Rammstein au Madison Square Garden

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Pour bon nombre d’entre nous, l’association « année 2001 » et « dixième anniversaire » est synonyme de commémoration du 11 septembre. Exception faite de quelques indétrônables groupies dont le sang n’a fait qu’un tour dans les veines à l’annonce, en octobre dernier, d’un évènement scénique majeur en cette fin d’année 2010 : le retour de Rammstein aux États-Unis, via un concert unique – et pour le moins exceptionnel – au Madison Square Garden de New York.

Presque dix ans après leur dernier passage outre Atlantique, Till Lindemann et ses sbires étaient bien décidés à marquer les esprits pour au minimum la prochaine décennie.

Jamais dans les bons plans mais toujours premiers sur les techniques foireuses, l’équipe de Discordance est parvenue à envoyer, en exclusivité mondiale, l’une de ses chroniqueuses sur les lieux des réjouissances. Il faut dire qu’après lui avoir joyeusement cramé son plus beau costume de héron Herr Lindemann lui devait bien ça.

Après avoir assisté au concert d’un œil circonspect depuis les loges VIP, je rejoins le groupe backstage, grâce au bracelet vert qui séduit toutes les portes closes.

J’ai beaucoup de questions à leur poser, notamment le pourquoi du comment du changement de la setlist : alors que Rammstein a ouvert tous les concerts européens sur Rammlied, c’est sur une reprise de Happy birthday to you, mister President que le groupe est entré sur scène ce soir, Richard mimant les paroles, déguisé en Marilyn Monroe, alors que tous les autres membres du groupe portaient des tenues d’Al Qaïda. Entre l’hommage et la provocation, le fossé n’est pas très large, d’autant que le groupe a ensuite joué Amerika trois fois de suite, en version instrumentale la dernière fois car Till, déguisé en avion, était trop occupé à se jeter sur Flake, déguisé en tour, pour assurer la partie chant.

Après cette entrée en matière fort peu conventionnelle, Till a déclaré : « Ach j’ai keine Lust de parler en Anglais pour que vous compreniez ce que je dis ! En revanche, j’ai la Lust de ne chanter que mes morceaux préférés ! ». Le public l’a acclamé. Il faut dire que ça faisait dix ans que les fans US attendaient le grand retour de Rammstein, et il aurait pu leur dire d’aller tous se faire foutre que ça n’aurait pas changé grand chose.

La setlist, (mal)heureusement fort courte fut donc composée de :
Happy birthday to you, mister President
Amerika
Amerika
Amerika – version instrumentale
Bück dich (précédée par une annonce de Till : « Bücke toi l’Amerika, je suis venu avec ma grosse Wurst ! »)
Ich tu dir weh
Bücktabü
Benzin (avec une mise en scène inédite où une gigantesque statue de la liberté est flambée par tous les membres du groupe, à l’exception de Richard, en larmes à ce moment-là.)
Mein TeilAch la Germanie va bouffer l’Amerika ! »)
Bestrafe Mich
Final sur Ohne Dich, chanté par Richard.

La première partie du concert a été assurée par Emigrate, le side project de Richard Z. Kruspe, alors vêtu d’un t-shirt où étaient imprimés les mots « They made me do it, I <3 U NYC » . Le guitariste/chanteur, qui va tout de même sur ses cinquante ans, s’est contenté du playback pour pouvoir être au meilleur de sa forme lors du concert principal.

Lorsque je retrouve les Rammstein dans leurs loges, c’est le branle-bas de combat.
Paul m’explique qu’ils doivent déguerpir au plus vite car même si les fans ont visiblement apprécié le spectacle sans en saisir le côté outrancier, l’ironie n’a pas échappé aux forces de l’ordre qui entendent bien coffrer les Allemands pour leur apprendre comment se passe la vie, outre-Atlantique. Qu’à cela ne tienne, j’embarque avec eux dans leur jet où je parviens enfin à leur soutirer des infos inédites quant à l’organisation du concert et leurs impressions à chaud.

Discordance : Salut les gars. Alors j’aurais une première question… Qu’est-ce que c’était que ce bordel ?

Till (chant) : Ach je ne voulais plus aller en Amerika de ma vie, je déteste l’Amerika, aber les managers m’ont forcé soit disant que c’était bien pour les finanzes du Gruppe. J’ai répété que j’avais keine Lust, mais ils m’ont dit que nous irions quand même ! Ach ! Et bien nous sommes allés !

Donc ça n’était pas du tout un spectacle décalé, vous détestez vraiment les États-Unis.

Totof : (batterie) Moi personnellement je m’en fiche, mais Richard les aime et comme je déteste Richard, je déteste aussi les amis de Richard, par principe.

Richard, toi qui a émigré aux États-Unis et qui vis maintenant à New York, comment vis-tu ce qui vient de se passer ?

