Entretien avec Brian Azzarello

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Nul besoin de présenter Brian Azzarello aux amateurs de comics, qui le considèrent à l’unanimité comme une référence en la matière, via ses réappropriations sombres et violentes des personnages les plus connus de DC Comics (Superman , Wonder Woman et Batman en tête) mais aussi grâce à ses propres créations comme Loveless, Spaceman ou encore sa série désormais culte : 100 Bullets.

A l’occasion de la sortie en France de Firstwave, un crossover qui met en scène les célèbres Batman, Doc Savage ou encore le Spirit, Discordance a rencontré Brian Azzarello pour plonger avec lui du côté obscur des super-héros.

Brian Azzarello, tout d’abord merci beaucoup d’accepter de répondre à nos questions, nous allons essayer de vous en poser d’autres que celles auxquelles vous avez déjà répondu toute la journée dans la mesure du possible.

Brian Azzarello : Merci !

Nous savons donc déjà que vous préférez créer votre propre univers et vos propres personnages plutôt que vous réapproprier ceux qui existent déjà, comme Batman ou Superman, mais y a-t-il un univers qui vous intéresse plus que les autres pour faire évoluer vos personnages ? Plutôt la science-fiction, comme dans Spaceman, ou le monde réel ?

Brian Azzarello : Le monde réel. Ce qui m’intéresse vraiment, c’est un univers – n’importe lequel – où les personnages sont susceptibles de faire des erreurs.

Est-ce que c’est dans un souci de réalisme, pour que les lecteurs puissent s’identifier plus facilement aux personnages ?

Brian Azzarello : Oui en partie, je pense que ce qui nous rend intéressants ce sont précisément les erreurs que l’on peut faire, c’est ce qui fait de nous les humains que nous sommes, et c’est cette thématique que j’aime traiter dans mes histoires : j’aime écrire des histoires à propos de personnes qui font des erreurs.

Alors vous pensez que les méchants ont un côté plus humain que les héros qui les combattent ?

Brian Azzarello : Ils font de bien plus grosses erreurs, n’est-ce pas ? (rires)

Grâce à Spaceman, nous avons découvert que l’Homme ne pourrait pas voyager jusque sur Mars parce qu’il perdrait trop de densité osseuse ; est-ce que vous faites beaucoup de recherches pour découvrir des choses comme ça ?

Brian Azzarello : Alors j’ai fait cette découverte dans un bar, il y a maintenant quelques années, lors d’une conversation avec un de mes amis, qui est professeur en bio ingénierie. Il y avait une télévision qui diffusait un reportage à propos des efforts conjoints de la Russie et des États-Unis concernant la conquête de Mars. Mon ami avait l’air plutôt dubitatif à ce propos, au point qu’il m’a dit qu’il n’y avait quasiment aucune chance à son avis pour qu’ils parviennent à aller sur Mars. Quand je lui ai demandé pourquoi, c’est là qu’il m’a expliqué que le corps humain perdrait trop de densité osseuse pendant le voyage pour arriver à destination. Je lui ai alors demandé s’il ne serait pas possible de modifier génétiquement des fœtus pour parvenir à la densité osseuse adéquate et après quelques instants de réflexion, il a admis que oui, ce serait techniquement possible : voilà le point de départ de Spaceman.

Est-ce que c’est souvent de cette façon que vous viennent vos idées ? Il y a d’abord un contexte qui vous apparaît, puis les personnages ensuite ?

Brian Azzarello : Ca dépend vraiment des histoires. Pour celle-ci, finalement, c’est l’idée du personnage qui m’est venue en premier lieu, ce type qu’on avait modifié génétiquement pour qu’il puisse aller sur Mars. A partir de là, l’histoire devait se passer dans le futur. Les écologistes nous prédisent aujourd’hui à quel point le monde se sera détérioré dans les cent prochaines années, et c’est ce qui m’a inspiré l’idée d’un futur avec ce personnage.

