Le Grand Souk All VIP

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Un nom intriguant pour ce jeune festival du Sud-Ouest privilégiant la qualité à la quantité. Et même si en 2011 programmer Katerine et Gaetan Roussel n’a rien de bien révolutionnaire, il se dégageait du dossier de presse cette jolie envie de bien faire les choses qui nous a donné envie d’en savoir un peu plus sur eux.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Pierre Ouzeau, directeur du centre culturel de Ribérac et du festival. J’ai été photographe de presse pendant 10 ans et j’ai également fait un bon nombre de photos de groupes pour des pochettes d albums (Burning Heads, Real Cool killers, Headcleaner, Condense, etc…) J’ai couvert des dizaines de concerts et festivals de 87 à 97 tout en commençant à la même période à organiser des concerts. Le milieu associatif est mon école. C’est en partie grâce à ces expériences que j’ai pu prendre la direction du centre culturel en 97.

Comment est né ce festival ?

Si la Dordogne est incontestablement un département riche de plein de bonnes choses, il était jusqu’il y a quatre ans d’une extrême pauvreté quant aux festivals de musiques actuelles. Pour tout dire il n’y en avait… aucun ! Nous avons donc souhaité réparer cette « lamentable erreur » et nous positionner ainsi en Aquitaine aux cotés de Garorock, du Reggae sun ska et de Musicalarue.

Pourquoi un festival de plus ?

C’est sûrement un festival de plus au niveau national, mais au niveau du département c’était enfin le festival de rock que le public des musiques actuelles attendait.

Le public du festival est-donc essentiellement local ?

Majoritairement de Dordogne effectivement. Nous rayonnons aussi sur le bassin Aquitain, mordons sur les Charentes, grignotons le Limousin, attaquons une partie de la Corrèze et du Massif Central.

Quelle est son évolution depuis sa création ?

Le Grand souk est un jeune festival puisqu’il n’a que 4 ans. Qui plus est c’est un festival associatif. L’évolution se fait en douceur et sans une précipitation qui pourrait s’avérer risquée pour l’évènement. Côté programmation, si elle augmente en nombre (une quinzaine d’artistes la première édition, 30 aujourd’hui) elle se personnalise un peu plus chaque année. Le Grand souk est un festival de programmateurs. Nous avons aussi bien sûr accentué et amélioré notre accueil du public tout en le sensibilisant sur une démarche citoyenne. Je ne détaillerai pas ici ce que fort heureusement beaucoup de festivals appliquent pour respecter l’environnement qui les accueille. Au Grand Souk, nous prenons soin de nos piafs et nos coccinelles !

Pourrais tu détailler cette notion de « démarche citoyenne » ?

Le respect de l’environnement à travers le tri des déchets, les gobelets consignés, les toilettes sèches… Sensibiliser le public au respect de soi et des autres.

C’est quoi un festival de programmateurs ?

Un festival de programmateur, c’est un peu comme un menu au restaurant, et ici la bonne cuisine, dire qu’on aime est un euphémisme. Il faut du savoir faire pour préparer un bon repas, d’autant plus quand c’est avec peu de moyens. Il faut de l’imagination, connaître les saveurs, savoir les associer, voire les dissocier sans heurter les papilles, les mettre en harmonie. Un festival de programmateur c’est un repas pensé pour surprendre ! Ce n’est en aucun cas une suite de plats, aussi somptueux soit ils! Certains festivals font penser à des fast food. De luxe, certes, mais fast food quand même.

Quelques chiffres à nous donner ?

380 000 euros de budget. Une équipe permanente du centre culturel de Ribérac de 4 personnes. 150 bénévoles + 50 professionnels (programmation/technique/communication/sécurité…)

Quels sont vos financements ?

25% des collectivités : Ville de Ribérac, Conseil Général de la Dordogne, Conseil Régional d’Aquitaine et de l’Etat
75% d’autofinancement : recettes entrées, buvettes et partenaires privés.

D’où vient ce nom un peu étrange ?

De l’idée d’un souk ! Un endroit où, si on y trouve ce qu’on était venu y chercher, on y trouve aussi ce qu’on n’y cherchait absolument pas ! En somme, y faire aussi la bonne découverte. Un festival est éphémère, un souk le plus souvent aussi… Un souk est souvent en plein air, notre festival a aussi la chance d’être à ciel ouvert. « All V.I.P » est bien sûr une référence à la chanson de Katerine « 100% VIP ». Elle correspond parfaitement à notre envie d’accueillir le public dans les meilleures conditions possible. Nous aimons bien l’idée d’un Very Important Public.

Décrit nous un peu ce que « meilleurs conditions possibles » veut dire ? Quelles sont les différences avec un festival « classique » ? Une bulle géante qui recouvrirait le site du festival en cas de pluie ?

