Salon du livre de Paris 2011

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Avant toute chose, inutile de demander qui était le ou la plus pinté(e) au champagne, qui a roulé sous les tables – en plus, c’était soir de Saint-Patrick – et quels sont ceux dont les oreilles ont le plus sifflé à cause du langue-de-putage le soir de l’inauguration, pour la bonne raison que nous n’y étions pas.

Ce salon du livre 2011 a commencé pour nous le vendredi 18 mars, première et plus grosse journée de la manifestation puisque nocturne avec pas moins de treize longues heures d’ouverture – 10h-23h et des condoléances évidentes envers les exposants – et s’est achevé le dimanche 20 mars avec les pieds enflés et la tête comme une enclume. Réduit à quatre jours et bloqué par la demi-journée pro du lundi 21 mars, le Salon du livre version 2011 l’a joué plus resserré, mais toujours tradi : dédicaces, débats pas très stimulants (« Les écrivains et internet », « Le milieu littéraire est-il misogyne ? »), animations réduites…  Et sinon, l’ambiance ça donnait quoi ?

Qui dit jour de semaine dit grappes d’enfants échappées de groupes scolaires contenus à grand-peine par des instits dépassées : il y a une obligation tacite à laisser la priorité aux enfants, ce qui ne va pas sans heurts sur les stands d’éditeurs de mangas et bande dessinées. En effet, cette catégorie de chasseurs de dédicaces est souvent la plus âpre au gain : pas question de se faire passer devant, certains attendent deux heures debout ou assis sur un pliant, le sac à dos déjà rempli d’un butin conséquent. Le dimanche, certains dessinateurs présents sur le stand de Dargaud craquent un peu en voyant arriver les mêmes têtes qui ont réussi à s’arracher les tickets de loterie pour avoir le droit de prendre place dans la file, ces mêmes têtes retrouvées d’une année sur l’autre et fortement soupçonnées de se livrer à la revente d’albums fraichement dédicacés sur des sites marchands… Dargaud est également de l’avis de tous, le stand le plus mal organisé pour les dédicaces : stagiaires dépassés prompts à engueuler les fans qui attendent leur ticket de loterie, dessinateurs à qui on interdit de dédicacer un album à qui n’aurait pas le ticket correspondant à la bonne file… Pour respirer, il valait encore mieux s’aventurer dans les allées W et aller claquer la bise aux éditeurs BD moins débordés et toujours accueillants. Mention spéciale à Warum/Vraoum où le boss Wandrille Leroy n’a pas hésité à faire péter les Haribo et barres de Lion pour les acheteurs qui attendaient sagement leur dessin et raconter force blagounettes.

Globalement il faut rivaliser d’efforts et d’originalité pour appâter sur son stand le visiteur pressé de croiser des stars. Charlotte Blum – auteur de biographies consacrées à Marilyn Manson ou Nine Inch Nails – aux ongles laquées de bleu et rose fluo, offre des petits beurres tâchés de rouge et frappés du sigle « Dexter » pour vendre son guide de la série sur le serial-killer le plus célèbre de la télé. Chez l’éditeur pour enfants Nanie Iscuit, une mascotte grandeur nature – une sympathique pomme/grand-mère – qui a dû transpirer des litres d’eau se tient derrière son stand ou arpente le salon avec des catalogues de la maison. Chez Nathan, la collection « Backstage » qui fait d’un courant musical un personnage de roman, les auteurs sortent la guitare pour faire un bœuf à intervalles réguliers. Si une nocturne suppose une ambiance décontractée et cool – un afflux massif de trentenaires en goguette a débarqué à partir de 19-20h – on ne pouvait pas non plus parler d’une affluence conséquente, ce qui faisait bien l’affaire des visiteurs naturellement excédés à l’idée de se bousculer pour rencontrer leur auteur préféré. Le parisien était-il dégoûté à l’idée de crapahuter jusqu’aux portes de Paris après sa semaine de travail ?

