Top 5 – Les meilleurs films de Mars

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Mars marque la fin de l'hiver et l'arrivée du nouvelle saison où le bourgeon est roi, où le soleil commence à devenir plus souriant encore. Côté cinéma, il s'agit de succéder aux deux très bons Black Swan et Le Discours d'un Roi et il faut dire qu'avec du Snyder, O'Russell, Klapisch, Klifa ou encore du Liebesman, il y a un certain potentiel. Voyons donc s'il est possible de transposer aux films projetés dans nos salles obscures ce mois-ci un ?

Mentions honorables

Zoom sur les films français de la fin de mois. Session bonheur de la vie et relation père-fille pour Tous les soleils, le deuxième long métrage de Philippe Claudel, à qui l’on doit le sublime Il y a longtemps que je t’aime. Avec une distribution méconnue (Stefano Accorsi, Neri Marcoré, Lisa Cipriani), le film de Claudel est un rayon de soleil vif, drôle et touchant à la fois, en plus de délivrer quelques belles vérités sur notre quotidien, tourné dans un Strasbourg verdoyant.
L’autre film, sorti en même temps, est signé Bruno Chiche (Barnie et ses petites contrariétés, Hell). Avec Je n’ai rien oublié, se plonge dans les secrets d’une famille bourgeoise avec un scénario certes un peu conventionnel, mais largement touchant par son propos et surtout son interprétation, avec un toujours génial Gérard Depardieu.

Gore Verbinski a prouvé ce mois-ci qu’il n’était pas que Pirates des Caraïbes ! Il est aussi capable de réaliser un film d’animation détonant et étonnant en même temps, offrant à Johnny Deep le soin d’exposer toutes ses qualités de doubleur pour Rango. Un western bourré de références, plus destiné à l’adulte qui y verra un film beaucoup pertinent qu’un Raiponce ou un Megamind. Visuellement bluffant, Rango s’avère être passionnant, léger et plutôt bavard.

Le Top 5

5. Une pure Affaire

Voir François Damiens dans un rôle principal attachant, léger et réaliste, c’est toujours plus plaisant que de le supporter dans Rien à Déclarer en barman de zone frontalière. Dans Une pure Affaire, il met tous ses talents de comique pour mieux servir l’histoire, où la drogue devient la solution à tous les problèmes financiers, ou presque, et qu’elle finit par attirer de sérieux problèmes. Film sans prise de tête du mois, Une pure Affaire n’est pas la comédie de l’année, mais fait plaisir à voir dans un genre où la France se veut excellente, mais se trouve finalement plutôt pauvre.

4. Waste Land

Lucy Walker (à qui l’on doit Countdown to Zero) s’envole direction Rio avec à son bord l’artiste contemporain Vik Muniz — qui retrouve ses racines — pour signer une oeuvre étonnante et socialement très inspirée. À la fois engagé et humain, Waste Land touche le public par un langage universel, et prouve que l’on peut encore s’attacher à définir l’homme dans une œuvre contemporaine inédite. Une découverte qui n’a pas eu la chance de s’offrir l’Oscar du meilleur documentaire (attribué à Inside Job) alors qu’il a été reconnu partout où il est passé, notamment dans des lieux majeurs comme Sundance ou Berlin.

3. Ma Part du gâteau

Cédric Klapisch est devenu avec L’Auberge espagnole un type très attendu. Si bien que pour Ma Part du gâteau la pression se faisait logiquement sentir. Complètement détendu derrière sa caméra, il distille dans son dernier film une critique politico-sociale plutôt simpliste et bien cernée, en même temps qu’une très belle confrontation d’acteurs et de personnages : Gilles Lellouche, foncièrement salopard mais séduisant, et Karine Viard en prolo d’un jour qui se lâche dans le registre de la comédie, tout en restant étonnamment juste.

