BIFFF 2012 – Ra-one : Mon père, ce héros

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Prenez un zeste de Terminator 2, une petite pincée de Matrix et un soupçon de Tron. Mélangez l'ensemble avec beaucoup de curry puis laissez le tout mijoter pendant deux heures trente avant de savourer. Ra-one, la production la plus chère du cinéma indien, se déguste avec un plaisir coupable et non dissimulé. Avis aux fans de blockbuster hollywoodiens, Michael Bay n'a qu'à bien se tenir.

Shekhar Subramanium est développeur de jeux-vidéo pour le compte d’une compagnie londonienne. Derrière sa lâcheté, son style coincé et sa maladresse se cache en réalité un concepteur de génie qui peine cependant à trouver le respect aux yeux de son fils. Il faut dire que ce dernier voue une fascination à tout ce qui à trait de près ou de loin au mal et ce n’est pas les quelques proverbes véhiculant le bien de son père qui le feront changer d’avis. Pour impressionner son fils, Shekhar développe alors un jeu-vidéo entièrement conçu sur la cool attitude de son vilain prénommé Ra-one, en référence à Raaven une divinité malveillante hindoue. Bien évidement, quelque chose foire dans le développement du jeu et le super vilain virtuel devient une entité pensante, autonome et bien vivante. A la manière de ce bon vieux Sky-Net de Terminator 2, les pixels se rebifff (elle est nulle, je sais). Mais bien évidement qui dit vilain dit héros, qui dit mal dit bien, qui dit Ra-one dit G-one, la Némésis de ce super-vilain, conçu sur le modèle de son créateur.

Véritable blockbuster à la sauce chutney, Ra-one est une pépite du genre tant elle est décalée, assumée comme telle et foutrement bien maîtrisée. Les scènes d’actions n’ont pas à rougir devant leurs consœurs hollywoodiennes (on pense notamment au spectaculaire arrêt d’un train ou encore à ce combat à coups de voitures virevoltant dans les airs) tout en préservant l’essence de ce cinéma indien habituellement insupportable. Ici la musique, les chants et les danses, qui sont le lot des productions estampillées Bollywood, sont au rendez-vous mais contribuent au décalage d’un récit déjà peu sérieux, principalement servi par un Shahrukh Khan survolté qui joue aussi bien le père looser que le super-héros simplet avec un plaisir certain et communicatif. Personnellement, voir un type considéré comme un dieu vivant dans son pays jouer en total roue libre jusqu’à imiter les ventilos plafonniers, ça n’a pas de prix.

Avec son ambiance bon enfant et son humour cours de récré, le scénario se veut comme une parfaite création hybride pensée pour plaire aux deux plus grandes industries cinématographiques mondiales. Comprenez que derrière son intrigue très hollywoodienne, la morale de ce film pour enfants nous est servie au travers d’une culture exclusivement indienne. Le film, d’ailleurs, se partage en deux parties, une première à Londres et une seconde à Mumbaï, histoire que tous les spectateurs retrouvent un minimum d’attaches avec le cinéma. Derrière son label Bollywood, Ra-one cache en réalité un film-monde près à asservir nos coutumiers blockbusters estivaux. Comme la fin le laisse suggérer, nous on en redemande !

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: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

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