Richard : (guitare) : Je peux rattraper le coup. Yes I can. Je dirai que ça n’était pas moi sur la scène avec eux, de toute façon personne ne me reconnaîtra, je m’étais coiffé autrement pour l’occasion.
Totof : Sauf que j’ai pris des photos de toi en train de te coiffer dans ta loge et que je les ai vendues au New York Times…
Richard : Bastard !
Till : Was ?! Tu as vendu des choses à l’Amerika ?!
Paul : (guitare) Laissez Totof tranquille ! Je vous ai déjà dit que c’était pas loyal, de gueuler sur les débiles ! Vous voyez bien qu’il ne peut pas se défendre !

Image de Christoph - Totof - Schneider Totof s’isolant pour aller bouder, j’en profite pour faire cinq minutes de pose-photo en sa compagnie. Au nom de la postérité, et pour illustrer les propos de Paul quant aux défaillances de connexions neuronales de Totof qui se reflètent dans son regard inexpressif.

Je rejoins ensuite le groupe.

Flake, tu as déclaré lors d’une récente interview que tu en avais parfois assez des mises en scènes compliquées de Rammstein. As-tu accepté facilement de te déguiser en tour ?

Flake : Disons qu’au moins, pour une fois, je n’étais pas seul dans la galère. Olli était aussi déguisé en tour. Grâce au diaporama sur l’écran géant derrière nous qui diffusait en boucle des images des sœurs Olsen, je pense que tout le monde a saisi que nous représentions les tours jumelles. Enfin pour moi c’était évident depuis le début, mais les gens étant ce qu’ils sont, il faut parfois insister lourdement pour leur faire comprendre quelque chose. Là où j’ai un peu mal pris ce qui se passait, c’est quand Till, déguisé en avion, a commencé à nous attaquer. Nous étions censés recevoir le même nombre de coups, Olli et moi, mais cet enfoiré a déguerpi backstage et j’ai tout pris à sa place. D’ailleurs au moment où l’une des ailes en plastique que Till s’était collé dessus à la patafix m’a heurté à la nuque, j’ai perdu connaissance. Dans l’euphorie du moment, il en a profité pour me finir à coups de pieds – les roulettes de l’avion, qu’il m’a expliqué ensuite, genre c’était symbolique… Parfois, le symbole, je peux vous dire qu’il me pèse.

Till, n’as-tu pas parfois l’impression d’abuser ?

Image de Till Lindeman Till : Ach tu n’y comprends rien ! Je rentre dans la peau du personnage ! Je fais une chanson sur Fritzl, je suis Fritzl ! Je fais une chanson sur le cannibale, je suis le cannibale !
Flake : Oui ben c’était pas une raison pour me mordre pendant la tournée Reise Reise ; c’était déjà moyen drôle de barboter dans le chaudron…
Till : Je n’ai pas le choix ! Si je suis le cannibale, je ne suis pas à moitié le cannibale !
Flake : Un jour qui ne ressemblera pas aux autres, il finira par me tuer.

C’est noté. Au sujet du reste de la setlist… Nous comprenons l’intro, avec Richard en Marilyn…
Richard : C’était so beautiful !

Ensuite Amerika… Pourquoi trois fois de suite, d’ailleurs ?

Totof : C’est celle que je sais le mieux faire à la batterie, quand je joue les autres parfois je me trompe et alors il arrive que ma main m’attaque…

D’ac-cord… Pour Bück dich, nous avons compris la symbolique, notamment grâce à cette histoire de grosse Wurst lors de ton aparté au public, Till…

Till : Ach, meine liebe grosse Teil…

Et donc enchaînement sur Ich tu dir weh – probablement pour enfoncer le clou quant à vos intentions vis-à-vis de l’Amérique.

Paul : Notons quand même qu’à la base, cette chanson n’a pas été écrite pour ça ; c’était pour décrire la relation entre Richard et Totof.
Totof : C’est moi qui fais du mal, et c’est Richard qui souffre.

Nous commencions à saisir. Et pourquoi Bückstabü ?

Till : Un peu parce qu’il s’agit d’une chanson mystérieuse et très philosophique quand on comprend le sens du titre. Et aussi un peu pour les faire chier – les gens n’aiment pas cette chanson.

Pour Benzin, nous avons également bien compris. Remarquez pour Mein Teil aussi, surtout quand vous vous mettez à dévorer comme des ogres des pâtisseries miniatures représentant la Maison Blanche. Sauf Richard, si mes souvenirs sont bons.

Richard : Je suis au régime.

Quant à Bestrafe mich, notons que le cascadeur qui intervient habituellement sur Benzin s’enroulait dans le drapeau américain avant que vous ne l’enflammiez. Finalement tout semble cohérent, exception faite du final. Richard, tu peux nous expliquer ?

