BIFFF 2012 : Ace Attorney : L’avocat du geek

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On ne présente plus Takashi Miike, réalisateur japonais à la filmographie aussi diverse qu'une sélection du BIFFF. Du super-héros Zebraman en passant par le dérangé Ichi the killer sans oublier l'escapade Sukiyaki Western Django et la trilogie Dead or alive, le cinéma de Miike est fait d'absolument tout. Le Miike cuvée 2012 ne déroge pas à la règle et s'aventure dans les méandres de l'adaptation d’un jeu vidéo. Un pari osé et réussi qui donne lieu à un divertissement de bonne tenue.

En temps normal, quand on évoque jeu vidéo et cinéma, on pense au réalisateur allemand Uwe Boll qui, malgré son absence totale de talent, s’est fait une spécialité de l’adaptation des franchises vidéo-ludiques. On se souvient des massacres successifs de House of the Dead, Alone in the Dark ou encore Far Cry pour ne citer qu’eux. Bien évidemment, Boll n’a pas le monopole de l’exercice et on pense inévitablement au Mario Bros avec Bob Hoppkins, à la saga Resident Evil bien éloignée de sa source d’inspiration et récemment à l’improbable Tekken. En fait, si l’on devait retenir une seule adaptation de jeu vidéo à l’heure actuelle, se serait probablement le Silent Hill de Christophe Gans, tant ce dernier est visuellement et scénaristiquement fidèle, non sans certaines libertés, à son matériau d’origine. Toutefois, c’était avant l’arrivée de ce Ace Attorney, film-jeu de baston juridique à destination des geeks.

En toute franchise, on ne connaît pas très bien l’univers de Ace Attorney sur console, mais, en se baladant un peu sur la toile, on trouve suffisamment de vidéos de game play et autre game design pour affirmer d’entrées que Miike colle le plus fidèlement possible à l’ambiance du jeu vidéo. Les interprètes, grimés façon cosplay, ressemblent trait pour trait à leurs homologues de pixel. De même, les joutes verbales auxquelles ils s’adonnent pendant leur plaidoirie, et qui sont le principal intérêt du jeu, sont superbement retranscrites. Les différents avocats se jetant littéralement les preuves à la gueule par le biais d’écrans holographiques, les différents témoins cachant tous quelque chose (ce qui contraint le spectateur comme le joueur à démêler le vrai du faux), les apparitions mystiques d’une médium et les écrans de victoire à la fin des procès dégagent un ensemble respectueux de la franchise mère pour le plus grand bonheur des gamers.

Si, toutefois, vous n’êtes pas branché console, rassurez-vous, le film se tient très bien même sans les fondements d’une culture geek. Il vous sera peut-être un peu plus difficile de rentrer dans cet univers pop, mais l’intrigue se laisse suivre avec un certain plaisir, palliant ainsi les éventuelles lacunes. Le film de Miike est extrêmement bien réalisé, sans prises de risque, avec de bonnes trouvailles et, même s’il n’est pas non plus révolutionnaire, on se laisse séduire par l’ensemble malgré quelques longueurs. Dans sa filmographie hors normes, Takashi Miike accouche d’une petite parenthèse qui y trouve tout de même sa place.

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: Étudiant en cinéma et amateur de bande dessinée, il aspire à devenir scénariste dans l'un où l'autre de ces deux médias.

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