Pourtant le vendredi comptait son lot de personnalités avec la traditionnelle arrivée en grande pompe d’Amélie Nothomb – tout en chapeau et redingote, accompagnée d’un jeune homme parfaitement assorti à sa tenue – un Michel Drucker qui pose comme il respire et trouve instantanément son meilleur profil et plusieurs hommes politiques – Xavier Darcos, Laurent Fabius pour ne citer que ceux qui nous étaient les plus proches – littéralement assaillis par des photographes ne se déplaçant qu’en bandes et shootant en rafales, qui ont manqué de rendre aveugles toutes les personnes alentour. Harnachés d’objectifs, d’appareils et flashes tous plus gros les uns que les autres, vestes en cuir sur les épaules, leurs arrivées avaient quelque chose de Reservoir dogs avec son armada de mines patibulaires, prêtes à dégager quiconque se trouverait en travers de leur chemin pour prendre LA photo qui tue pour leur agence. Le dimanche après-midi, l’un d’eux n’hésitera pas à nous pousser sans ménagement alors que nous dégustons enfin un sandwich : il veut absolument le fond noir contre lequel nous sommes adossées. Une fois décalées, nous l’observons mitrailler une poignée d’auteurs sud-américains tout en hurlant « Si, si ! Bueno ! Magnifico ! ». Pourtant, ils sont simplement en rang d’oignons contre le mur… Et lui manque de nous piétiner à force de sauter dans tous les sens.

Mais la palme de la dédicace de rock-star de ce salon revient sans conteste à Ingrid Betancourt, venue signer Même le silence a une fin sur le stand de Gallimard. Gardes du corps et énormes cordons de sécurité, vendeurs qui perdent les pédales, le visage de l’ancienne otage des FARC est littéralement noyé dans un magma de flashes et de corps. Dans la file d’attente de ceux qui patientent pour rencontrer les autres auteurs Gallimard présents, une jeune fille bien comme il faut, très Sciences-Po attitude chuchote à sa mère, assez fort pour que tout le monde l’entende que c’est une honte de laisser autant de place à des gens qui ne sont pas de vrais écrivains, c’est que du témoignage et de peoplade en barres, elle fulmine. Puis se tait. Et dit à nouveau à sa mère sur un ton d’enfant studieuse « Sinon, tu crois que je devrai en profiter pour donner mon manuscrit à cet éditeur ? Il sera peut-être plus intéressé que l’autre… ».

Au détour des allées, on découvre un no man’s land avec les stands d’auto-édition : celui de Publibook est énorme, avec une impressionnante quantité d’auteurs vissés à leur table qui attendent les lecteurs, peut-être une des rares occasions où ils pourront vendre sans se démener comme des malades sur le net. Mais le stand est froid, un peu triste, pas très attractif. Celui d’Edilivre, plus modeste, se révèle plus chaleureux, mieux décoré, un espace réduit paradoxalement plus sympathique de part son aspect douillet. En tout cas, assez pour que du monde y stationne régulièrement. C’est dans cette zone du fin fond de la porte de Versailles que je retrouve l’éditeur toulousain Monsieur Toussaint Louverture, un doux dingue qui envoie les épreuves corrigées de ses livres dans des versions superbes : couverture noire glacée, texte en rouge et blanc, plaquette glacée en couleurs avec les informations très complètes… Autant dire qu’on se souvient d’avoir reçu Le dernier stade de la soif, un type qui prend le temps d’imprimer pareilles beautés pour la presse, c’est impressionnant. Dominique Bordes ne va pas par quatre chemins : il veut publier des trésors. Livres restés trop longtemps inédits en France, raretés oubliées et jamais réimprimées, auteurs originaux ou hors-normes qu’on lira encore dans vingt ou trente ans, voire plus. Julien Campredon fait partie de ces rares vivants à être publié chez lui et dédicace son recueil de nouvelles Brûlons tous ces punks pour l’amour des elfes, un ouvrage richement décoré d’eaux-fortes décalées. « Mon prochain dans la maison s’appelle L’attaque des dauphins tueurs ! » Un auteur qui a décidemment le sens du titre.

