Stiletto – Julia Kino

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Thomas Temple et Romy Rasmunssen sont deux chroniqueurs de faits divers, habitués des morgues, des taxis et des entrecôtes-frites avalées sur le pouce. Anciens camarades de lycée qui se retrouvent dix ans plus tard alors que Romy bosse pour le téléphone rose, ils décident de ne plus se quitter et d’avaler le bitume de Paris ensemble.

51z0on-kiql-_ss500_Thomas écrit, Romy prend les photos et comme c’est plus pratique, ils baisent dans les taxis qu’ils empruntent. Et ce qui doit arriver arrive. A force de trop côtoyer la mort, on finit par y goûter. Romy trépane un type qui lui a manqué de respect en lui enfonçant son talon aiguille dans la tempe. Et pour faire bonne mesure, Thomas dégomme au passage leur chauffeur de taxi qui avait eu la mauvaise idée de tout voir. Sauf qu’une fois qu’on a deux cadavres sur les bras et un rédac’chef qui harcèle pour avoir encore plus d’articles, on fait quoi ?

Conçu comme un pastiche poussif de roman noir, Stiletto en réunit du moins tous les ingrédients : le narrateur qui s’exprime avec une gouaille parisienne bien trop forcée, la femme fatale qui l’accompagne flanquée d’un gamin de neuf ans mais qui parle comme s’il en avait au moins le triple, les faits divers sordides tendance « Faites entrer l’accusé »». Mais ça ne marche pas. Premièrement le livre est mal écrit : figures de style improbables, longueurs incroyables, notamment pour le plantage de décor et des personnages qui prend bien cent pages pour un roman qui en compte tout juste deux cents, rythme très mal assuré qui manque de faire décrocher à de nombreuses reprises.

Et deuxièmement, l’intrigue ne prend pas ! Impossible de savoir si Julia Kino a cherché à choquer, émouvoir, faire rire, frissonner de peur ou de dégoût (l’irruption du cannibalisme passe comme une lettre à la poste). A trop verser dans la référence sans jamais trouver le ton juste, Stiletto se perd dans de multiples directions sans jamais en emprunter une pour de bon, jusqu’à une révélation finale désastreuse qui achève le lecteur sur une impression de ratage de bout en bout. Dommage.

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Stiletto, Julia Kino, Editions Sarbacane, Collection eXprim’ Noir, 2009, 208 pages

A propos de l'auteur

Image de : Née en 1981, Chloé Saffy vit à Toulouse. Sur le net, elle est l'auteur du blog My Way Or The HighWay et a collaboré au e-magazine d'opinion Ring. Adore, son premier roman a été publié en 2009 aux Editions Léo Scheer. On peut également la retrouver sur son site : http://www.ohmydahlia.com [Crédit photo: Kelly B.]

3 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 29 septembre 2009
    gregoire a écrit :

    A voir le reportage Stiletto, le second roman de Julia Kino sur culturebox :
    http://culturebox.france3.fr/all/15286/Stiletto%2C-le-second-roman-de-Julia-Kino

  2. 2
    le Mercredi 18 novembre 2009
    nikita a écrit :

    tu n’as rien compris au principe même du roman noir

  3. 3
    Loïc
    le Mercredi 18 novembre 2009
    Loïc a écrit :

    Ah mais ça devient intéressant par ici! Je serais curieux, Nikita, de lire ce qu’est le « principe même du roman noir ». Et à vrai dire, tout aussi curieux de savoir quels sont les auteurs que tu fais rentrer dans cette catégorie.

    On va me tomber dessus mais sur la vidéo vers laquelle pointe le lien posté par gregoire on peut constater, lorsque l’on a un rapide aperçu de ce qu’elle tape à l’ordinateur, une superbe faute d’orthographe. Faute d’inattention me dira-t-on. Sans doute, n’empêche que j’ai tiqué.

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