BIFFF 2012 – The Divide : Way down in the hole.

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Ce n’est plus vraiment un secret pour personne, la fin du monde c'est pour cette année ! Alors dans l'optique de bien nous y préparer, Xavier Gens nous offre The Divide : guide de survie à destination de ceux qui auront la chance de se retrouver dans un bunker.

À la suite d’un cataclysme nucléaire, un groupe de survivants investit le cellier du gardien de leur immeuble qu’ils découvrent beaucoup mieux équipé qu’ils ne le pensaient. Un véritable coup de chance que Mickey le concierge, incarné par un Michael Bean (Terminator, Aliens, Abyss) survolté et génial, ait vu le truc venir et prévu le coup. Il faut dire que depuis le onze septembre qui a emporté sa femme, il a vite compris que les affaires entre les Américains et les Arabes allaient s’envenimer et qu’il valait peut-être bien commencer à stocker deux ou trois boites de haricots en plus dans la cave. Ce qu’il n’avait pas prévu par contre, c’est la dizaine de connards débarquant au beau milieu de chez lui et se croyant chez eux sous prétexte d’avoir survécu à l’holocauste.

C’est sans grandes surprises donc que les situations du film se basent sur la confrontation entre les personnages et leurs différents caractères. L’ensemble, aussi divertissant soit-il, se révèle relativement convenu, pour ne pas dire banal, face au sujet proposé. Si les films de séquestration jouent tous la carte du dominé et du dominant, du saint d’esprit et du fou, du collectif contre l’individu, il n’en sera pas autrement pour The Divide

D’abord inquiets face à la personnalité un peu secouée du gardien, les survivants tentent de lui faire comprendre que le monde n’est (n’était) pas aussi étriqué qu’il veut bien le croire. Par sympathie pour une bonne mère de famille, il baisse sa garde et leur ouvre son logis, ce qui donnera droit au spectateur au traditionnel « ceux qui étaient à l’extérieur on eût plus de chance que nous ». Survivre c’est une chose, mais lorsque la coloc’ n’est pas bien préparée et que le planning des tâches n’est pas respecté, les choses tournent vite au vinaigre.

Avec son scénario qui pose une trame de départ plaisante, Gens tombe malheureusement dans une facilité propre au genre qu’il aurait été habile de détourner. Faute de temps et d’argent certainement (le film ayant perdu son assurance avant le tournage et bloquant les financements, il est sauvé in extrémis par un stagiaire régie), le métrage est victime d’une psychologie « rentre-dedans », d’antagonismes classiques et maladroits et de seconds rôles inutiles qui offrent un caractère de « violence gratuite » pas franchement indispensable au film. On aurait aimé, par exemple, une montée en puissance des tensions entre les personnages et pas de simples conflits d’intérêts servis par un montage elliptique.

Finalement, Xavier Gens s’en tire avec une petite moyenne, la volonté de faire un bon divertissement malgré les contraintes allouées à la production relevant le niveau d’un scénario trop prévisible. Toutefois, Gens pose sa caméra non sans une certaine dextérité quand il s’agit de faire exploser la tête de ses personnages, ce qui contrebalance quelques-uns des nombreux défauts du film. Le rouge sang a toujours été une couleur passant remarquablement bien à l’écran…

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: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

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