Dans les curiosités du salon, nous trouvons également un défilé de cosplays le samedi après-midi sur la grande scène, mal assuré comparé aux grands-messes que sont feus le Cartoonist de Toulon ou la Japan Expo. De nombreux blogueurs-otakus retiennent les cosplayeuses de très longues minutes, dirigent les poses, sortent les réflecteurs : les cosplayeurs mâles ont moins la côte et attendent timidement qui voudra les photographier. Suivre les débats s’avère en revanche et comme toujours très pénible : trop de bruit ambiant, trop de lumières, trop de monde, trop chaud. Cependant le débat sur la place du magazine Animeland dans la popularisation de la  japanime en France est interrompu par une jeune fille, toute de noir vêtu qui nous conjure « d’arrêter le nucléaire, qui est en train de faire tant de mal à ces japonais que nous aimons tant ». L’animateur lui reprend le micro et penaud, lui dit que c’est bien d’en parler mais que les gens sur scène n’ont pas forcément les compétences pour lui répondre… Le salon du livre n’a toujours pas cru d’opter réellement pour un système de tables rondes ou des rencontres dans des ambiances salon avec canapé et fauteuils moelleux de rigueur. Seul l’espace « Buenos aires » avec ses tables en marbre et petites chaises offrait un peu de dépaysement. Car au Salon du livre, pas grand-chose n’est prévu pour prendre du repos : un espace bibliothèque pour les enfants à l’entrée garnis de tabourets et encoches pour s’assoir est gardé par d’impitoyables cerbères qui nous sautent dessus « C’est réservé à ceux qui lisent les livres de la bibliothèque. Prenez un livre ou mettez-vous ailleurs. » On manque de leur faire remarquer que la veille encore, il y avait pile à notre place une mère de famille en train d’allaiter son nourrisson… On peut toujours chercher des fontaines d’eau et gobelets, ici ça n’existe pas, idem pour les poubelles qui seraient pourtant bien utiles pour jeter son emballage de sandwich et autres papiers gras. Il faut donc courir aux extrémités du salon et jouer des coudes aux toilettes. Par contre, pour qui veut manger des crêpes au sucre à 3€ pièce, se taper une glace Häagen-Dazs hors de prix ou déguster des huitres et vin blanc, curieusement il y a de quoi…

Enfin on  ne pourrait conclure ce compte-rendu sans dire que le Cherche-Midi nous a offert le champ’ samedi en fin de journée, et que chez P.O.L on peut encore fumer. C’est également le cas Au Diable Vauvert, qui d’année en année confirme son statut du stand le plus cool et accueillant du Salon du livre, à la fois du côté des auteurs et des patrons qui offrent à boire, permettent d’utiliser leur cendrier, savent se rendre disponible à la discussion même aux heures de pointe. Tout ce qu’on attend d’un salon du livre en somme…

Photos: Eva E. Davier

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A propos de l'auteur

Image de : Née en 1981, Chloé Saffy vit à Toulouse. Sur le net, elle est l'auteur du blog My Way Or The HighWay et a collaboré au e-magazine d'opinion Ring. Adore, son premier roman a été publié en 2009 aux Editions Léo Scheer. On peut également la retrouver sur son site : http://www.ohmydahlia.com [Crédit photo: Kelly B.]

