BIFFF 2012 – The Butterfly room : Le bal des actrices

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Scream Queen, rôle féminin : archétype cinématographique d'une jeune et jolie jeune fille distinguée du reste du casting par ses performances vocales. Signes caractéristiques : belle, forte, mature, naïve et rusée. Son talent s'évalue en décibel.

Pour son troisième long métrage, l’inconnu Jonathan s’offre un casting de prestige et laisse espérer d’un excellent Scream movie. Jugez plutôt : Erica Lee entraperçue dans un Blair Witch 2 et le reboot de Massacre à la tronçonneuse, Heather Langenkamp une habituée de la saga Freddy, Camille Keaton dont la filmo fourmille de films du genre et Barbara Steele, reine parmi les reines, signant dans sa carrière pour Le Masque du démon, Huit et demi ou encore Piranha. À noter aussi la présence de Ray Wise, le papa de Laura Palmer de Twin Peaks, toujours aussi sympa à retrouver au cinéma.

Le truc plaisant avec The Butterfly Room, c’est qu’avec ce casting taillé pour rendre sourd toute l’assemblée des spectateurs, le réalisateur distille une ambiance malsaine qui tend davantage vers le mutisme généralisé. En fait, nos reines du hurlement ont quand même vieilli et elles datent un peu de l’époque du lycée, période à laquelle se développa leur précieux organe. Aujourd’hui la trentaine passée, elles sont des mères de famille encore attachée à une certaine liberté, mais qui essuient les traumatismes d’une jeunesse un peu houleuse (la faute à une mère castratrice et un peu secouée).

La mère, en l’occurrence, c’est Ann, le personnage central du film, une vieille femme méchante, dangereuse, collectionnant les papillons, mais qui nous fascine par son incomparable désir d’aimer. Sa propre fille ne lui parle plus, elle vit seule, triste avec ses papillons. Mais un jour elle fait la connaissance de Julie, une petite fille maligne, qui, pour se faire un peu d’argent de poche, joue votre petite fille d’un jour. Un jeu de soumission malsain commence alors entre les deux générations, les personnages semblant être sans limites, l’une se faisant maltraiter pour de l’argent, l’autre allant jusqu’à tuer pour conserver un simulacre d’enfant.

Alors, petit à petit, les cris sont au rendez-vous et le film révèle la qualité de ses personnages. Ann est une psychopathe en puissance, extrêmement plaisante à suivre et à décrypter. Les relations qu’elle entretient avec tous les personnages du film construisent l’image d’une Carmen Cru dans un giallo. Culte ?!

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: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

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