Rodrigo y Gabriela : sans voix

par |
Rodrigo y Gabriela ou la preuve qu'il est possible de toucher le grand public en laissant parler les instruments plutôt que de pousser la chansonnette...

Rares sont les groupes qui peuvent se targuer d’être entièrement instrumentaux ET aussi populaires. Les publics français, et surtout le grand public, ont pour habitude de choisir des groupes qui mettent nettement en avant le chant, quitte à délaisser parfois complètement le reste – il n’y a qu’à voir la pauvreté affligeante des instrumentaux des titres les mieux vendus en France. Selon les chiffres du syndicat national de l’édition phonographique, le top 3 des ventes de single comprend ainsi deux chansons de René la taupe (sic) et un de Rihanna.

Une fois n’est pas coutume, l’annonce du passage de Rodrigo y Gabriela n’est pas tombé dans l’oreille de sourds. Les 6300 places du Zénith de Paris ont été vendues, si bien qu’une seconde date parisienne a été programmée pour le 1er décembre. À nouveau, celle-ci est donnée complète, comme d’ailleurs la précédente date dont Discordance a parlé, celle du 12 novembre 2009 au Casino de Paris. Bref, le duo mexicain plaît beaucoup et pas seulement à Paris ou en France.

Comme l’an passé, la première partie a été assurée par Wallis Bird, une fille venue d’Irlande avec pour seul bagage sa guitare sèche. Elle nous livrera un show chaotique – deux cordes cassées durant son mini-set, des chansons coupées pour pouvoir s’accorder, une forte propension à ne pas chanter en face de son micro, etc. – compensé par une énergie énorme et une bonne humeur franchement communicative.

La liberté des virtuoses

Soyons clair, le concert de Rodrigo y Gabriela était un véritable show. Un décor minimaliste a été planté pour l’occasion tandis qu’un écran géant diffusait tantôt des images psychédéliques tantôt une vision plus nette de ce qui se passait sur scène. Rod et Gab ont également pris la parole à plusieurs reprises pour annoncer les titres joués et remercier chaleureusement le public qui s’est déplacé en masse.

Image de Rodrigo y Gabriela La formule du combo est aussi simple qu’efficace. Puisqu’ils ne sont que deux à jouer, ce sont les guitares qui assurent à la fois la session rythmique – c’est Gabriela et son jeu très percussif – et les mélodies – c’est pour Rodrigo. Cette caractéristique apparaîtra évidente dans les performances en solos que Rod puis Gab donneront.

L’intérêt du public pour Rodrigo y Gabriela leur donne une grande liberté dans la musique. Le combo s’était déjà permis de reprendre de reprendre le titre Orion de Metallica et Starway to heaven de Led Zeppelin dans son disque éponyme. Plusieurs années plus tard et après la reconnaissance de leur musique à travers le monde, le groupe peut convier sur scène et sans rougir, Alex Skolnick, connu pour avoir joué dans les formations de Trash Testament et Savatage, soit deux combos que la plupart des spectateurs ne souhaiteraient même pas entendre dans leurs pires cauchemars. Enfin, lors de cette véritable leçon de musique offerte par le duo, Rodrigo en profitera pour jouer des riffs de Seek & destroy de Metallica, Raining blood de Slayer et Cowboys from hell de Pantera. La virtuosité des musiciens et la douceur des sonorités permettent de faire facilement passer la pilule. Les autres influences, jazz et flamenco, ou celles qui concernent des artistes plus particuliers tels que Jimi Hendrix ou Carlos Santana, sont directement intégrées dans les compositions du groupe.

Après environ une heure et demie de jeux, le groupe quitte la scène sous les ovations bien méritées d’une foule qu’on pouvait difficilement attendre sur le papier. Le succès de ce genre de date permet ainsi de contrebalancer la déprime qui peut envahir à la lecture de ce qui se vend le mieux en France en terme de musique.

Rodrigo y Gabriela sera en concert le 20 novembre à Clermont- Ferrand, le 23 à Bordeaux, le 24 à Grenoble, le 26 à Avignon, le 27 à Montpellier, le 29 à Nancy et le 30 à Rouen.

Crédits photo : Phil Abdou

Partager !

En savoir +

Rodrigo y Gabriela : http://www.rodgab.com/
Wallis bird :
http://www.wallisbird.com/

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

4 commentaires

Abonnez vous au Flus RSS des commentaires
  1. 1
    le Samedi 20 novembre 2010
    Domino a écrit :

    Petite précision, le disque où figure les reprises de Led Zeppelin et Metallica n’est pas du tout leur premier album… ;)

  2. 2
    le Lundi 22 novembre 2010
    Amaury a écrit :

    Muy bien por estos excelentes músicos mexicanos, sigan adelante

  3. 3
    le Lundi 22 novembre 2010
    Lion Heart a écrit :

    Découverte de Mlle Bird, remplie d’une incroyable vie, d’une formidable Joie et d’un fantastique sens inné de la scène.

    Oublions, le mot chaotique, qui, de lui même, ne trouve pas sa place dans cet… article, si certains veulent s’égosiller a nommer ce papier de la sorte. C’est peut-être une vague parodie, compilation et restitution de tout ce que l’on peut lire n’importe ou ailleurs, mais certainement pas une critique intéressante ou autre de ce concert et de cette première partie qui restera dans les mémoires des heureux présents. Qui eux, ont pu assister à de la vrai scène, de la vrai musique, de ce qui se fait de plus vivant et humain dans ce genre.

    Bravo Mademoiselle Bird.

    Merci pour cette Joie.

  4. 4
    Yves Tradoff
    le Lundi 22 novembre 2010
    Yves Tradoff a écrit :

    @ Domino : merci d’avoir signalé cette erreur d’inattention – je le savais, je le jure…

    @ Lion Heart : alors, alors, j’ai écrit un « article (seulement entre guillemets), plus une « vague parodie », ce n’est pas intéressant et je devrais checker le définition du mot chaotique. Décidément, merde, ça m’arrive à chaque fois.Tu vois, ce qui me gêne dans tout ça, c’est que tu me sautes à la gorge alors que tu ne prends même pas la peine de justifier ton opinion : « c’est de la vrai musique, de la vrai scène – point final ». Je reconnais volontiers que le moment était agréable – « énergie énorme » et « bonne humeur franchement communicative », tu notes. Après, je le répète, son set était chaotique. Le son de la guitare ne permettais absolument pas de distinguer les mélodies mais uniquement les rythmes. Elle a pété deux cordes en 5-6 morceaux, s’est arrêté au beau milieu de ces morceaux pour se réaccorder et autres, a chanté une partie de ses textes à côté de son micro. Voici des éléments CONCRETS pour dire que son show était effectivement vivant et humain MAIS chaotique. Alors, la prochaine fois, viens ici avec un peu de bonne foi et d’arguments au lieu de venir mitrailler gratuitement – je sais que c’est un des traits du web mais quand même. C’est beaucoup trop facile et profondément lâche.

Réagissez à cet article