Non pas de bulle géante (rires), le ciel est ouvert et s’il pleut on dira que cela aide nos nappes phréatiques qui en ont bien besoin (c’est aussi ça la démarche citoyenne !) Nous sommes dans un très joli petit parc, avec des arbres centenaires. Un espace découpé par des haies qui nous permettent de créer des ambiances différentes et aussi de séparer les zones de concerts… ça donne de la respiration et offre la possibilité de ne pas être toute une soirée entassés devant une scène le nez écrasé dans le dos du voisin ou les yeux rivés sur un écran géant. Quant à la restauration, je ne vous ferai pas l’affront de vous décrire comment ici, on se régale ! Notre effort tarifaire est aussi à classer dans les meilleures conditions possibles… Mais je laisse la public juge sur ce point.

Stupeflip, Gaëtan Roussel, Bloody Beetroots et Camelia Jordana, c’est effectivement un peu le Grand Souk… Comment s’est faite la prog ?

Certes, comme d’autres festivals, nous avons besoin de têtes d’affiche. Mais nous essayons de faire coïncider nos goûts personnels, nos paris sur les groupes de demain et les envies du public. Un festival c’est cela, sinon ce n’est qu’une suite de concerts. La programmation tient compte des publics : familial avec Gaëtan Roussel ou Camelia Jordana, averti avec Two Doors Cinema Club, the Death Set, Bewitched Hands, Syd Matters, et festif avec par exemple la musique électronique de The Bloody Beetroots. Ce qui fait la qualité d’un festival, c’est de créer une alchimie suffisante pour que ces publics se retrouvent sur des courants musicaux différents et ne restent pas cloisonnés dans leur niche habituelle. Si en sortant du festival le public de Camélia Jordana a découvert et apprécié The Death Set, et vice versa, pari gagné…

Il y a certainement dû y avoir des contraintes budgétaires également. On a coutume de dire que les cachets des groupes sont régulièrement revus à la hausse. Est ce que la programmation a été difficile à boucler à cause justement de ces contraintes budgétaires ? Quelles sont les concessions qui ont dû être faites ?

Notre budget est très serré bien sur. Nous sommes limités dans nos choix mais arrivons à faire malgré tout une programmation qui nous ressemble, que nous souhaitons cohérente et raffinée, sans prétention aucune mais agréable aux papilles (Cf. le cuisinier).

C’est quoi être VIP au Grand Souk ? Il n’y a donc pas de zones réservées aux artistes ou à la presse ?

Il y a bien sûr une zone réservée aux artistes, mais il n’y a pas d’espace VIP partenaires ou autres… Le Parc de Beauvières est accueillant et confortable pour chacun et… tout le monde ! Quand on vient à un festival, on ne vient pas seulement voir des concerts (et pas sur écrans géants, c’est quand même mieux), mais on vient également passer un bon moment. Ce moment, c’est à nous, organisateurs, de le rendre le meilleur possible. Vous donner les adresses de nos caves à vins ? Pas question ! Nos fournisseurs en brochettes de canard ? Et puis quoi encore ? Au Grand Souk nous aimons la musique, mais aussi la qualité de vie. Je vous l’accorde pas forcément pour les canards…

La jauge limitée est-ce un choix délibéré ?

Le choix du parc a, du fait, limité la jauge à 6000. Cela correspondait par ailleurs à l’idée qu’on se faisait d’un événement chaleureux, sans grande transhumance à chaque changement de scènes.

Et vous les faites les 6000 personnes / jours ?

On n’en est pas encore là ! C’est cependant la jauge qui nous semble maximum pour continuer d’accueillir le public dans des conditions confortables que nous souhaitons, et définitivement, lui offrir.

Ton coup de cœur au niveau de la programmation de cette année ?

J’ai le droit à trois ? Syd Matters, The Death Set, The Bewitched Hands

Ton festival préféré hors Grand Souk ?

J’ai le droit à trois ? Le son et l’image ?
- Les Rencontres Photographiques d’Arles
- Les Nuits Secrètes d’Aulnoye Aymeries
- La Route du Rock à Saint Malo.

Quelle est ta plus grande fierté à propos de ce festival ?

De créer une dynamique, un engouement à Ribérac, petite ville de 4000 habitants, de fédérer des bénévoles de tous les âges et issus de milieux différents.

À quoi jugeras-tu de la réussite de cette édition 2011 ?

À la qualité des concerts, mais aussi et surtout au retour du public !

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Du 21 au 23 juillet à Ribérac en Dordogne

Site officiel : http://www.legrandsouk.com/
Teaser : http://vimeo.com/25560538

A propos de l'auteur

Image de : Fondateur de Discordance.

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