2. Revenge

Film d’auteur primé aux Oscars avec la statuette du Meilleur film étranger, le dernier long de Susan Bier est une pépite d’émotion, qui confronte le sentiment de vengeance chez des enfants aux situations personnelles de parents en détresse, opposant la bourgeoisie danoise et le néant d’un camp de réfugiés au Soudan. La vie n’est presque rien, une poussière, et le bonheur n’est que peu de chose. Avec sa morale loin d’être réductrice, la réalisatrice prouve avec Revenge qu’elle est capable de faire un film psychologiquement violent et profond, qui laisse à réfléchir sur les différentes thématiques abordées. Celles-ci se croisent dans un drame déguisé en fresque, où l’on retrouve Mikael Persbrandt et Ulrich Thomsen en grande forme. Émouvant, intelligent et habilement mis en scène, Revenge est un immanquable.

1. Fighter

Sans surprise ou presque, et pourtant avec des ingrédients ressassés dans les films de boxe (de Rocky à Million Dollar Baby), Fighter est le coup de cœur du mois. Il met en lumière de belles performances d’acteurs : Mark Walhberg, qui rompt avec une image de beau gosse pour signer un rôle beaucoup plus intimiste, un nouvel exercice de style pour un Christian Bale qui n’a plus rien à prouver, la révélation très punchy d’Amy Adams, ou une Melissa Leo étonnante et logiquement récompensée aux Oscars. Film qui évoque la relation entre deux frères pourtant très proches, mais dont les carrières sont opposées, Fighter use de stratagèmes émotionnels prévisibles et pourtant très efficaces pour laisser le spectateur K.O. Sans être franchement viscéral, Fighter se sort les tripes et envoie la dose de coups qu’il faut, donnant l’impression au spectateur d’en ressortir beaucoup plus léger.

Il ne faudrait pas non oublier Conviction (de Tony Goldwyn), L’étrange Affaire Angelica (du vétéran Manoel de Oliveira), Route Irish (le dernier Ken Loach), We want Sex equality (de Nigel Cole), Never Let Me Go (de Mark Romanek) et Winter’s Bone (de Debra Granik)

Au passage, n’oublions les tacles du mars : du français Au Bistro du coin, comédie multiculturelle complètement soporifique à l’Uruguayen La Casa muda, une des déceptions de Gérardmer, thriller horrifique mensonger (1 h 30 en plan-séquence, et moi j’ai scénarisé Casablanca) en passant par Le Marquis ou encore World Invasion : Battle Los Angeles, soit de la pauvre comédie-divertissement à la publicité géante pour l’armée US déguisée en film de SF.

En somme, pas de bijou cinématographique à proprement parler ce mois-ci, mais une belle liste de films qu’il semble bon de voir très rapidement (une concurrence rude et une distribution très pauvre pour certains font disparaître rapidement des films du grand écran). Sans blague de mauvais goût, espérons que le mois d’avril soit celui d’une belle surprise chocolatée.

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A propos de l'auteur

Image de : Christopher (ou Cine-emotions dans le sévère monde de la critique), encore étudiant en Histoire Culturelle et Sociale, prépare actuellement son mémoire sur le rock britannique. D'ailleurs il est un amateur de musique rock, le genre qui envoie et qui en même touche au plus profond, de Muse à Marilyn Manson en passant par Radiohead et bien d'autres. Son dada : le rock britannique dans toute sa splendeur. Sinon, Chris est aussi (et surtout) un amoureux du cinéma (du drame au film d'horreur en passant par le film historique), qui tente d'exposer son avis à travers ses critiques qu'il espère pertinentes. Son rêve : devenir journaliste, et si possible dans les deux domaines qu'il vient de citer. Sinon, Chris est aussi un amoureux de la vie, et il aime quand la curiosité vient frapper à sa porte. Il se fait actuellement les dents (ou les doigts) sur Discordance et sur son blog.

2 commentaires

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  1. 1
    Virgile
    le Samedi 2 avril 2011
    Virgile a écrit :

    J’aurais mis quelque part dans ce top Les Yeux de sa mère, un très très beau film, sorti la semaine dernière sur nos écrans, que je conseille à tout le monde. :)

  2. 2
    le Dimanche 3 avril 2011
    Cine-emotions a écrit :

    J’ai failli le mettre dans les mentions honorables, dans cette partie du cinéma français, car effectivement c’est dans l’ensemble un film assez réussi.

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