Eurockéennes 2004

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Quelques grosses têtes d'affiche à côté d'une programmation très pointue mariant allègrement pop, rock, electro, reggae, hardcore et hip hop, voilà le menu de l'édition 2004 de ces eurocks. Et vu l'affluence record de ces 3 jours, celà semble être la recette magique pour remplir le Malsaucy.

Le nombre de groupes est une fois de plus impressionnant, et ce n’est pas loin de 80 groupes différents qui se sont produits sur les 4 scènes installées sur le site. Il était donc naturellement impossible d’assister à tous les concerts et le choix ne fût pas toujours des plus aisé. Ce qui suit n’est donc qu’un bref échantillon du son, des atmosphères et des ambiances captées durant ces 15 ème Eurockéennes de Belfort.

Vendredi 2 juillet

L’évènement de ce début de festival, c’est le grand come back de No One Is Innocent, qui fût l’un des pilier du rock français des années 90. Il est à peine 17h30, mais de nombreuses personnes se sont déjà pressées devant les barrières de la grande scène et attendent fébriles le début du concert. Kmar le chanteur et l’unique rescapé de la formation originale, n’a rien perdu ni de sa fougue ni de son énergie. Les anciens titres joués, principalement tirés du 1er album, alternent avec des nouvelles compos plutôt sympathiques. Le groupe a vraiment l’air de s’éclater et les 40 minutes passent bien vite. Nomenklatura, le seul titre issu d’ Utopia, enrichi d’un bref passage Berurien, cloturera un set beaucoup trop court. C’est un vrai bonheur après toutes ces années que de réentendre La Peau ou Henry en live !

Après cette excellente entrée en matière, c’est au tour de Franz Ferdinand, LE groupe pop rock du moment d’enflammer le chapiteau. La bonne humeur et l’énergie du groupe est communicative et le public ne tarde pas à pogoter joyeusement sur les refrains accrocheurs des 4 écossais. La fin du concert marque également le début de la grande transhumance d’une grande partie des 32 000 personnes présentes, en direction la grande scène qui va voir se succéder les 2 grosses têtes d’affiche de la soirée.

C’est M qui ouvre la bal, tout auréolé d’une réputation de tueur en live. La prestation scénique est bonne, le public reprends les refrains en cœur et ne se laisse pas effrayer par la pluie qui s’est mise à tomber. Musicalement c’est rose, c’est sucré et malgré de très bons passages l’ensemble sonne très variété. Dommage, je m’attendais à mieux.

Les stars de la soirée c’est Molko et sa bande. Et effectivement Placebo a un peu joué à la star. Non pas que le concert fût mauvais, le son était plutôt bon et les morceaux, pour certains réarrangés, magnifiquement interprétés. Mais l’atmosphère était très froide. Brian quasi muet n’a fait passer aucune émotion et s’est contenté d’enchainer les titres sans broncher. L’ambiance était à des années lumières de ce à quoi l’on pouvait s’attendre, surtout après le visionnage du DVD live. Vraiment dommage…..

Samedi 3 juillet

AS Dragon, nouveau prodige du label Tricatel, était à l’origine le projet musical de l’écrivain Michel Houellbeck. Au départ de ce dernier est arrivée la belle et talentueuse Natacha Le Jeune et le groupe a perdu un peu de son coté expérimental pour sortir un des meilleur album de rock indé du moment. Audace des programmateurs, c’est sur la grande scène qu’ils se produisent en cette fin d’après midi. Le groupe a un peu du mal à occuper entièrement l’espace, le chapiteau aurait certainement été mieux adapté, mais la chanteuse ne ménage pas ses efforts et n’hésite pas à s’asperger de bières et à danser et sauter dans tous les sens.

Les allemands de Seed, venus tout droit de Berlin, étaient également présents sur la grande scène. Leur reggae / ragga festif a enchanté le festival qui leur a réservé un véritable triomphe. Ça bougeait de tous les côtés, et le groupe a littéralement conquis le public en faisant de leur première date française une des sensation de ces Eurocks.

Après un bref passage sous le chapiteau pour tendre une oreille intéressée à la pop belge des Girls in Hawai, voilà déjà l’heure d’aller applaudir la belle Polly Jean Harvey de retour en France pour présenter son dernier album Hu Hu Hey . La nuit commence à tomber et la Miss enchante et subjugue la foule par sa voix et sa présence hors du commun. Elle n’hésite pas à blaguer avec le public et livre un concert quasi parfait.

L’heure est aux reformations et le gros buzz du moment c’est le come back d’une légende vivante du milieu alternatif des années 90 : les Pixies . Bien que l’aspect physique des membres n’est plus ce qu’il était, et que leur retour ressemble plus à une fructueuse opération marketing qu’à autre chose, la magie et le talent sont toujours là. C’est très sobrement mais avec décontraction et classe que le groupe enchaîne les titres mythiques que sont Wave of mutilation, Debaser, Here comes your man, Caribou, Monkey goes to heaven, ou encore Where is my mind . Une set list gargantuesque pour un show somptueux. La voix unique de Frank Black n’a rien perdu en clarté et en profondeur, et son duo avec Kim Deal fonctionne toujours à merveille.

Dimanche 4 juillet

Du rap interprété avec un état d’esprit résolument punk, c’est le cocktail rafraichissant que nous propose Svinkels sur la grande scène en ce début de dimanche. N’en revenant toujours pas de jouer devant autant de monde, les 2 front men s’en donnent à cœur à joie. C’est musicalement un peu répétitif, mais l’énergie déployée est impressionnante.

La fatigue des jours précédents commence à se faire ressentir et l’électro tranquille du Peuple de l’Herbe sera la bande son idéale d’une sieste dominicale largement méritée.

A peine une semaine après le concert douloureux du Fury Fest, où ils se sont fait injustement hués, c’est au tour de Slipknot d’envahir la grande scène. Le décor principalement composé de pentagrammes est rapidement mise en place et dès l’intro de Sic c’est la boucherie dans les premiers rangs. La poussière soulevée par le public est impressionnante et rends la scène totalement invisible et cela pendant la quasi totalité du concert. La set list est classique et quasi similaire à celle jouée en première partie de Metallica, 2 semaines auparavant. Mais le son est cette fois ci largement meilleur. Très bonne prestation au final, mais manquant légèrement de spontanéité.

L’événement de la soirée c’est bel et bien la venue de Korn en terre franc-comtoise. La scène est plutôt sobre et c’est au batteur du groupe à qui revient l’honneur de débuter le show.Le set est bien rodé, et malgré quelques transitions un peu longues va réserver quelques bonnes surprise dont une courte reprise de Metallica (One) directement enchainée à la fin de Shoots and Ladder et surtout une étonnante cover de The Wall pour clôturer en beauté ces 3 jours de festivité.

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Image de : Fondateur de Discordance.

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