Beach House – Bloom

par |
Quatrième album fraîchement sorti, une tournée française approchant avec 6 dates dont celle de Paris (le 29 mai) déjà complète depuis quelques temps. On ne pouvait pas passer à côté de l’occasion de parler de ce magistral Bloom qui décidément porte très bien son nom.

Deux ans après « Teen Dream », premier vrai succès d’estime du groupe, Beach House revient et réussit à se surpasser ou plutôt à se réinventer. La barre avait déjà été placée très haute avec le précédent opus,  à tel point que tous les clones s’y sont cassé les dents. Pourtant, la recette est simple : une dream-pop mélancolique dans la lignée des Cocteau Twins avec un  rythme minimaliste, une simple ligne mélodique de clavier et une guitare ambiante. Le petit bonus étant l’incroyable voix de Victoria Legrand, souvent comparée à Nico ou Kendra Smith… mais ce n’est finalement qu’une partie d’un tout. Avec « Bloom », La recette reste la même, et même si ce n’est pas évidant à la première écoute, on assiste à une sorte de renaissance du groupe en plein printemps irradiant de toute son aura et de sa maîtrise la scène pop indé internationale. C’est Beach House qui fait du Beach House en mieux mais qui ne ressemble pas à de l’ancien Beach House … Bref, fermons les yeux, écoutons, rentrons dans cette maison !

Myth, premier single dévoilé il y a déjà quelques temps, qui nous accueille et introduit parfaitement l’album. Ce morceau annonce la couleur : le noir et le blanc. On sent que ça va être fascinant, chaleureux et déprimant mais surtout le début d’une longue virée hors du temps. Les instrus arrivent petit à petit, crescendo,  qui seront ensuite bien sûr rejoints par la voix de Victoria.

On retrouvera d’ailleurs le même schéma tout au long de l’album : on commence doucement puis on monte crescendo, comme une narration, un voyage, une recherche qui finiront sur une grande réponse ou… des pensées en suspens pour la suite. Très harmonieux, l’album donne vraiment l’impression d’écouter un seul et même morceau. Le tout est aidé par un songwriting hors des formats habituels avec peu de couplets, peu de refrains, mais rien ne s’éparpille, tout est cohérent. À tel point que retirer une chanson serait de la pure folie qui détruirait toute la construction tel un château de cartes.

Lazuli, second single dévoilé, commence-lui sur une étrange intro, qui saura réveiller les plus geeks d’entre vous, avec des sons 16 bits qui ne manqueront pas de vous rappeler avec nostalgie les grands thèmes des RPG japonais des années 90, les Final Fantasy notamment. Le reste du morceau sera tout aussi magique avec notamment des chœurs des plus addictifs. Épique.
Other People avec ses sonorités 80s et la voix hantée de Victoria est sûrement le morceau le plus réussi et universel de cet album. Morceau qui arrivera même à nous faire réfléchir sur la vie.
Après avoir rejoint la stratosphère, le groupe réussit à maintenir l’intensité tout en gardant un condensé d’émotions jusqu’à New Year où l’album prend une autre tournure.

Tout va devenir plus ambient sur cette seconde partie de l’album. En vol stationnaire, on se laisse aller, on observe un peu. Et pis, Oh ! 45 minutes déjà, le temps passe vite, on commence à revenir à la réalité après avoir été bercé par les douces Wishes et On The Sea, totalement perdu dans nos pensées. Et voilà qu’Irene vient clore l’album en beauté, un dernier voyage d’environ 17 minutes (8 en réalité) que nous propose le disque. Le piano nous apaise, la guitare nous transporte. Le groupe nous emmène dans son univers, voguant dans les cieux, toujours plus haut, la nuit tombant progressivement.

Une longue pause au milieu du morceau arrive… long silence, presque malsain après tout ce voyage, qui s’interrompra par une lumière vive sortant des nuages et des vagues sonores surf pop.
« it’s a strange paradise ». On est arrivé, la lumière disparaît.

Partager !

En savoir +

Beach House – « Bloom », album 10 titres dispo chez Sub Pop Records depuis le 15 mai 2012.
En concert, le 29 mai à Paris (Complet), le 3 juin à Montpellier, le 4 à Bordeaux, le 5 à Nantes, le 6 à Feyzin, le 7 à Biarritz et le 28 Aout au festival Rock en Seine.

A propos de l'auteur

Image de : Passionné de musiques électroniques et synthétiques, il est toujours en quête perpétuelle de sons et de vagues de boucles synthétiques qui l'accompagnera de longues heures. Grand rêveur originaire des Bouches du Rhône (13) voguant à présent dans les îles de France, il cherche à partager ses coups de coeur par tous les moyens possibles.

Aucun commentaire

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires

Réagissez à cet article