Image de Richard Kruspe Richard : Au cas où on m’aurait reconnu, j’ai essayé de rattraper le coup pour montrer au public que je n’avais rien à voir dans ces conneries. Au moment où les flics sont entrés dans la salle, et que tout le groupe a lâchement déguerpi en coulisses, j’ai pris le micro et j’ai improvisé. Je me suis dit que c’était ma preuve d’amour et de fidélité vis-à-vis de l’Amérique. C’est pour New York que j’ai chanté Ohne Dich – car maintenant que je suis un citoyen américain, je ne suis plus rien sans cette ville. Même si, et c’est là le paradoxe de l’émigré, je me sens tout de même souvent seul quand j’y suis – d’où le mit dir bin ich auch allein. D’ailleurs j’en profite pour vous révéler un scoop en exclusivité quant à Emigrate : le prochain single du groupe va bientôt sortir, et il s’appellera Without You.
Till : Ach, traître !

Après plus de 16 ans de carrière et de collaboration entre vous, comment diriez-vous que se porte Rammstein à l’heure actuelle ?

Totof : Mieux que Richard
Richard : Pas aussi bien qu’Emigrate !
Paul : Mais mieux que tes cheveux !
Flake : Et mieux que mes genoux !
Till : Rammstein a keine Lust.

Certains fans redoutent que cette tournée, qui doit normalement durer trois ans…

Totof : Ça m’étonnerait, Flake et Richard ont de l’arthrite…

… se révèle être la dernière du groupe. Est-ce le cas ?

Till : Ach, j’espère ! Déjà l’Amerika, on n’ira plus. L’Australie on n’est jamais allé. L’Asie, on va faire Hiroshima sur Benzin, on ne devrait plus y retourner non plus. Et l’Afrique, on volera le riz aux Somaliens pour le faire cuire dans le chaudron de Mein Teil et on mangera tout sous leurs yeux, j’espère qu’ils vont comprendre qu’on a keine Lust, pour finir ! Du weisst, ça fait presque vingt ans qu’on essaie de passer des messages sérieux et que les gens considèrent que nous sommes soit des néo-nazis, soit des mangeurs de Wurst et des buveurs de bière. Nous avons fini par leur donner ce qu’ils demandaient.

Ce qui me donne peut-être un élément de réponse pour une question qui divise diamétralement l’opinion. Qui êtes-vous vraiment ? Des génies suffisamment humbles pour avoir un sens aigu de l’auto dérision ou… euh… des gros teubés qui ont eu de la chance ?

Emanuel Fialik (manager) : Les gars ! Ecoutez-moi, on a un problème ! Il n’y a plus du tout de kérosène dans les réservoirs de l’avion ! Il y a des parachutes sous vos sièges, Dieu soit loué, mais il va falloir qu’on saute !

Totof : Et tout ça va encore être de ma faute, qu’on m’a dit de remplir les réservoirs des lance-flammes pour le concert, ce que j’ai fait comme j’ai pu…

Le 6e Cercle

« Toi qui entre ici, abandonne toute bienséance »

Dans l’Enfer de Dante, le 6e Cercle est le domaine des hérétiques, dont le sommeil troublé est veillé par les Furies, femmes-démons coiffées de serpents qui sifflent sur leurs têtes.

Discordance n’assure pas forcément les effets capillaires, mais le 6e Cercle n’hésitera pas à retourner les morts dans leurs tombes pour leur soutirer des informations.

Plus concrètement, le 6e Cercle se veut un terrain d’expérimentation sur de nouvelles formes d’articles qui ne délaisseront pas pour autant le fond du propos qui devra faire au préalable l’objet d’une (sérieuse) analyse.

La seule règle ici est d’abandonner la narration classique et d’adopter un angle de vue original, et étroitement lié à la personnalité de l’auteur.

Amis de la singularité, bienvenue dans votre nouveau repaire !

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Pour la vraie setlist du concert c’est par ici : http://reviews.ticketmaster.com/7171/781114/rammstein-reviews/reviews.htm

A propos de l'auteur

Image de : Enfermée à l’extérieur sur le balcon de la Tour Sombre, Alex trouve parfois le courage de s’arracher à l’emprise du Crimson King. Elle ajuste alors sa longue vue et observe d’un air narquois le spectacle du rock, du cinéma et de la littérature qui déclinent. Il lui arrive quelquefois d’être agréablement surprise, mais c’est rare tant elle est consubstantiellement cynique. Son premier roman, Unplugged, est paru en 2009, puis un second en 2010, intitulé Omega et les animaux mécaniques, inspiré par l'album Mechanical Animals de Marilyn Manson.

9 commentaires

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  1. 1
    le Dimanche 12 décembre 2010
    Princesse Paris a écrit :

    C’est quoi cet article ??
    C’est un poisson de décembre ?

