Revolver | L’Olympia | 25.10.2012

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Il semblerait que jouer à L'Olympia soit le rêve de tout artiste. C'est maintenant chose faite pour eux. Elles étaient là, les huit lettres rouges lumineuses, fières sur le boulevard des Capucines : jeudi soir, Revolver s'est offert l'Olympia, pour la première fois.

La mythique salle parisienne dépouillée de ses sièges d’orchestre a pu accueillir une fosse enthousiaste sous un balcon attentif. Une setlist de dix-sept titres et cinq en rappel pour près de deux heures de concert: de quoi ravir les yeux et les oreilles. Savamment cuisinés par Papooz, duo pop-folk malicieux et complice, le public est fin prêt à savourer sa soirée.

La force du concert réside dans l’alternance brillante de l’acoustique à l’électrique. L’ouverture en trio acoustique confirme la maîtrise du groupe et introduit le public dans la confidence. In dreams titre inédit figurant sur la BO de Comme des frères, est un choix audacieux. La magie opère avec Parallel Lives que le public fredonne déjà. Let Go fait intervenir Maxime Garoute et Mike Clinton et introduit en bonne et due forme l’électricité dans l’enceinte de la salle. Le passage d’un album à l’autre est aussi remarquable, permettant aux anciens morceaux de revêtir de nouvelles couleurs, à l’image de Birds In Dm, plus sombre, et Do You Have a Gun plus dangereuse. La fosse se déchaîne sur Let’s Get Together qui tourne désormais en radio, les fans dansent sur When You’re Away et tous s’émerveillent sur Losing You. Un retour au calme avant la tempête grâce à The Letter qui introduit Leave Me Alone grande disparue depuis deux ans. On surprendra même Ambroise sourire, quand la salle comble le silence qu’il crée à la fin de son couplet.

Sorties un mois plus tôt, les Home Sessions ont teinté le live de sonorités nouvelles. La groovebox s’invite sur It’s Alright avant de s’en prendre avec malice à une reprise de Buffalo Springfield, For What It’s Worth.

La transition avec une partie qui évoque davantage les grands espaces américains est faite par 49 States, au rythme soutenu. Pas de pause, pas de trêve, Untitled #1 se confond avec Get Around Town et s’acoquine avec Gone Gone Gone bien plus nerveux que dans sa version des Everlybrothers.

Tout serait plus simple si l’on en restait là. Mais le groupe déploie la palette de ses talents en proposant une intro semblable à ce que pourrait faire Dire Straits que ce soit dans les roulements à la batterie ou encore les nappes mélodiques au clavier, sur son titre Brothers, avant de finir en beauté sur Wind Song et le rappel prévu (Still et Balulalow).

Sublimé par les jeux de lumière de Damien Vincent, le groupe évolue dans des atmosphères parfaitement adaptées. Des éclairages tamisés avec des petites ampoules sur le devant de la scène pour de l’acoustique intimiste ou de grandes raies lumineuses plus nerveuses et puissantes sur l’électrique.

Côté salle, le public était au rendez-vous. Réceptive et volontaire, la fosse dansait, chantait et battait la mesure. Le balcon, plus timide a porté son lot de téméraires, debout se balançant en rythme avec détermination. Il n’en a pas fallu beaucoup à Christophe, Ambroise et Jérémie pour faire chanter la salle et venir titiller l’avant-scène. À la fin, cette même salle unanime reprenait d’une seule voix les riffs de guitare en guise de rappel. Et quelle ne fut pas leur surprise en découvrant une partie du premier rang armée de pancartes portant les « PA » du pont de Balulalow. Érigeant les panneaux sous les yeux du groupe puis, les brandissant vers la fosse, les habitués ont marqué le coup pour cette première fois.

Bien sûr, personne ne souhaite se quitter de la sorte et le trio se retrouve avec pour seul accompagnement une guitare, presque à cappella, face à un micro à deux têtes, pour quelques morceaux : My Old Self, et les deux magnifiques reprises Nevertheless et How deep is your love.

Sur scène, il ne ressort que des échanges de regards complices, des sourires et le plaisir de jouer, pas la moindre trace d’intimidation. Pourtant, comme le souligne Ambroise en plein concert, ils ont joué ce soir-là devant une salle Parisienne « trois fois plus grande que celle des Rolling Stones » (alors en concert au Trabendo).

Touche à tout et talentueux (guitares, violoncelle, claviers, percussions), excellant autant en électrique qu’en acoustique, Revolver est aussi un groupe live. Magiciens harmonieux et musiciens humbles, ils renouvellent leur catalogue et dépoussièrent les standards.

Une fois encore, Revolver tire et vise en plein cœur.

Revolver | L'Olympia | 25.10.2012Papooz | L'Olympia | 25.10.2012Papooz | L'Olympia | 25.10.2012Ambroise | Revolver | L'Olympia | 25.10.2012Christophe | Revolver | L'Olympia | 25.10.2012Jeremie | Revolver | L'Olympia | 25.10.2012Maxime | Revolver | L'Olympia | 25.10.2012Mike | Revolver | L'Olympia | 25.10.2012Revolver | L'Olympia | 25.10.2012

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A propos de l'auteur

Image de : Diplômée d'un Master 2 de Cinéma, musicienne de chambre, chanteuse de salle de bain, humoriste de placard, voyageuse par procuration, photographe amateur au regard amusé, monteuse intransigeante. J'ai un gros souci avec la couleur rouge et j'ai toujours un truc dans les cheveux. Oh, Boy! Manon, mais pas trop. *Twitter *Galerie

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