Vous accordez beaucoup d’importance au langage dans les dialogues que vous écrivez. Nous avons lu que vous aviez fait partie d’un groupe au sein duquel vous avez écrit plusieurs chansons ; est-ce que vous pensez que cela peut avoir une influence sur la façon dont vous vous y prenez pour construire vos dialogues ?

Brian Azzarello : Oui il y a une influence indéniable.

Et c’était quel genre de musique ?

Brian Azzarello : C’était punk-rock, et c’était il y a trèèès longtemps (rires), à la fin des années 70, début des années 80.

Quand on lit vos histoires, on a l’impression que beaucoup de vos personnages sont perdus, et coincés dans un monde qui change peut-être plus rapidement qu’ils ne veulent ou ne parviennent à s’y adapter. Est-ce que vous pensez qu’on est aussi comme ça dans la vie ?

Brian Azzarello : On est comme ça ! Totalement ! Beaucoup de gens sont perdus et c’est plus facile pour eux de dissimuler le fait qu’au fond, ils ne savent pas du tout ce qu’ils font ni pourquoi ils le font. Oui, je pense que nous ne savons pas où nous en sommes.

En parlant de personnages perdus, le Joker de votre roman graphique a aussi perdu tout ce qui lui appartenait autrefois, perte qu’il considère avec un sens de l’humour passablement froid et tordu. Est-ce que vous pensez que le rire puisse être une réaction réaliste face à la tragédie ?

Brian Azzarello : Pour lui, certainement (rires) ! Je pense que les réactions du Joker sont surtout complètement imprévisibles, il n’a aucune constance, il est complètement fou.

C’est ce qui le rend d’autant plus effrayant, le fait précisément que personne ne puisse prédire à l’avance la façon dont il va réagir.

Brian Azzarello : Voilà, c’est ça, il est capable de tout, personne ne sait ce qu’il va faire.

Et est-ce que vous pensez, comme il a l’air de le croire, que les choses en général ne se produisent pas nécessairement pour une raison précise ?

Brian Azzarello : Oh, vous voulez mon point de vue dépressif vis-à-vis du monde dans lequel on vit, c’est ça (rires) ? Est-ce que les choses arrivent pour une raison… Je pense qu’il n’y a pas vraiment de règle générale, il y a des évènements qui ont lieu sans raison, d’autres qui se produisent pour une certaine raison…

… Qu’on n’aime pas, la plupart du temps…

Brian Azzarello : Qu’on n’aime pas la plupart du temps ! Il y a très peu de choses, finalement, sur lesquelles nous pouvons exercer un contrôle quel qu’il soit. On subit énormément sans pouvoir y faire quoi que ce soit.

Ce que nous avons particulièrement apprécié dans Joker est la façon dont vous avez traité des personnages secondaires comme l’Homme Mystère, qui s’appuie sur sa canne au pommeau en forme de point d’interrogation parce qu’il est handicapé…

Brian Azzarello : Je me suis toujours demandé pourquoi il se servait de cette canne alors qu’il ne l’était pas !

Et Harley Quinn, qui est connue pour son amour éperdu et fondamentalement niais pour le Joker apparaît en dépressive alcoolique – d’où est-ce que tout ça vous est venu ?

Brian Azzarello : Lee (Bermejo, illustrateur) et moi avons beaucoup discuté quant à la façon dont allaient intervenir tous ces personnages et nous avions envie de les rendre réalistes, ce qu’ils sont dans le contexte dans lequel ils évoluent. Je voulais intégrer Harley à l’histoire, mais ce qui me gênait dans son personnage c’est qu’elle est perpétuellement en quête d’attention : dès qu’elle apparaît quelque part, elle est simplement incapable de se taire ! Alors Lee et moi nous sommes mis d’accord sur le fait que cette fois, elle ne dirait pas un mot et que nous allions la rendre malsaine, et dangereuse, parce que c’est ce qu’elle est au fond, et que c’était au Joker de prendre la parole. Nous avons encore davantage discuté au sujet de l’Homme Mystère ; Lee n’en voulait pas dans la BD parce que c’est un personnage qu’il déteste.

