Hugh Coltman à la Flèche d’Or : la musique rend heureux.

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Après la sortie de son EP et avant celle de son prochain album (possiblement en septembre), Hugh Coltman faisait son grand retour sur scène à la Flèche d'Or dans le cadre de la 3ème Ricard S.A. Live Session, précédé de deux groupes plus que prometteurs, Mrs Good (lauréat du concours Lance-toi en Live 2012) et John Grape (lauréat FAIR 2012).

Hugh Coltman (c) Isatagada

Il faisait chaud ce soir à la Flèche d’Or, pour le retour de Hugh Coltman sur scène. Retour qui se fait en prise directe avec le public, avec un 1er titre qu’il joue seul au ukulélé, histoire sans doute de reprendre contact sans rien brusquer. L’accueil est bon, le titre très applaudi, et Hugh Coltman que rejoint son groupe The Persuaders poursuit avec ses toutes nouvelles chansons. Isolation suscite l’enthousiasme d’un jeune homme dans le public qui s’écrie « celle-là est géniale ! ». Puis le chanteur revient sur deux anciens morceaux (« parce que je les kiffe ») dont le très poétique  The Moon Caught Up In A Tree et en profite pour raconter : « Certains d’entre vous étaient au concert de Rufus Wainwright à la Cigale ? C’était immense ! Et donc j’ai rencontré une jeune femme après ce concert, qui m’a dit qu’elle serait là ce soir et m’a demandé de jouer cette chanson ». Pour ce titre, il se retrouve à nouveau seul avec son instrument (sa guitare acoustique cette fois), tandis que la Flèche d’Or retient son souffle pour l’écouter religieusement.

Ce respect absolu de son public (on se souvient d’un brouhaha infernal au même endroit pour Peter Doherty), Hugh Coltman l’a gagné comme une évidence. Anglais d’origine, il est venu s’installer en France en 1999, et n’a plus jamais bougé depuis. Il dit s’y sentir bien et s’exprime dans un français remarquable sur scène, sans toutefois négliger de repasser à l’anglais de temps à autre. Antithèse absolue de tous les clichés qui peuvent circuler sur les artistes en général (et les chanteurs en particulier), l’homme est d’une rare gentillesse, aux antipodes du type autocentré. Ceux qui l’ont « demandé comme ami » sur la plateforme MySpace du temps de ses débuts ont vite compris qu’au contraire de tant d’autres, lui avait la ferme intention de donner du sens à cette « amitié ». Il y est toujours attaché, ne se résolvant pas vraiment à s’inscrire sur Twitter dont il dit qu’il ne pourra probablement jamais y nouer ce genre de relation.

Non content d’être une sorte d’humain idéal, Hugh Coltman est avant tout un formidable musicien. Il faut le voir sauter d’une ballade qu’on dirait sortie d’un rêve à des titres hyper enlevés, jouer de l’harmonica en virtuose, ou passer de la guitare au clavier avec une aisance incroyable. Il faut l’entendre surtout, avec cette voix qu’il module à l’envie, douce comme une caresse, l’une des plus belles qui soit en France (et peut-être même au monde, osons le dire).

Hugh Coltman a droit à une heure au lieu de quarante-cinq minutes et il en profite. Ses nouveaux titres se succèdent et font mouche. Ça swingue, ça jazze, ça flirte avec des rythmes reggae aussi ; certains refrains sont hyper accrocheurs et sur le dernier titre, Sticks, le public ne se retient plus de danser. À mesure que les minutes passent, le Grand Hugh (avec deux majuscules) est de plus en détendu et la communion avec le public s’intensifie. Il remercie d’ailleurs, dit que cela faisait longtemps depuis le dernier concert et que cette soirée lui donne envie de repartir, vraiment. Les sourires sont devenus immenses. L’artiste donne et reçoit, le partage est réel et le plaisir du public comme celui des musiciens est palpable. Chose rare à la Flèche d’Or, le musicien et son groupe reviennent alors pour un rappel sur une version étirée de On My Hands, avec la salle qui reprend en chœur des « Oh ohoh ohoh ohohohoh » sans vouloir s’arrêter, à l’instar d’un chanteur qui n’arrive pas à partir non plus. « Don’t leave me, keep going man ! » lance t’il avant de se résoudre finalement à quitter la scène, visiblement ému et comblé.

Un très beau concert, de ceux qui vous font vous souvenir à quel point, parfois, la musique rend heureux.

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A propos de l'auteur

Image de : Isatagada a une fâcheuse tendance à en faire trop tout le temps : s’investir pour de nouveaux artistes, photographier, parler, filmer, s’indigner, lire, se faire de nouveaux amis et écrire, écrire, écrire... L'essentiel étant de galoper, pas de manger des fraises. Du coup, elle se couche tard et se lève tôt ; rêve de téléportation et de quelques vies supplémentaires. Et de servir à quelque chose quelque part, en fait. Blog / Flickr

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