Chloe – Atom Egoyan

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Encore un exemple de bande-annonce dont il faut se méfier. Celle de Chloe, comme toutes les autres, en dit trop. Et finit par faire l'apologie d'un film racoleur, à coup de bribes de scènes de sexe, girl-on-girl, qui-plus-est.

Image de Julianne Moore dans CHloe En fait, il ne s’agit pas simplement du remake aguicheur d’un film français, Nathalie…, réalisé par Anne Fontaine en 2004. Contre Fanny Ardant en femme jalouse et esseulée, on obtient Julianne Moore. Contre Gérard Depardieu en mari louche, on obtient Liam Neeson. On y perd peut-être au change, surtout si on voit plus en Neeson Qui-Gon Jinn que Oskar Schindler. Et enfin, contre Emmanuelle Béart (41 ans à l’époque), on obtient… Amanda Seyfried, 24 ans. Et sans vouloir être rude, Amanda Seyfried, souvent trop sous-exploitée,  (Mamma Mia, second rôle dans Veronica Mars…), suscite un peu plus l’intérêt.

Le topo est simple. Une gynécologue (non, ça n’apporte rien à l’histoire, quoique) pense 1° que son mariage bat de l’aile et 2° que son mari la trompe avec des jeunettes. Par pur hasard, elle apprend à reconnaître les escort girls dans un restaurant chic et choisit l’une d’entre elles, Chloe, pour tenter de séduire son mari. Et ainsi découvrir s’il lui est réellement infidèle. La jeune fille s’exécute, payée pour la tâche, et semble prendre les devants… Elle raconte à la femme mariée les rendez-vous adultères de son mari par le menu. La séduction, le désir qui monte… La première fois, dans une serre aux plantes exotiques, façon La Curée, de Zola. Mais une attrape-mouche en chair et en os est beaucoup plus dangereuse.

Si l’histoire elle-même ou la famille qui en est le centre ne sont pas transcendantes, ce qui compte le plus, c’est l’atmosphère du film. Paranoïa rendue palpable  par la B.O., les silences, les regards jetés en douce à travers des fenêtres. L’histoire se passe sur quelques jours, mais le temps paraît distendu, dilaté. Les personnages s’engluent dans un bourbier qui semble ralentir toutes leurs facultés de réaction. La porte de sortie de ce labyrinthe pseudo-érotique est mieux appréciée par soi-même alors nous ne dévoilerons que ceci : en gros, faites attention à ce que vous souhaitez. Car celle qui est entrée dans leur vie si vite et s’y est installée avec la même rapidité se jouent d’eux tous.

Image de Amanda Seyfried et Julianne Moore dans Chloe Chloe. Beauté absolue, qui sait tout dissimuler, ne rien laisser paraître, comme elle peut se laisser emporter. La folie pure : incarnée dans la retenue d’un secret. Visiblement en manque d’affection, ou de figure maternelle, allez savoir, elle s’attache en un clin d’œil et fait tout pour obtenir ce qu’elle convoite. Ou croit convoiter. Tout passe dans ses yeux de démente, ses lèvres qui ne s’ouvrent pourtant qu’à raison, et ses longs cheveux blonds de femme fatale. Le language du corps, son métier – ou déformation professionnelle qui la dérègle.

Amanda Seyfried. Cette actrice-là, il faudrait tellement qu’on la voie plus souvent. Joie, son nouveau film sort aujourd’hui 24 mars. Malheur, son titre est « Cher John » et il raconte l’histoire d’un couple séparé tragiquement par la guerre en Irak. Damn. Ça vous apprendra à faire attention à ce que vous souhaitez !

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Chloe, par Atom Egoyan
Dans les salles depuis le 10 mars 2010
Avec Julianne Moore, Liam Neeson, Amanda Seyfried
Drame américain, 2009
Distribué par StudioCanal

A propos de l'auteur

Image de : Miss Cinéma de Discordance et chroniqueuse hétéroclite since 2005. [Blog] [Twitter]

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