Hugh Laurie & the Copper Bottom Band | Strasbourg | 10.07.2013

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Dans le cadre du 24e Jazz Festival, Hugh Laurie & the Copper Bottom Band se produisaient, mercredi soir au Palais des Congrès à Strasbourg. Lumières jazzy, reprises standard du blues à volonté et pause whisky mérité : un « show » bien plus que sympathique !

Pour clôturer l’événement, le 24e Jazz Festival de Strasbourg a fait venir en première partie, Shemekia Copeland et, Hugh Laurie & the Copper Bottom Band, en second.

Ce soir, l’enthousiasme est palpable. On devine très vite que la majorité dans le public est là pour Hugh Laurie. On parle du « Dr House », de « l’acteur qui joue du blues » et « [qui] chante plutôt bien ». Mais en attendant leur tour, c’est Shemekia Copeland qui interprète son répertoire. Native du quartier d’Harlem à New-York et fille du guitariste, Johnny Copeland – à 34 ans, Shemekia a tout d’une grande – il y a quelques années déjà, elle se produisait sur scène avec le grand B.B. King. L’une de ses dernières prestations est impressionnante : Shemekia délaisse son micro pour chanter encore plus haut – encore plus fort depuis la scène. Jusque dans les gradins, le public est soufflé face à sa performance vocale. Après 55 minutes de concert, elle cède sa place à la deuxième partie : Hugh Laurie & the Copper Bottom Band.

Le décor est planté. Ambiance chaleureuse et intimiste. Ces lampes tamisées d’un modèle défraîchi pour certaines semblent tout droit sorties d’un bar de la Nouvelle-Orléans. On aimerait presque se lever de son siège, et les rejoindre de plus près, sur scène : profiter le plus possible de leur présence musicale. Dans un coin à droite, un piano. Décoré par un napperon, d’un style années 40, il trône cinq petits drapeaux : français, anglais, américain, canadien et guatémaltèque. Une chaise en fushia est ornée du monogramme formant les initiales d’Hugh Laurie. Au centre, les instruments des musiciens sont là, posés en évidence. Le concert peut alors commencer… Les lumières s’éteignent… puis se rallument ; la magie opère de suite. Les musiciens s’avancent sur scène. Hugh le dernier, verre de whisky à la main, exécute une entrée dansante peu ordinaire au rythme d’Iko Iko.

« Bonsoir Strasbourg ! », dans un français presque parfait, l’acteur britannique qui endossait le rôle principal dans la série télévisée Dr House, se tient là, juste en face du public. Conscient que sa notoriété lui vient de la télévision, il reste modeste et nous présente, the Copper Bottom Band comme « l’un des meilleurs groupes au monde » : Gaby Moreno et Sista Jean McClain au chant, Vincent Henry au saxophone, Elizabeth Lea à la trompette, David Piltch à la contrebasse, Herman Matthews à la batterie et Patrick Warren au clavier. Un tonnerre d’applaudissements du public les accompagne. L’acteur en fait autant.

Vêtu d’un costard gris et d’une chemise rose, Hugh alterne chant, piano, guitare et marteau – en tapant le tempo – sur Send me to the ‘Lectric Chair de Bessie Smith qu’il interprète avec Sista Jean. Une reprise magnifique que dès qu’elle s’achève : on en frisonne encore. Hugh avertit : « Bonne chance à celui qui chantera après ! ». Le public est hilare.

Sur scène, Hugh est comme un poisson dans l’eau. Acteur et musicien, il a plus d’un tour dans sa poche : entre deux chansons, il use de son humour cynique ou boit son whisky – à la santé du public – nous contant une anecdote ici et là d’une musique qui vient ou va se jouer. Il délaisse le piano pour la guitare, nous proposant Mystery Train. Bluesy, sa version est tout aussi entraînante que celle d’Elvis. Une grande partie de reprises sont présentées, comme Ray Charles (What kind of man are you), Louis Armstrong (Kiss on Fire en duo sur un tango argentin avec Gaby), Dr John (Wild Honey) ou encore Professor Longhair (Go to the Mardi Gras changes). L’homme aime le blues et n’hésite pas à nous le faire savoir. Quelques compositions à lui sont également jouées, comme You don’t know my mind, présente sur son premier album Let Them Talk.

Sa version Careless Love au piano est une petite merveille parmi tant d’autres. Hugh pèse lourdement ses notes. L’appui des chœurs par Gaby et Sista Jean, le solo de Vincent au saxophone, renforcent ce sentiment de mélancolie. C’est prenant. Des frissons.

Amatrice de blues et de jazz, et curieuse par la manière dont Hugh Laurie joue en reprenant des standards en live : j’ai très vite apprécié ce concert à sa juste valeur. Mêlant du bon temps passé entre musiciens et le public, du partage sur une pointe d’humour, on ne voit plus le temps passé. Et c’est ça qui est extraordinaire… Près de 2h20 en leur compagnie ! Avec trois rappels clôturant le concert ; difficile de quitter son siège à la fin.

Ce soir, l’estime que j’avais (déjà) envers le Britannique pour son jeu d’acteur et de comédien s’est accrue.
Hugh peut être un bon musicien et nous l’a prouvé. Alors, merci Hugh ! Et, merci les Copper Bottom Band !

Crédit photos : Léna T.

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A propos de l'auteur

Image de : Issue des industries graphiques, je collabore occasionnellement pour Discordance, l'œil au viseur avec carnet & stylo dans ma poche.

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