Burlesque Girrrl ou la force des symboles

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Une fois pourrait bien devenir coutume, on va parler B.D. sur discordance. Parce que le temps s’y prête et qu’avec tous ces nuages, on a envie de se pelotonner avec son album favori et une boisson chaude. On commence avec la dernière perle de François Amoretti, Burlesque Girrrl.

François, jusque-là, était plus connu pour ses réalisations saupoudrées de jeunes filles en fleurs et en froufrous. Du petit Chaperon Rouge, à Gothic Lolita, sa plume délicate effeuillait en toute subtilité les préconceptions juvéniles entourant l’image des lolitas japonaises et de la féminité bourgeonnante. Derrière un cocon de fragilité se cachait toujours des forces de caractère en devenir. Après quelques albums, les lectrices et l’auteur avaient mûri ensemble et l’on avait soif de découvrir les créatures de la chrysalide.

Et quelle créature ! Violette, la Girrrl éponyme donnerait envie de rugir de plaisir à un eunuque. Des formes sublimes, des jambes interminables… Cette Miss Porcelaine, c’est l’allégorie de l’épanouissement. C’est bien la première fois que le poncif de « l’album de la maturité » prend tout son sens.

L’histoire, atemporelle mais très proche des attentes actuelles, suit un groupe de rockabilly dans ses déboires sur la route du succès. Violette y joue de la contrebasse, échos frappant de ses propres courbes, en attendant de pouvoir s’y imposer plus encore.

On pourrait parler des heures de la notion de féminisme qui entre en jeu dans cette série par le biais du Burlesque, mais libre au lecteur d’aller fouiner dans les autres articles qui ne manqueront pas de surfer sur la vague néo-rétro.

Plus captivant peut-être, c’est l’usage des signes et des symboles. Marque de fabrique des meilleurs conteurs (quelque soit leur medium d’expression), la création d’emblèmes personnelles suit Amoretti depuis ses débuts. Les afficionados sauront tout de suite remarquer les tentacules du poulpe-fraise, entraves amoureuses par excellence. Le monde coloré du burlesque et du rock’n roll, riche de ses propres attributs, ne fait que multiplier les opportunités d’appel de ces figures, dans les tatouages notamment. Loin d’être aléatoires, ils révèlent les personnages dans une nudité inédite et touchante.

Bien sûr, il faudra relire l’album plusieurs fois pour tout noter. Mais c’est sans doute la larme à l’œil que l’on trouvera ce cerf sur le bras de Peter au second passage. Cette richesse de sens fait de Burlesque Girrrl autre chose qu’une simple BD supplémentaire sur l’étagère,  c’est un véritable beau livre à regarder encore et encore.

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A propos de l'auteur

Image de : Mélissandre L. est une touche à tout, et c'est sous prétexte de s'essayer à tous les genres littéraires (romans pour enfants, nouvelles pour adultes, SF, chansons voire recettes de cuisine et plus encore) qu'elle se crée des avatars à tour de bras. En ce moment, elle se passionne pour la cuisine vegan et le crowdfunding, elle ne désespère pas de relier un jour les deux. Profile Facebook panoptique : http://www.facebook.com/Mlle.MelissandreL / Envie de participer à son dernier projet ? http://www.kisskissbankbank.com/marmelade

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