BIFFF 2012 – Sennentuntschi : Trois hommes et un pantin.

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Début des festivités et ouverture de la compétition européenne aujourd'hui à Bruxelles. Dans une ambiance bon enfant et survoltée, c'est au Suisse Michael Steiner que revient l'honneur d'ouvrir les hostilités.

Image de Sennentuntschi Sennentuntschi. Le titre est tout bonnement imprononçable malgré quelques notions d’allemand, et impossible d’ailleurs d’avoir la moindre idée quant à la signification de ce mot, même s’il y a bien quelques indices à glaner dans l’intrigue du film.

La Sennentunschi, serait donc une légende suisse racontée aux petits enfants et qui voudrait que, perdus dans les alpages, trois bergers las de faire gambader leurs moutons et ayant comme besoin d’assouvir quelques pulsions bien naturelles, décident de créer une sorte d’épouvantail du sexe avec un balai, des sacs de pailles et quelques bouts de chiffons. Bien content de pouvoir faire leur petite affaire, les bergers furent cependant aux anges lorsque le diable de passage les prit en pitié et leur offrit de donner vie à la pauvre créature. Bien évidemment après que nos trois bouseux aient à tour de rôle joué avec Barbie, les choses commencèrent vite à déraper.

Avec cette idée de départ basée sur un folklore très local, Michael Steiner livre un film entre thriller et épouvante (le premier du genre en suisse selon le scénariste) qui n’a pas à pâlir devant ses confrères hollywoodiens à qui il emprunte d’ailleurs une bonne partie de son style : mort mystérieuse, panique dans le village, arrivé d’un étranger recherché pour meurtre, apparition d’une mystérieuse et charmante jeune femme qui n’est pas sans nous rappeler le Twin Peaks de David Lynch (la première apparition de la fameuse Sennentuntschi humanisée produit l’étrange écho d’une Ronette Pulaski déambulant sur un pont ferroviaire).

Bénéficiant d’une structure originale, mélangeant sur une seule et même ligne de temps deux intrigues bien distinctes, le film distille savamment son suspense jusqu’au twist final qu’on aurait aimé aussi fantastique que la légende le laisse croire. On se montrera d’ailleurs quelque peu critique sur la teneur du scénario. S’il arrive très rapidement à imposer une ambiance bien à part, il se perd malheureusement dans d’inutiles séquences ne servant qu’à orienter le spectateur vers une fausse piste tellement énorme qu’elle ne sera jamais vraiment crédible. La faute notamment à une musique beaucoup trop présente et extrêmement caricaturale pour le genre, soulignant trop lourdement le moindre événement dramatique.

Un gros point positif restera le casting et tout particulièrement son interprète principale, la charmante Roxane Mesquida. Alors certes, elle ne pipera pas un mot du film, mais sa seule présence à l’écran attire le regard et justifie l’obsession que la poupée de paille provoque chez nos amis bergers, tous aussi tarés les uns que les autres. Du côté des villageois la distribution est correcte, mais tend beaucoup trop vers la caricature et le cliché.

Dans l’ensemble, Michael Steiner s’en sort donc plutôt bien avec une excellente alternative aux thrillers made in US sans pour autant avoir l’ambition d’en renouveler le genre.

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: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

1 commentaire

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  1. 1
    le Samedi 9 novembre 2013
    Serge a écrit :

    Film très sympa,l’actrice française Roxanne mesquida a une beauté que l’on a rarement vu !!!

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