1 commentaire

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  1. 1
    le Mercredi 6 avril 2011
    KARIMBHAY a écrit :

    Moi aussi, je crois fortement en l’avenir de l’auto-édition en France… car la vague a déjà fait ses preuves ailleurs aux USA (Etats-Unis), au Canada (Québec), par exemple où des best-sellers littéraires ont été les fruits de l’autoédition ont été ! Voir article : En effet, tout le monde écrit ou aimerait le faire. Le monde évolue à grande vitesse et le nombre des livres autoédités a dépassé en 2009, le nombre de livres édités…! Et si le XXIème siècle littéraire se jouait sur le web ? Et si l’auto-édition était la voie la plus intéressante à long terme ? Car il ne faut pas oublier que c’est une vraie démocratisation de l’écriture ! Justement, des personnes qui écrivent, il y en a beaucoup…et les maisons d’éditions qui ont pignon sur rue et qui croient avoir le monopole des publications, depuis 150 ans préfèrent parfois publier des auteurs connus pour ne pas couler ! Tout est basé sur le business ! Nous les petits écrivains de l’ombre, on n’a du mal encore à se faire connaître mais je crois que le XXIème siècle va marquer ce tournant, cette révolution comme cela s’est déroulée pour la musique et même la politique étrangère lorsqu’on regarde le réveil et la révolution des consciences dont a su faire preuve les peuples des autres pays ! Les maisons d’éditions classiques peuvent très bien publier des navets, ça peut arriver car tout est relatif, tout jugement à l’instant T aussi est à relativiser ! Tout n’est qu’une perception relative des choses sur la plan kinesthésique, auditif, visuel, olfactif et gustatif à l’instant T, dans un monde donné et un contexte déterminé…Tout le monde peut se tromper même un comité de lecture averti et serein !!!!! Donc règle numéro 1 : Ne jamais se décourager dans la vie et persévérez dans toute entreprise…pour qu’écrire reste une passion libre et indépendante et que lire un plaisir dicté par le vent de liberté…et non imposé…

