BIFFF 2012 - Pig : Memory of Drunker

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Au rayon des films indépendants qui écument les festivals et qui s'y imposent, voici Pig, premier long métrage de l'américain Henry Barrial. Sur la base d'un thriller classique, le cinéaste se joue des codes et offre au final un curieux et très réussi film de science-fiction.

On vous l’accorde le synopsis n’est pas de première fraîcheur. Un homme qu’on a vu quelques secondes plus tôt en train d’enregistrer un ultime message, se réveille au beau milieu de nulle part dans le désert de l’Arizona, une cagoule sur la tête, les mains liées et un misérable bout de papier dans la poche. Comme ci cela ne suffisait pas, le bonhomme en question ne se souvient absolument plus de rien. Il ignore tout de sa propre vie, des évènements qui l’ont conduit jusqu’ici et même le nom dans sa poche ne lui dit rien.

Le gaillard semble avoir de sérieux problèmes et a priori pas avec les bonnes personnes. Bizarre parce qu’il n’est pas vraiment taillé pour être un quelconque agent secret, il n’a pas non plus la gueule du criminel, pas l’ombre d’un coup, d’une cicatrice ou d’un bleu ; en fait, avec ses chemises hawaïennes ridicules, c’est plutôt à l’alcoolo notoire en grosse descente auquel on pense, ce qui pourrait d’ailleurs légitimer le fait qu’il ne souvienne de rien.

Alors, même s’il ne s’agit pas du héros archétypal de ce genre d’intrigues, le personnage se voit naturellement contraint de partir en quête de son passé et de son identité afin de faire la lumière sur les circonstances qui l’ont amené à se retrouver dans le désert. Ainsi, le film développe lentement son personnage triste et énigmatique dans une enquête lente, calme faite de rencontres et d’échanges qui constituent les uns après les autres les pièces du puzzle de la mémoire de l’homme. Mais la quête est plus compliquée qu’il n’y paraît et à chaque fois que l’homme embrasse la possibilité d’un souvenir, il s’évanouit et se réveille dans le désert, une cagoule sur la tête, les mains liées et un misérable bout de papier dans la poche.

Le film de Barrial se construit lentement autour de cette répétition de séquences numérotées à l’écran de 1.2 à 1.6. C’est sur cet aspect que le film laisse percevoir sa nature de S.F., car, même si ces séquences viennent en permanence troubler les acquis du spectateur sur l’intrigue du film, ce sont elles qui permettent sa véritable particularité puisqu’elles justifient l’originalité du scénario. L’explication finale de l’ensemble de ce bad trip est une excellente surprise, surtout au vu de la façon dont elle nous est révélée.

Pig est une petite perle indépendante qui rivalise d’ingéniosité avec les plus grands blockbusters. Déjà distingué de quatre prix à travers les différentes sélections où il a été présenté, le film de Barrial en lice pour la 7e Orbite pourrait figurer au rang des couronnés.

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: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

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