Qu’il ne joue pas à Arkham City (jeu vidéo qui met en scène Batman et notamment l’Homme Mystère), s’il passe autant de temps que nous à essayer de récupérer tous les trophées qu’il a cachés sur l’île, il va le détester encore plus…

Brian Azzarello : (rires) – En tout cas, c’est devenu une sorte de défi pour moi, je lui ai dit : « Tu vas voir, je vais réussir à faire un Homme Mystère que tu vas aimer, et sur lequel tu vas pouvoir travailler visuellement » – il avait des réserves au départ, il me parlait justement de cette stupide canne en point d’interrogation, et je lui ai répondu que ça prenait sens s’il était handicapé, et petit à petit nous avons réussi, ça a fonctionné. Nous avons eu beaucoup d’échos par rapport à la façon dont nous nous sommes approprié l’Homme Mystère.

Il est vraiment terrifiant.

Brian Azzarello : Oui. Il n’est plus cet abruti qui cabriole avec ses « Devine moi-ci, devine moi-ça !»

Ce qui est plutôt réaliste à Gotham City, ça n’est pas vraiment le genre d’endroit qui donne envie de chantonner et de jouer aux devinettes…

Brian Azzarello : N’est-ce pas ! Ils sont tous sombres à leur manière parce que c’est le monde autour d’eux qui les rend comme ça.

Est-ce que vous êtes fier de l’influence que vous avez probablement eue sur la façon dont Christopher Nolan a adapté le Joker au cinéma ?

Brian Azzarello : Je ne sais pas si j’ai eu une influence quelconque. Peut-être qu’il y a eu quelque chose visuellement parlant, mais je ne sais pas. J’ai beaucoup aimé le Dark Knight, je trouve que c’est un très bon film, le Joker joué par Heath Ledger est un grand personnage.

Nous nous identifions probablement plus à lui qu’à Batman dans le film.

Brian Azzarello : Oui.

Il symbolise l’impulsivité et le chaos dans un univers où les choses sont déjà si sombres au départ qu’un héros comme Batman semble presque improbable.

Brian Azzarello : Dans ce film, le Joker est bien plus en accord avec le monde réel, il plonge avec lui, et Batman s’oppose à la façon dont tourne le monde – il a un côté très répressif, inhibiteur.

Une dernière question à propos de Joker, cette fois-ci à propos de Jonny Frost, le personnage à travers les yeux duquel nous assistons aux évènements. Est-ce que vous avez choisi son point de vue plutôt que celui du Joker parce que l’identification était plus facile pour les lecteurs ? Ou est-ce que c’était une manière d’éviter le point de vue direct du Joker ?

Brian Azzarello : Je pense que ç’aurait été une erreur de raconter l’histoire du point de vue du Joker. Je pense que le pouvoir de ce personnage repose en partie sur le fait qu’on ne puisse pas savoir quels sont ses motivations ou ses plans. Il en raconte quelques grandes lignes aux autres personnages dans le livre, mais les expliquer trop précisément aurait enlevé une part du mystère propre au personnage. On ne doit jamais savoir ce qu’il se passe dans l’esprit du Joker, simplement qu’il est fou.

En faisant quelques recherches, nous avons découvert qu’un dénommé John Frost avait été général de l’armée britannique et officier parachutiste durant la Seconde Guerre mondiale. Est-ce que ça a quoi que ce soit à voir avec le choix du nom de votre personnage ?

Brian Azzarello : Non pas du tout, mais ça le rend encore plus cool !

