Cannes – 7e jour, et les derniers : Retour vers le futur du Cinéma

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Grâce au pouvoir des mots, on aurait pu vous faire croire qu’on était encore le mardi 22 mai 2012. Mais on est déjà dimanche 27, et la cérémonie de clôture du 65e Festival de Cannes, c’est ce soir.

La magie du Cinéma a provoqué une faille. Le temps s’est arrêté pour certains, à force d’en vivre un autre au rythme des projections. Sans café, sans boisson énergisante, sans même un peu de vitamines, on a réussi à tout voir (hormis La Pirogue, Confessions d’un enfant du siècle et 7 jours à la Havane ; tous trois en compétition Un Certain Regard).

Alors, pendant ces cinq derniers jours de boulimie cinématographique (pour le début du festival, les chapitres précédents sont plus complets), comment s’est-on nourri ? Par gourmandise, par nécessité, ou jusqu’à l’écœurement ?

Enrichissement garanti

- Holy Motors de Leos Carax, parce que c’est un hommage virtuose au Cinéma et au comédien. Chef-d’œuvre.
- Mud de Jeff Nichols, parce que c’est un film sincère et sain. Jeff Nichols confirme son entrée dans la cour des grands.
- L’Ivresse de l’argent de Im Sang-Soo, pour sa réalisation virtuose et sa mise en scène sublime.

Plaisir simple

- Killing Them Softly de Andrew Dominik, pour la phrase culte de Brad Pitt : « America is not a country, it’s a business. »
- Dans la brume de Sergei Loznitsa, pour sa cohérence indéniable, tout en lenteur et en beauté.
- Le Grand Soir de Benoît Delépine & Gustave Kervern (UCR), parce que c’est punk !
- Cosmopolis de David Cronenberg, pour l’impressionnante logorrhée (hormis la scène finale), et malgré Robert Pattinson.
- Renoir de Gilles Bourdos (UCR), pour l’immense Michel Bouquet et le corps de Christa Theret.
- Paperboy de Lee Daniels, pour la scène de golden shower donnée par une étonnante Nicole Kidman.
- On the Road de Walter Salles, pour suivre Sam Riley. Et si l’on oublie que c’est une adaptation ratée, ce n’est pas si désagréable.
- À perdre la raison de Joachim Lafosse (UCR), parce que c’est un long métrage tendu et éprouvant, mais maîtrisé.
- Trois Mondes de Catherine Corsini (UCR), parce que la réalisatrice a eu la bonne idée de ne pas terminer son film par une absurdité niaise.
- Thérèse Desqueyroux de Claude Miller, parce que c’est un téléfilm de luxe et que c’est le dernier film de Claude Miller.

Indigestion

- Post Tenebras Lux de Carlos Reygadas, parce que c’est une honte, un scandale, une catastrophe, un calvaire.
- Miss Lovely de Ashim Ahluwalia (UCR), parce que c’est extrêmement médiocre.
- Elefante Blanco de Pablo Trapero (UCR), parce que ça n’a pas vraiment de saveur et que ça traîne.
- La Playa DC de Juan Andrès Arango (UCR), parce que c’est assez creux.
- In Another Country de Hong Sangsoo, parce qu’on peut être très hermétique à ce cinéma lourd et répétitif, malgré la présence de la toujours géniale Isabelle Huppert.
- Gimme the Loot de Adam Leon (UCR), parce qu’avec une heure de moins, ça aurait fait un bon court métrage.
- 11/25 The Day Mishima Choose his own Fate de Koji Wakamatsu (UCR), parce que c’est un film timide et bancal.

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: Disons-le tout de suite, L. est une passionnée. Barney Stinson a même dit de L. : « Her passion is always suited up ! » Au-delà d’une admiration sans limite pour Jónsi, Ian Curtis, Noel Gallagher, Jamie xx, Sheldon Cooper et Abed Nadir, cette Parisienne nostalgique des débuts de Muse n’a de cesse de satisfaire sa boulimie culturelle, au travers de salles obscures, de salles de concert et de festivals ; mais aussi en se plongeant dans une œuvre littéraire ou philosophique ; et en s'essayant à la photographie dans les rues de Montréal d'abord, celles de Paris ensuite. À l’affût de nouvelles découvertes, L. n’oublie pas qu’elle a été élevée aux vinyles, de Led Zep à King Crimson en passant par The Beatles. L. est musicalement amoureuse de Thom Yorke, mais L. est aussi une amoureuse des mots ; elle aime les lire comme les écrire, puisque la culture ne serait rien sans le partage. Aussi publie-t-elle ses impressions, ses critiques et ses coups de cœur sur son blog, nommé en hommage à la célèbre symphonie de Beethoven: Curse of the Ninth Symphony.

4 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 31 mai 2012
    Sam a écrit :

    Le Reygadas est tellement décrié, défoncé par la critique que ça force tout de même la curiosité, surtout après un excellent film comme Lumière Silencieuse et après avoir été primé (mais en vue du palmarès global, c’est pas nécessairement une référence).

    Et attention aux spoilers: « la scène de golden shower donnée par une étonnante Nicole Kidman. » Quoi que le film n’étant pas tentant à la base, tu le vends bien, en fait!

  2. 2
    L.
    le Vendredi 1 juin 2012
    L. a écrit :

    Le Reygadas est une blague. Mais je comprends parfaitement que la critique rende curieux !

    Pour Paperboy, il y a une autre scène assez ouf (merci Nicole)… Teasing ! Mais le film est moyen.

  3. 3
    Isatagada
    le Jeudi 7 juin 2012
    isatagada a écrit :

    Comme je n’ai rien vu encore, je piocherai certainement dans ta sélection pour mes prochaines séances.
    Superbe couverture du festival, un grand clap clap clap :-)

  4. 4
    L.
    le Jeudi 7 juin 2012
    L. a écrit :

    Merci, même si je ne suis pas tout à fait satisfaite ! Cela dit, s’il y a une prochaine fois, je saurai comment mieux m’organiser.

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