  2. 2
    le Dimanche 12 décembre 2010
    Kisei a écrit :

    Juste merci, j’en ai pleuré de rire! :D

  3. 3
    le Lundi 13 décembre 2010
    Alex a écrit :

    @ Kisei : Merci à toi pour le commentaire, za me donne la Lust pour commencer la Zemaine !

    @ Princesse Paris : C’est tout expliqué dans l’encadré ; cet article inaugure une nouvelle rubrique qui a pour but d’être décalée et originale, sans pour autant verser dans le n’importe quoi sans queue ni tête – alors en l’occurrence ça n’est pas forcément représentatif au niveau du sérieux du fond, mais c’est une review de concert, après tout et à part balancer la setlist, parler du « jeu de scène exceptionnel », de « l’émotion déferlante entre l’artiste et la foule en délire » et des « riffs de guitare puissants », c’est globalement toujours un peu la même chose.
    Notons quand même que la vraie setlist a l’air fort sympathique et qu’a priori, le concert de New York et celui de Montréal deux jours avant ont été filmés, avec la sortie d’un DVD en prévision pour le printemps prochain. Ce qui nous donnera l’occasion à tous d’apprécier la vraie performance !

  4. 4
    le Lundi 13 décembre 2010
    Akhira a écrit :

    Mdr ! Franchement bravo ! J’ai trouvé ce compte-rendu et ton histoire de héron juste a mourir de rire :D

    Paix a ce pauvre héron .

  5. 5
    le Jeudi 16 décembre 2010
    Domino a écrit :

    Cette femme est folle! Abattons la!

    Ah ah, tu écris ça sous acides? C’est fort

  6. 6
    le Samedi 18 décembre 2010
    Seenky a écrit :

    Coucou! Franchement merci pour ces fous rires (qui ont d’ailleurs agacé mon père XD)…
    Moi qui adore rammstein depuis près d’un an et qui deteste pourtant ceux qui « les imites » en se moquant, là, j’adore!! On se demande où trouves-tu toutes ces idées…^^

    A bientôt, et bonne continuation!

    PS : Je me demandais juste, la tournée LIFAD va réellement durer 3 ans??

  7. 7
    le Mardi 21 décembre 2010
    Alex a écrit :

    @ tous-ceux-qui-ont-rigolé-que-ça-m’étonne-que-vous-soyez-aussi-nombreux-mais-je-suis-bien-contente :

    Il existe une possibilité d’en savoir plus.
    Sur le narcissisme de Richard, les manigances de Totof, le manque de Lust de Till, les pas de danse de Flake, la lutte de Paul contre les opprimés, l’absence de charisme d’Olli et la toute puissance des hérons.
    C’est une euh… étude analytique en 14 épisodes.
    Ca s’appelle Sauerkraut.

    Et c’est ici :

    http://thisisntmeimnotmechanical.blogspot.com/2010/08/sauerkraut-1.html

    Joyeux noël !
    (Ouhlala tu parles d’un cadeau…)

  8. 8
    le Jeudi 23 décembre 2010
    serge a écrit :

    Impressions de Madisson Square Garden – version courte: le publique a ete comme les musiciens – pas vivant. J’ai suivi Rammstein depuis 1997, quand j’ai entendu « Das model ». J’ai vu leurs concerts on DVD, j’ai pas eu l’argent pour aller les voir (j’ai ete en Roumanie). Maintenant, apres 13 ans j’ai eu l’occasion de les voir ici, a New York, mais le publique a pas ete au niveau du publique que j’ai vue au concert de Nimes ou Liverspool (2007) ou Barcelone (2004). Je suis desole! Le publique a ete tres calme! J’ai entendu juste quelques fois « RAMMSTEIN, RAMMSTEIN » et 80% c’etait quand je criait. Je pense que maximum 50% du participants savait ce qu’il allait voir au concert. Les autres 50% ont ete la seulement parce-qu’il etait un concert. J’ai jamais vu a un concert un publique si calme!!!

    Et les chansons de RAMMSTEIN?! P**n (excuse my french) mais ils pourrait chanter mieux que ca!

    J’attend le moment quand j’irai la posiblite de voir un VRAI concert RAMMSTEIN!

    Public, shame on you!
    Rammstein, the concert in America was not just for Americans! Je veux vos voir depuis 13 ans, et c’est juste maintenant que j’ai eu la posibilite! Pour moi et pur autres 100 personnes qui ont paye plus que double prix pur le billet pour vour vraiment voir, vous auriez pu chanter meilleur! Le concert de New York n’as pas ete ce que j’ai vu a Nimes/Berlin/Barcelone!

  9. 9
    le Jeudi 23 décembre 2010
    serge a écrit :

    (je vous prie d’excuser mon francais, il y a quelque temps depuis quand j’ai ete un engenieur en France :) )

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