Battles | La Machine du Moulin Rouge | 15.11.11

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Longtemps, je n'ai plus mis les pieds dans une salle de concert, hormis Pleyel. À La Machine du Moulin Rouge le 15 novembre 2011, le trio new-yorkais Battles était programmé. Mais ce à quoi on ne pense plus quand on fréquente des endroits pour les vieux qui veulent être au lit à 22 h 30, c'est que, dans les lieux branchés, le concert commence à cette heure-là ; deux heures après l'ouverture des portes.

Battles, composé du guitariste et claviériste Ian Williams, du bassiste Dave Konopka et de l’incroyable batteur John Stanier, a un avantage de taille, qui fait oublier l’heure relativement tardive : son inventivité. Les morceaux recherchés et peu accessibles rassemblent un public de connaisseurs, avide de sensations musicales complexes. Par conséquent, aucun élément perturbateur (groupies ou hipsters) n’est venu gâcher la performance du groupe. Bien sûr, il y a ceux qui ont connu Battles avec le nouvel album, Gloss Drop, et/ou par l’excellent clip de My Machines. Ceux-là ont dû être ravis par la setlist. Mais il y a aussi ceux qui ont connu le groupe quand Tyondai Braxton était encore là. Force est de constater que le musicien apportait quelque chose de plus au travail de composition. Ce n’est pas un hasard si le moment le plus intense de la soirée a été l’interprétation d’Atlas, issu du premier véritable album de Battles, Mirrored.

En live, Battles, c’est encore plus bordélique que la version studio. Et si on ne connaît pas le groupe, on peut aisément décrocher, ou même ne jamais entrer dans ce délire expérimental. D’autant qu’au début, le son était trop fort, et les basses trop présentes masquaient les subtilités des phrases musicales. Le bûcheron cogneur aux baguettes souvent tenues à l’envers qui s’excite derrière les fûts, le charleston et la haute cymbale, c’est John Stanier, un grand malade qui allie technique et groove, qui fait s’exprimer son instrument comme personne et qui sublime la puissance des morceaux du groupe. Heureusement qu’il est là, car c’est lui qui donne un sens à l’ensemble. Les deux autres musiciens sont talentueux, mais c’est Stanier qui attire tous les regards et fait bouger les corps.

Les membres de Battles ont trouvé un autre moyen de faire parler les notes de musique avec leur math rock ; l’ensemble peut sembler cacophonique, mais il se cache derrière cet apparent désordre une véritable logique. Quant à leur attitude sur scène, c’est l’inverse : elle est très simple. Même s’ils ne sont pas à l’aise dans l’échange verbal, ils mettent du cœur à l’ouvrage et sont heureux d’être à Paris. Après une heure de concert et une révérence de Konopka, le groupe ne s’est pas fait désirer pour le rappel uniquement constitué de Sundome, en version épique de vingt minutes ! En conclusion, mis à part l’inutilité des vidéos (souvent mal synchronisées) qui passaient pendant certaines chansons, le son un peu fort et quelques moments d’impatience à attendre l’intervention de John, on a passé une bonne soirée en compagnie de Battles.

Une performance cependant pas inoubliable.

Crédits photo : Phil Abdou

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Site officiel : http://bttls.com/

A propos de l'auteur

Image de : Disons-le tout de suite, L. est une passionnée. Barney Stinson a même dit de L. : « Her passion is always suited up ! » Au-delà d’une admiration sans limite pour Jónsi, Ian Curtis, Noel Gallagher, Jamie xx, Sheldon Cooper et Abed Nadir, cette Parisienne nostalgique des débuts de Muse n’a de cesse de satisfaire sa boulimie culturelle, au travers de salles obscures, de salles de concert et de festivals ; mais aussi en se plongeant dans une œuvre littéraire ou philosophique ; et en s'essayant à la photographie dans les rues de Montréal d'abord, celles de Paris ensuite. À l’affût de nouvelles découvertes, L. n’oublie pas qu’elle a été élevée aux vinyles, de Led Zep à King Crimson en passant par The Beatles. L. est musicalement amoureuse de Thom Yorke, mais L. est aussi une amoureuse des mots ; elle aime les lire comme les écrire, puisque la culture ne serait rien sans le partage. Aussi publie-t-elle ses impressions, ses critiques et ses coups de cœur sur son blog, nommé en hommage à la célèbre symphonie de Beethoven: Curse of the Ninth Symphony.

2 commentaires

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  1. 1
    le Lundi 21 novembre 2011
    rinoutte a écrit :

    Une petite info utile ! L’heure de début des concerts n’a rien à voir avec le fait d’être branché. Il y a malheureusement un théâtre à côté de La Machine, qui oblige à commencer les concerts plus tard ;)

  2. 2
    L.
    le Lundi 21 novembre 2011
    L. a écrit :

    Ce n’est pas propre à La Machine du Moulin Rouge. Les salles parisiennes qui programment des concerts pop/rock/électro et tout ce qui marche en ce moment fonctionnent ainsi (I miss Montreal so much…). J’avais l’habitude d’attendre des heures pour un concert, mais depuis que je fréquente Pleyel, c’est dur ;)

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