BIFFF 2012 – One Way Trip : Mangez-moi, mangez-moi, mangez-moi !

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Précédemment, nous ne tarissions pas d'éloges vis-à-vis de la sélection du BIFFF pour le cinéma de nos amis helvétiques. Toutefois, au vu de ce One Way Trip, on est forcé de constater que là-bas, le cinéma c'est comme les chocolats ; y'en a des bons, des excellents et puis d'autres sans saveur voire franchement dégueu.

Le pitch est d’un ennui mortel : une bande de copains part en week-end « nature et découverte » afin de profiter des joies de la cueillette aux champignons avec, à la clef, une séance spéciale de dégustation. Bien évidemment, ils sont jeunes, cons et cette ultime virée au seuil de l’âge adulte est censée être un giga au-revoir à la jeunesse et à l’amitié avant le début de la vie. Mais, on s’en doute un peu, le week-end tourne court lorsqu’un vilain garde-chasse et sa fille (?) commencent à zigouiller nos nouveaux amis, un peu crétins au demeurant.

Marks Welter signe ici un slasher banal, sans intérêt, si ce n’est celui de réduire le genre encore plus dans le ridicule et de faire oublier à quel point il peut être génial, comme dans Scream de Wes Craven. En même temps, on compare l’incomparable. Peut-être parce qu’en réalité le génie de Scream est d’assumer pleinement ses inepties scénaristiques et de les servir avec une grosse dose d’autodérision. Ici le métrage se prend trop au sérieux et s’égare dans une vaine tentative de nous faire croire que cette bande de crétins est composée de pauvres et innocentes victimes. Mais qui croit-on tromper avec une idée aussi merdique que des jeunes au milieu de nulle part, défoncés sous champignons hallucinogènes ? Au mieux, ça fait claquer des dents dans une toile de tente en plein camping sauvage lors d’une colonie de vacances. Si vous n’avez pas deviné, et histoire de vous épargner cette escroquerie, le jeu de massacre est naturellement le résultat d’une défonce mal digérée, chacun de nos petits copains éclatant la tronche de son voisin avec plus ou moins d’originalité.

Histoire que le cahier des charges du « parfait petit mauvais film » soit complet, le tout nous est servi en 3D (les habitués de ces lignes savent ce que j’en pense) et, comme d’habitude, ça ne sert à rien à part assombrir l’image. Dans un slasher qui se déroule 75% du temps en pleine nuit, c’est plutôt une idée à la con. Bon, c’est vrai qu’on s’amuse quand même avec le pieu enfoncé dans l’œil par l’arrière du crâne qui surgit devant nos yeux… Mais encore, si c’était bien fait en termes d’effets spéciaux, on aurait pu pleinement apprécier, mais des visages dans les arbres faits avec 3D max, sur grand écran, c’est moche !

Le pire dans tout ça, c’est que ça dure deux heures, qu’on a très bien compris ce qui allait se passer en moins de cinq minutes, qu’on s’obstine à regarder le film en priant pour ce que se soit pas aussi facile et que, finalement, ça l’est. Pour ceux qui auraient quand même l’envie d’y goûter, on ne peut que vous conseiller Schroom, disponible en DVD : c’est le même film et pas besoin d’attendre une sortie en salle !

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: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

1 commentaire

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  1. 1
    le Samedi 14 avril 2012
    isatagada a écrit :

    Ahah, excellent :-)

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