C’est un bon nom, Jonny Frost (rires) – passons à Firstwave, maintenant. Le lien principal entre des personnages comme Doc Savage, le Spirit et Batman vient du fait qu’ils sont humains, tous les trois. Mais y a-t-il eu d’autres raisons pour les choisir eux en particulier ?

Brian Azzarello : DC possède la licence sur Doc Savage, et ils étaient dans l’optique d’une résurrection du personnage. Dan Didio, qui est éditeur chez DC Comics voulait de son côté créer un univers où évolueraient trois super-héros ; on en a parlé ensemble et il était partant pour que Doc Savage et le Spirit fassent tous les deux partie du projet. Je lui ai suggéré qu’on y intègre aussi Batman, ce qui l’a un peu surpris au départ, mais c’était du Batman d’origine dont je voulais parler, celui qui utilise des pistolets, et cette idée l’a totalement convaincu dont on est parti là-dessus. Ce qui est intéressant justement c’est que Batman a déjà son costume, son masque, et un personnage comme Doc Savage ne comprend pas l’intérêt d’un tel déguisement : qui que soit Batman, pour lui c’est insensé de vouloir camoufler son visage. Doc Savage s’impose comme une figure d’influence et d’inspiration pour les gens, absolument pas comme quelqu’un dont les gens pourraient avoir peur.

C’était justement l’une des questions que nous voulions vous poser ; si on compare Doc Savage, Batman et le Spirit, on remarque qu’ils font tous les trois partie de la haute société et qu’ils ont tous en commun le fait de vouloir se battre contre le crime. Qu’est-ce qui les oppose si radicalement alors qu’ils partagent le même but ?

Brian Azzarello : Ils font la même chose, mais pour des raisons différentes. La motivation principale de Doc Savage, comme je le disais plus tôt, c’est sa volonté d’être une inspiration aux yeux du monde. Batman fait ça parce que ses parents ont été assassinés, il ne combat pas le crime à proprement parler, il affronte les criminels ; c’est comme s’il essayait de ramener ses parents à la vie et c’est une bataille qu’il ne pourra jamais gagner.

Il est tordu, quand même.

Brian Azzarello : Il est tordu, oui. Parce qu’il pense qu’il peut gagner. Il est encore plus fou que le Joker. Le Spirit est le personnage qui a le moins de maîtrise sur ce qu’il fait, il n’a pas l’ambition d’exercer sa volonté sur l’environnement qui l’entoure ; c’est le plus facile à vivre des trois en quelque sorte. Il pense qu’il est déjà mort une première fois, cela dit, donc il est un peu tordu aussi.

L’histoire de Firstwave a l’air de se passer dans les années 40, mais il y a des personnages comme Ebony au look totalement anachronique, ce qui n’est pas sans rappeler l’utilisation de technologies parfois décalées par rapport à l’époque dans certains Batman. Est-ce que vous pensez que ce genre de détails contribue à rendre les histoires intemporelles ?

Brian Azzarello : Oui, totalement. Peut-être que ça se passe dans les années 40, mais on n’en est pas sûr. C’est un univers totalement redésigné qui tire son inspiration de beaucoup d’époques à la fois ; on y a intégré des éléments de décors très années 40 parce qu’ils nous semblaient appropriés, d’autres des années 50, il y a un jet privé qui n’a normalement rien à faire là… C’est leur univers à eux.

Ce qui est intéressant à propos du Batman de Firstwave c’est qu’il semble bien plus ambigu moralement qu’il ne l’est d’ordinaire. Il a également un certain sens de l’humour qu’on lui connaît rarement : est-ce qu’il y a un lien entre ces deux éléments ?

