BIFFF 2012 : Bières, frites et hémoglobine : « chroniquature » d’un festival décalé.

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Un mois après le festival du film asiatique de Deauville et quelques jours avant la grande messe cannoise, Discordance use ses plumes à Bruxelles pour la trentième édition de son déjanté festival du film fantastique. Pour l'occasion, et avant le début des festivités mercredi, une petite rétrospective et un tour d'horizon s'impose sur les sélections d'hier et d'aujourd'hui.

AAAHHH, Bruxelles ! Sa gare du Midi, son Manneken-pis, sa grand-place, son musée de la BD, René Magritte, ses frites, ses bières, l’accent. Image d’Épinal d’une capitale européenne qui accueille depuis près de trente ans maintenant l’un des plus étranges et respectés festivals de film fantastique, le bien nommé BIFFF. Depuis 1983, date de la première édition, nos voisins belges ont vus, proposés et récompensés, une ribambelle de films tous plus ou moins barrés qui ont contribué à ériger un sous-genre cinématographique au rang de culture underground sans pour autant dénigrer son public.

C’est un fait, si Bruxelles se fait un point d’honneur à proposer chaque année une sélection qui lorgne du côté du nanar, ses palmarès témoignent aussi d’un puissant regard critique et éclairé sur la série B. Saluant des œuvres marginales difficilement accessibles dans les circuits de l’exploitation traditionnelle, le cinéma du BIFFF c’est pourtant un florilège de films cultes. Army of Darkness communément appelé Evil Dead III en 1993, Le Jour de la bête de Alex de la Iglesia trois ans plus tard, l’avènement du cinéma Made in Asia en 1999 avec Ring de Hideo Nakata permettant les consécrations de The Host, The Chaser et I Saw the Devil couronné d’un grand prix l’an passé. Un festival qui s’ouvre aussi en grande partie sur ses voisins du nord et qui permet de découvrir un cinéma trop longtemps resté discret ; on pense au loufoque Adam’s Apple du danois Anders Thomas Jensen et surtout à l’envoûtant Morse de Tomas Alfredson.

Derrière son appellation fantastique, le BIFFF cache en réalité une multiplicité de styles et de registres usant d’une recette assez générique pour fourrer à peu près n’importe quel récit qui propose une vision décalée de notre petit monde. L’horreur, la folie, les extraterrestres, les monstres, les grandes figures mythiques telles que les vampires et autres, mais aussi les superhéros, les films de sabre japonais, les comédies musicales gores ou encore les films d’espionnages parano. On trouve de tout au BIFFF, du très bon comme du très mauvais, à ceci près que ce jugement de goût n’a pas réellement sa place dans des sélections comme celles que le festival propose. Le décalé et le saugrenu étant de rigueur, la digestion des films dépend surtout de votre assaisonnement critique.

Alors, cette année, les plats ne dérogeront pas à la règle avec, en guise d’apéro, une rétrospective de trois décennies de films belges, dont le très particulier Calvaire de Fabrice Du Welz. En guise de banquet, une quadruple compétition (internationale, européenne, thriller et inclassable) où l’adaptation du jeu video Ace Attorney de Takashi Miike côtoie les derrières productions de TROMA et Sushi Typhon avec Father’s Day et Zombie Ass : Toilet of the Dead. L’occasion pour nous aussi de voir du grandiose et du spectaculaire avec des grosses productions telles que Ra-one le film le plus cher de toute l’histoire de Bollywood ou The Flying Sword of the Seven Gates de Monsieur Tsui Hark et des films plus intimes mais non dénués de curiosité avec Kotoko du réalisateur japonais Shinya Tsukamoto à qui l’on doit l’étrange Tetsuo, ID :A que l’on nous annonce comme une version Jason Bourne de la petite sirène et le déjà culte The Sandman vision suisse et donc décalée du mythe du marchand de sable. Du côté des petites sucreries, on ne boudera pas notre plaisir de prendre de la testostérone à grand coup de tatane avec la production Besson Lock-Out, de rire de l’animation de Ronald le barbare et de sa parodie des productions Cannon et de suivre la vague de la Nazisploitation démesurément promise par Iron Sky.

En marge de tout cela, on essayera avec un plaisir certain de vous retransmettre les précieuses masterclass de Lloyd Kaufman, heureux fondateur de TROMA et de Monsieur William L’Exorciste Friedkin.

En vous donnant rendez-vous dans les jours à venir et la promesse d’une journée particulière avec les morts-vivants de la fameuse Zombie Parade. BRAIIINNNN !!!!

En savoir +

BIFFF 2012 : toutes les informations sur les festivités au lien ci-dessous.
http://www.festivalfantastique.org/festival/

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: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

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