Le Printemps de Bourges

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Premier "gros" festival de l’année, le Printemps de Bourges inaugure traditionnellement la saison en mettant l’accent sur les découvertes tout en proposant quelques têtes d'affiches assez savoureuses.

Samedi 21 avril

bourges1Petite ville du centre de la France, Bourges se transforme l’espace d’une semaine en une fourmillière où se mélangent public, artistes et professionnels des médias et de la musique. Les différentes salles de spectacle qui s’étirent sur les rives de l’Auron sont reliées par un continuum de stands de toutes sortes, des chichis à la tartiflette en passant par les hamacs !

A côté du festival à proprement parler, des scènes en plein air accueillent des groupes plus modestes, les découvertes de la région notamment…

Nous traversons ce véritable village pour rejoindre la salle du Phénix où se produiront ce soir Mademoiselle K, Cold War Kids, Maxïmo Park, Phoenix et Bloc Party, groupes qui ont déjà beaucoup fait parler d’eux ces derniers mois.

C’est dans une tenue de scène particulière (un corset-dos nu en latex ?) que Mademoiselle K inaugure la soirée. La plupart des titres sont extraits de son premier album dans lequel elle revient sur quelques unes de ses déconvenues (son CAPES qu’elle a raté…) avec humour, elle qui aimerait tellement signer des autographes ( Ça me Vexe ).

Une meilleure expérience de la scène aidant, Mademoiselle K a gagné en confiance et nous sert un son résolument rock, sans réellement jouer de sa féminité.

Déjà croisés aux Transmusicales 2006, les américains de Cold War Kids feront malheureusement les frais de mon passage à l’espace pro, et je n’assisterai qu’à Hang Me Up To Dry, un titre aux riffs torturés sur lequel le chanteur Nathan Willet ne craint pas de monter dans les aigüs. Sur d’autres titres, le piano et le tambourin sont bien présents pour un style vintage qui nous transporte du côté de la route 66.

C’est avec impatience que nous attendons d’apercevoir le chapeau melon de Paul Smith, leader so british de Maxïmo Park, groupe de Newcastle rodé à la scène et dont le second album épicurien Our Earthly Pleasures vient de paraître. Ce sont pourtant majoritairement des morceaux du premier album ( A Certain Trigger disque de platine en Angleterre) qui seront joués à toute allure ce soir, notamment les singles Apply Some Pressure, Graffiti et l’excellent Limassol .

Le sautillant Paul trouve le souffle pour chanter juste et éclipse un peu les autres membres du groupe, dont le batteur qui a l’air de sérieusement s’ennuyer. Les nouvelles livraisons Russian Litterature, Box From Boxes ou Parisian Skies (« écrwit en Frwance ! « ) sont moins tubesques que le single Our Velocity mais gardent une certaine urgence bien rendue sur scène.

interview_bloc_partyCe sont définitivement nos Phoenix nationaux qui raffleront la mise ce soir, en très grande forme après leur récente tournée Australienne. Accompagnés sur scène par un batteur et un clavier, le groupe démarre son set avec Napoleon Says, également le premier titre de leur troisième album, It’s Never Been Like That .

On sent effectivement le contraste entre If I Ever Feel Better, le tube groovy de 2001, et des morceaux récents tels Rally ou Sometimes In The Fall, plus incisifs. Thomas Mars n’a pas peur de lâcher sa voix, jusqu’à frôler la surenchère sur les fins de phrase. On est cool ou on ne l’est pas.

La surprise de la soirée sera la reprise (c’est en fait Thomas qui chante la version originale) guitare/voix de Playground Lover, le morceau réalisé par les amis Air pour le film Virgin Suicides . Le public se montre très réceptif à l’énergie du dernier titre, le survolté Second To None et tout laisse présager que ce groupe réputé plus aimé à l’étranger qu’en France s’est réconcilié avec ses compatriotes. Thomas a d’ailleurs reconnu à la radio que les français étaient devenus le meilleur public du monde .

L’époque étant décidemment aux seconds albums, c’est au tour de Bloc Party de défendre le sien, A Weekend In The City . Un disque et un songwriting plus sombres, marqués par les tribulations citadines du groupe et le choc des attentats londoniens (Waiting for the 7:18). Sur scène, le résultat est à la hauteur des espérances, on retrouve les guitares lancinantes de Silent Alarm sur Helicopter et Banquet, et le batteur Matt Tong ne lâche rien. Les éclairages sont réussis et apportent un supplément de peps.

Toutefois, I Still Remember ne décolle pas plus sur scène que sur l’album. Le groupe reviendra pour un rappel autour de quelques titres fédérateurs du premier opus.

Après une dure journée de concerts, l’heure est à la détente pour les « vi-aï-pies » et autres accrédités. Un chapiteau, le fameux Magic Mirrors, a été aménagé en piste de danse art-déco, où un DJ fait le grand écart entre rock 50′s et les Dead 60′s.

L’occasion d’épier le déhanché d’une partie du gratin parisien et d’admirer Kele et Matt de Bloc Party pogoter sur la piste !

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A propos de l'auteur

Image de : Depuis 2004, Julia parcourt les festivals et les salles de concerts en quête de sensations musicales fortes et affiche un net penchant pour la scène indépendante montréalaise, le folk, l'électro et le rock. Malgré une enfance biberonnée à la culture populaire des années 90, sa bibliothèque ITunes n'affiche presque rien entre 1985 et 2000. Repêchée trois fois par le vote du public, Julia anime désormais la rubrique Musique avec Pascal et Laura. "Discordance m'a sauvée". Mon blog / Twitter

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