Brian Azzarello : Oui. D’autant que ça n’est pas le Batman accompli qu’on a coutume de voir, il en est seulement au début de sa carrière, loin de l’image du Dark Knight qu’il aura plus tard, et finalement ce qui est le plus frappant dans ce livre c’est qu’il prend du plaisir à être Batman, il s’éclate, et je ne crois pas que ce soit encore le cas plus tard : il combat les criminels depuis trop longtemps. Pour donner dans la métaphore, si Batman était un flic, dans Firstwave il en serait à l’étape jeune recrue pleine de motivation de sa carrière, à expérimenter, à apprendre de nouvelles techniques. Il n’a encore rien du type qui n’en peut plus d’attendre de prendre sa retraite parce qu’il est usé jusqu’à la corde à cause de la violence qui n’en finit jamais.

D’autant qu’à Gotham, quoi qu’il fasse, il y a toujours plus de criminels que de flics en proportion.

Brian Azzarello : En plus !

Est-ce qu’on peut s’attendre à croiser d’autres personnages de l’univers de Batman dans Firstwave ?

Brian Azzarello : Non.

Une dernière question facile sur Firstwave ; entre Batman, Doc Savage et le Spirit, lequel préférez-vous ?

Brian Azzarello : Hmm… C’était vraiment marrant de bosser sur le Spirit. J’ai bien aimé aussi donner une nouvelle version de Batman, à ses débuts, mais le Spirit est mon préféré. C’était aussi la première fois que je travaillais sur son personnage.

Et pour terminer, en dehors de Firstwave, quels sont vos projets en cours ?

Brian Azzarello : En ce moment je travaille sur Spaceman, sur Wonderwoman, avec Cliff Chiang, et j’ai un autre projet en cours avec Lee Bermejo qui risque d’être plus sombre encore que le Joker.

En remerciant Brian Azzarello pour son temps et en vous recommandant vivement la lecture de Firstwave, paru en France le 26 janvier, qui permet non seulement d’avoir une nouvelle approche d’un Batman un peu moins irréprochable que d’accoutumée, mais en plus de mettre au goût du jour des super-héros malheureusement trop méconnus dans la conscience collective française comme Doc Savage ou le Spirit.

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A propos de l'auteur

Image de : Enfermée à l’extérieur sur le balcon de la Tour Sombre, Alex trouve parfois le courage de s’arracher à l’emprise du Crimson King. Elle ajuste alors sa longue vue et observe d’un air narquois le spectacle du rock, du cinéma et de la littérature qui déclinent. Il lui arrive quelquefois d’être agréablement surprise, mais c’est rare tant elle est consubstantiellement cynique. Son premier roman, Unplugged, est paru en 2009, puis un second en 2010, intitulé Omega et les animaux mécaniques, inspiré par l'album Mechanical Animals de Marilyn Manson.

3 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 26 janvier 2012
    Choupy a écrit :

    Chouette article. Petit bémol sur le dernier paragraphe nous incitant à lire l’ouvrage. « Batman moins irréprochable », Batman n’a rien d’irreprochable sous la plume de la plupart des scénaristes qui ceux le sont approppriés ! C’est l’uns des aspects qui font de lui un super héros unique. Sans jamais franchir complètement la ligne qui le ferait basculer comme un punisher de Marvel ou un rorschach des Watchmen, il se traîne un sac de névroses pas piqué des vers, limite schizo, avec sa backup personality de Batman zurr en arrh, maniacho dépressif, soit non, pas irréprochable.
    Si le movieverse en fait souvent un personnage rigide et lisse, Batman est probablement le super héros le plus complexe, et il impulse cette dynamique qui pousse les auteurs a lui tailler des super méchants à sa mesure.

  2. 2
    le Jeudi 26 janvier 2012
    Sunderland a écrit :

    « Conscience collective française »: comme c’est mignon!
    Bon sinon, autant que possible, éviter les « ce qu’il se passe »; préférer « ce qui se passe ». Pour le reste: un entretien intéressant, avec les bonnes questions.

  3. 3
    Arnaud Parant
    le Vendredi 27 janvier 2012
    Arnaud P. a écrit :

    Comment je suis jaloux de pas avoir fait cet entretien, merci à toi. Décidément j’aime bien ta plume.

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