’en aurai vu que la première heure, mais à ma décharge, elle était vraiment décourageante : un ramassis de clichés sur le monde arabe par un réalisateur qui n’y connaît visiblement pas grand-chose, un étalage de bons sentiments niveau ras-les-pâquerettes, mal filmé, mal dialogué, merde, je vais prendre un café. C’est d’autant plus décevant que, de la même région du monde et sur des thèmes assez similaires, il y avait le très réussi Et maintenant on va où? De Nadine Labaki à Un Certain Regard. Mais peut-être qu’Europacorp a négocié un pack avec les sélectionneurs, leur laissant le Malick à condition qu’ils prennent aussi La source…?

Il y a donc quelques erreurs évidentes dans la sélection ; outre celui-ci, le Sorrentino, et le Ceylan dont on se demande encore pourquoi il aime venir se suicider à Cannes à chacun de ses films (ou pourquoi on continue à l’y inviter, autre question sans réponse). Mais globalement, il y avait du niveau : Malick, Moretti, Cavalier, Kawase, Refn, Maïwenn, chacun à leur façon, ont élaboré une réflexion sur le cinéma, une proposition esthétique, une éthique, un art poétique et filmique. De quoi prouver que, même si Cannes en reste à une définition très restrictive de ce qu’est une « oeuvre cinématographique » (il suffit de penser au mini-scandale provoqué par la présentation l’an dernier de la série Carlos d’Assayas), il est possible d’y trouver des films qui, dans ce cadre serré, parviennent à faire bouger les lignes.

On le sait, les jurys surprennent souvent, peut-être parce que Cannes parvient toujours à les préserver dans leurs débats, malgré le déballage médiatique et le flot exégétique qui entoure la présentation de chaque film; les décisions semblent encore être prises à huis clos, loin des journalistes qui, c’est bien connu, ont souvent tort. Donc on ne fera pas de prédictions sur les résultats, mais on vous propose un palmarès personnel. (À lire en gardant en tête que nous n’avons vu que seize films sur les vingt que compte la compétition).

Palme d’Or : Pater, d’Alain Cavalier

Prix du Jury : Tree of Life, de Terrence Malick

Prix de la mise en scène : Habemus Papam, de Nanni Moretti

Prix d’interprétation masculine : ex-aequo Ryan Goslin (Drive) et Joey Starr (Polisse)

Prix d’interprétation féminine : Tilda Swinton (pour un film qu’on n’a pas vu, We Need to Talk About Kevin, mais difficile de douter qu’elle y est géniale…)

Prix du scénario : Drive, de Nicolas Winding Refn

Le vrai palmarès ce soir !

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