Comme des Frères : trois hommes, sur la route

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Un roadtrip à la française ? Le pari est risqué et l'épreuve est passée avec brio. Mais Comme des Frères, c'est bien plus que ça.

Boris, Élie et Maxime, tous liés différemment à Charlie. Plus de 900 km ensemble, avec la même destination. Jusqu’où iront-ils pour Charlie ? Jusqu’où peut-on aller pour quelqu’un ?

Comme des Frères

Cette fratrie très spéciale compte trois membres. Le premier est en quelques sortes « le grand frère » qu’on pourrait considérer comme un modèle. François-Xavier Demaison incarne un quadragénaire à qui l’on pourrait tout envier tant sa situation semble idéale, d’un point de vue matérialiste (on se souvient de la voiture et de son écran de télévision). Il possède beaucoup de choses, et bien sûr : il n’est pas heureux.

Le second, trentenaire, prend corps sous les traits de Nicolas Duvauchelle. Un faux dur au cœur tendre, avec bien sur des faiblesses, qui passe le plus clair de son temps à la FNAC « pour faire des recherches ». Plus piquant, plus cynique, il n’hésite pas à se cacher derrière une façade.

Enfin, le dernier mais pas le moindre, le cadet, est naïf et insouciant. Interprété par Pierre Niney, il a ce petit quelque chose de touchant. En effet il est celui que l’on a envie d’aider et de protéger, que l’on ne peut qu’apprécier : à la façon d’un petit frère. Chaque personnage est traité de façon différente sans jamais tomber dans la caricature de ce qu’il est, que ce soit sur le papier ou dans l’interprétation.

Il en est de même pour les lieux. Un roadtrip français, en France ? Sérieusement ? Pourquoi pas nous montrer du rustique du campagnard, de la France profonde et de la Creuse ? C’en est donc fini du nombrilisme parisien ? Oui et non. En près de deux heures, on voit du paysage sans en avoir plein les jambes. Le voyage en vaut certainement la peine : on prend l’autoroute, on reconnaît le Théâtre de l’Atelier à Montmartre, la magnifique place d’Albertas et les ruelles d’Aix-en-Provence, on s’arrête dans un café parisien, puis on se retrouve sur l’autoroute. Bref, on en prend plein la vue.

Comme des Frères (2)

La force du film réside aussi dans l’intelligence de l’écriture. Le gag et la vanne prennent fin au bon moment. Il n’y a rien de plus gênant qu’une blague qui tombe au mauvais moment ou qui s’étend de trop, on peut tous en convenir. Ici, tout est dans la mesure, il n’y a jamais d’excès. On rit à gorge déployée, mais on verse aussi quelques larmes. On se sent libres de se laisser aller là où Hugo Gélin nous mène avec sensibilité.

En un mot comme en cent, voilà enfin une vraie comédie à la fois drôle et touchante, reposant sur un récit émouvant et une interprétation juste et sensible. La caméra caresse les visages et les paysages avec tendresse, et la bande originale est d’une infinie beauté, tandis que les mélodies et les voix se fondent à l’image. La recette idéale pour un premier film aussi réussi qu’attendu.

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Comme des Frères
De Hugo Gélin
Avec : François-Xavier Demaison, Nicolas Duvauchelle, Pierre Niney
Durée : 1h44
En salles le 21 novembre 2012

A propos de l'auteur

Image de : Diplômée d'un Master 2 de Cinéma, musicienne de chambre, chanteuse de salle de bain, humoriste de placard, voyageuse par procuration, photographe amateur au regard amusé, monteuse intransigeante. J'ai un gros souci avec la couleur rouge et j'ai toujours un truc dans les cheveux. Oh, Boy! Manon, mais pas trop. *Twitter *Galerie

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