BIFFF 2012 – The Sandman : Dream a little dream of me

par |
Après Sennentuntschi il y a quelques jours, la Suisse est une seconde fois à l'honneur avec le poétique et génial The Sandman. Parenthèse enchantée, fable absurde ou conte décalé, dans la fatigue du BIFFF, Peter Luisi nous offre un rêve éveillé.

Image de Sandman Benno est aigri, râleur, critique et vraisemblablement un peu con. Il bosse dans un magasin de philatélie qui lui semble insupportable, se fout royalement de sa petite amie et va tous les jours boire un café en bas de chez lui pour le plaisir de faire chier la gérante avec qui il est en froid. Sandra gère un petit café et est quelque peu discrète avec un fort caractère et une répartie terrifiante. Son truc à elle c’est d’être une femme-orchestre enfin, du moins, d’essayer. Tous les soirs, à la fermeture, elle se bricole un cabaret de chaises vides et s’entraîne à sa passion en chantant une vague combo inspirée d’un tango et de quelques notes de Carmen. Musicalement c’est mauvais et en plus ça énerve le voisin du dessus. Benno et Sandra ne peuvent incontestablement pas se voir en peinture et pourtant, lorsqu’ils s’endorment, c’est ensemble qu’ils vivent leur(s) rêve(s).

L’univers poético-loufoque de Peter Luisi est un régal pour celui qui veut bien y rentrer. Du peu que nous avons révélé de l’histoire, il est important tout de même d’évoquer la principale caractéristique du héros. Benno perd du sable, littéralement : un beau matin, il se réveille et c’est parti ! Vous connaissez ce sable magique dont sont faits les rêves et dont une seule pincée vous emporte dans les bras de Morphée ? Bah, c’est ce sable-là que perd Benno. À partir de cette idée improbable, donne vie à un personnage inoubliable de guignol détestable, drôlement maladroit et foutrement attachant. De cette particularité propre à son héros, le cinéaste tire le meilleur, du plus drôle, comme l’explication du fonctionnement d’un tel pouvoir ou encore les rails de sable, au plus poétique, la dispersion au vent, lente, mais inévitable, du personnage et son obstination à rester entier.

La force et la plus grande qualité du film vient indéniablement de sa capacité à jongler entre les registres, les genres et les styles, rappelant aussi bien Tim Burton que le néo-réalisme italien. La musique, à considérer comme un personnage à part entière, est probablement la raison qui permet un tel rapprochement.

Véritable découverte, The Sandman a déjà remporté quatre prix dans des festivals. On lui souhaite le meilleur au BIFFF et on l’espère prochainement en salle en France.

Vous avez aimé cet article ? Partage le !

Image de
: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article