Fuck Buttons | la Machine du Moulin Rouge | 29.05.2014

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Fuck Buttons était à Paris, entre quelques dates de festivals, jeudi dernier. Le duo de Bristol enchaînait une poignée de dates en Europe avant de partir circuler aux US pour une tournée d’un petit mois qui les verra principalement visiter le nord du pays. Les deux anglais n’avaient pas d’actualité à défendre, Slow Focus, leur dernier album, datant de l’année dernière, mais c'était avec un plaisir non feint que nous allions témoigner des nombreuses vagues de diamants multicolores orchestrées par le groupe.

FUCK BUTTONS

Car la musique du duo s’élève comme une multitude d’icebergs aux formes géométriques et puissantes, mouvantes, s’allumant de mille vies et tentations différentes. Comme une interminable rampe de glace sur laquelle glisse un immense tapis de cristal qui refléterait mille couleurs d’échos et de profondeur. Des milliers de trapèzes de couleur qui s’entrechoquent dans un ciel grisé d’électricité statique et de sourires distordus.

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Olympians et son océan d’envie : Fuck Buttons évoque les grandes étendues, de celles dans lesquelles on verse une longue cascade de pensées et qui amène une possibilité infinie de chances et de renouveau. Comme s’installer dans une nouvelle ville sans y avoir convié son passé et rêver d’une sélection sans fin de destins qui se broient et s’enroulent dans une étoffe de larsens projetée dans le vent. Fuck Buttons, en live, laisse traîner ses épaisses brumes d’or en les liants les unes aux autres, sans temps morts, donnant des airs de grande cavalcade au set des anglais.

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Une poignée de morceaux des deux premiers albums seront joués (notamment un terrassant Surf Solar), et il est intriguant de constater le contraste entre les morceaux de Slow Focus et le reste du set : plus durs, pulvérisant un noir clinquant et souple, à l’image de la couverture de leur dernier album, le ton monotone et métallique de ces morceaux tend à casser la longue ligne de lueurs fixée par le duo, ce qui se joue souvent à quitte ou double : si Brainfreeze, premier titre du set, amène la tête la première à chuter dans un immense espace de résonance, The Red Wing et sa rythmique carrément distendue fait quelque peu pâle figure. Mais c’est la fin du concert qui claquera façon cramoisi nos petits culs de pénitents : Surf Solar, donc, fondu à Hidden XS, l’une des meilleures pièces du dernier album, et Sweet Love For Planet Earth, qui conclura le rappel. Excellent concert du duo donc, qui n’avait pas spécialement d’actualité à défendre mais qui a fait le boulot d’une manière parfaitement honorable.

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Crédit photos: Rémy Golinelli

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