    Et puisque nous discutons enfin objectivement sur l’autoédition et sur sa démocratisation certaine, son avenir plausible….. Il se peut qu’en auto-édition, il existe aussi des livres magnifiques ! Non ? D’après vous ce n’est pas possible ? Rien n’est impossible ! Et puis un succès c’est tellement aléatoire, tu peux avoir du succès aujourd’hui et être oublié demain…. l’inverse est aussi vrai…. car tout évolue… rien n’est figé…Voilà ! J’ai sciemment fait le choix de me faire publier par thebookedition.com… pour le moment c’est le plus avantageux et très moderne : C’est écologique (les livres ne sont publiés qu’à la commande), pas de contraintes d’achat (il n’y a pas de stockage de livres, ni d’obligation d’achat pour l’auteur), et intéressant (tu peux avoir jusqu’à 20 à 25 pour 100 du prix de vente au lieu de 1 à 3 pour 100 chez les éditeurs classiques). Par ailleurs, le livre devient visible et accessible via le net…. et cela permet de faire une diffusion qui dépasse les frontières….le livre voyage à travers la toile et comme un phénix renaît de ses cendre, visite les internautes des pays, diversifie encore plus les consciences et fructifie et mondialise la culture générale !
    Je crois foncièrement en l’avenir de l’auto-édition en France ! Le seul problème c’est que les gens ne sont pas tous encore prêts et synchronisés pour acheter les choses via le web ! Moi je préfère largement l’auto-édition et ne compte pas changer d’avis ! J’incite même tous ceux qui écrivent à se renseigner et à se faire connaître…Je crois que les vrais lecteurs et lectrices humanistes et ouverts savent où se situent les vrais talents ! L’auto-édition est la voie royale du XXème siècle! Elle présente de nombreux avantages ! J’ai publié mes deux livres : un roman autobiographique intitulé Année 2043 : Autopsie D’une Mémoire et une monographie culturelle et historique de l’espace insulaire de Nosy-Bé intitulé Nosy-Bé : Âme malgache, Cœur français chez the bookedition et j’en suis même très ravi et satisfait par leur efficacité et leur honnêteté. J’incite fortement tous ceux qui écrivent à mettre en avant leur talent et utiliser l’auto-édition qui j’y crois fortement sera le futur et le XXIème siècle des livres… le XXIème siècle en Littérature se jouera sur le WEB et non dans les rayons des librairies et les livres ne seront plus le monopole d’un échantillon de critiques littéraires …Le XXIème siècle sera celui du succès de l’auto-édition et des écrivains libres et indépendants ! J’ai un exemple à donner à ceux qui haïssent les auteurs et surtout les petits auteurs qui essayent de garder leurs indépendances d’esprit et d’écriture. Au XVIIème siècle, Colbert, Lully et Louis XIV se sont tous acharnés sur la Fontaine et ils se sont tous trompés ! Car par la suite l’auteur des fables a été immortalisé par l’École de la République 2 siècles plus tard ! J’essaye en tant qu’auteur moi aussi de me faire connaître dans la jungle des publications. C’est vrai que Internet reste un bon moyen moderne pour le faire car la preuve c’est que ce soit en bien ou en mal, le livre fait parler de lui ! Nos livres, nous les petits qui sommes encore à l’ombre, nous les avions écrits avec passion, avec imagination et patience…je comprends que cela puisse irriter quelques criticaillons… d’ailleurs je ne sais pas pourquoi..ça irrite…..;je suis conscient qu’un écrivain n’est pas ou n’a pas été tellement reconnu de son vivant…La vrai reconnaissance vient souvent à titre posthume…..Nous connaissons les cas de Stendhal qui avait dit qu’il ne sera connu qu’à partir de 1935 , de Victor Hugo qui a dû essuyé les critiques poignantes d’un Sainte-Beuve (qui au passage était l’amant aussi de sa femme Adèle !), Honoré de Balzac qui a avait ses détracteurs au XIXème siècle ou la Fontaine au XVIIème siècle qui n’avait pour résumer la situation que le soutien des femmes et du peuple et qui était mal aimé du roi de France et du ministre Colbert, ou encore Musset dont le pièces de théâtre n’ont été reconnues qu’après…, parmi les peintres aussi nous pouvons donner des exemples comme Van Gogh ou Monnet, Cézanne, Courbet et Manet..et bien d’autres encore qui ont lutté à contre-courant, et dont les talents n’ont été reconnus justement qu’à titre posthume par des générations qui ont eu un regard plus objectif, Tout est tellement aléatoire ! Tout est tellement relatif ! Et aucune vérité n’est universelle ! La grande révolution littéraire est en marche à travers l’indépendance retrouvée des auteurs et des écrivains ! Les temps changent et les consciences évoluent ! Vive l’auto-édition libre !
    Le XVIème siècle était celui de l’humanisme, le XVIIème siècle celui de la dramaturgie, le XVIIIème siècle celui de la Liberté, le triomphe de la raison et de la philosophie, le XIXème, celui des romans et de la poésie, le XXème celui du progrès exponentiel, le XXIème siècle sera celui de l’autoédition, de la liberté et l’indépendance des écrivains…
    Pour moi le livre va toujours rester l’emblème du savoir. Ce sont les supports qui changent. Les lecteurs liront toujours….et le monde est en train de passer du matériel au virtuel. C’est nouveau pour nous, mais comme chaque génération est transitoire.. Ce ne sera que du passé pour les descendants du XXIème siècle… et XXIIème siècle…L’homme a d’abord écrit sur les parois des grottes, sur des obélisques, sur des tablettes de pierre ou d’argile, sur des os, sur des papyrus et pour finir sur du papier. Le livre est né lorsque le support de l’écriture est devenu léger et portatif…. un peu comme les ordinateurs aujourd’hui….Les ancêtres des livres sont des tablettes en argile. Les parchemins, les feuilles, les bambous, partout dans le monde à travers les différents continents, les différents supports changent mais le savoir est toujours là, il circule et se confond avec d’autres savoirs…et à l’heure de l’autoédition libre et du numérique, nous sommes une génération charnière qui vivons une longue révolution culturelle grâce à Internet !

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