Garden of love – Marcus Malte

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Auteur de polars et d'ouvrages pour la jeunesse particulièrement prolifique (une bonne vingtaine depuis ses débuts, sans compter les nombreuses nouvelles pour des ouvrages collectifs) que ce Marcus Malte .

Et Garden of love n’a pas encore fini sa vie en librairie que le bonhomme sort deux nouveaux livres à l’automne (une nouveauté et une réédition), toujours aux Editions Zulma . Pourtant Garden of love mérite qu’on s’attarde encore un peu sur lui tant ce roman singulier apparaît comme bien plus qu’un simple polar avec ses codes précis et son écriture parfois trop chirurgicale. On croit savoir à quoi on a affaire et en fait.

Alexandre Astrid est un flic à la dérive. Il a tout perdu, sa vie ne tient qu’au rythme des bouteilles d’alcool et dans le ressentiment d’un ennemi intime qu’il n’a jamais pu arrêter. Un jour, il reçoit un manuscrit qui n’est autre que le récit de sa descente aux enfers, certes romancée et retracé sous une tournure légèrement fantastique avec d’autres personnages, mais le doute n’est pas permis. C’est bien son ennemi de toujours qui lui envoie tout ça, impossible autrement de connaître des détails aussi précis sur sa vie.

Marcus Malte met en place d’habiles jeux de miroirs et de faux-semblants entre le texte du manuscrit envoyé à Alexandre et le puzzle à reconstituer de la vie du flic alcoolique et brisé. Jonglant entre deux écritures, l’une blanche et au rasoir, l’autre flamboyante et hypnotique, l’auteur dessine une ambiance lugubre, pour ne pas dire gothique. Avec ses ruelles sombres, son ambiance de bord de mer froid et brumeux, cette mystérieuse villa qui rappelle la fameuse Villa Belsa à Biarritz, Garden of love est un roman aux mouvements de houle et ressac. On ne sait pas où l’on va, mais on y va, collées aux basques d’Alexandre à qui Marcus Malte a su faire dépasser la simple caricature du flic dépressif accro à sa dose de whisky. On s’y accroche et ce dès les premières pages, ahurissantes de virtuosité. Marcus Malte a su si bien doser les frontières entre fantasme et réalité que jusqu’à la fin on n’est vraiment sûr de rien sur le sort d’Alexandre Astrid et celui qui le nargue depuis si longtemps. Mais Garden of love est aussi un roman incroyablement fort sur les notions de deuil et de douleur liés à des pertes profondes et irréparables.

Prenant de bout en bout.

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En savoir +

Garden of love, Marcus Malte, Editions Zulma, 2007, 318 pages

Site officiel de Marcus Malte : http://www.marcusmalte.com/

A propos de l'auteur

Image de : Née en 1981, Chloé Saffy vit à Toulouse. Sur le net, elle est l'auteur du blog My Way Or The HighWay et a collaboré au e-magazine d'opinion Ring. Adore, son premier roman a été publié en 2009 aux Editions Léo Scheer. On peut également la retrouver sur son site : http://www.ohmydahlia.com [Crédit photo: Kelly B.]

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