Gregory Porter | Metz | 22.05.2014

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Gregory Porter se produisait pour la première fois à Metz dans la salle Arsenal, le 22 mai 2014. Accompagné de ses musiciens, le californien d'origine est venu nous apporter un peu de soleil, de l'énergie et beaucoup de douceur. Le public lorrain l'a accueilli à bras ouvert.

En grandissant sous le soleil de la Californie auprès d’une mère pasteur et de ses frères et sœurs, Gregory Porter s’est trouvé ; parmi les disques de Nat King Cole, une figure paternelle et une influence majeure dans la musique qu’il porte aujourd’hui. Imprégné de celles de Marvin Gaye, Donny Hathaway, Ella Fitzgerald, ou encore Gil Scott-Heron parmi eux, le chanteur fait de son univers musical, un mélange soul/jazz teinté de nuances grooves/gospels. God bless this Child a cappella, sur son premier album l’atteste.

Gregory a une voix fascinante. D’abord par sa tessiture baryton ensuite par sa capacité à chanter n’importe quel style musical. D’une carrure impressionnante, costume trois pièces et passe montagne/casquette visés sur la tête, on reconnaît aujourd’hui son style bien particulier.

Avec déjà trois disques à son actif, Gregory a vu sa carrière musicale décoller véritablement lorsqu’il a atteint la quarantaine. Après une blessure à l’épaule au football américain qui l’a contraint à s’éloigner du milieu sportif, il s’est produit dans des petits clubs de jazz. Sa rencontre avec le musicien Kamau Kenyatta fut précieuse pour sa carrière. Ce dernier deviendra son mentor. Gregory participe sur à un disque en hommage à Nat King Cole en 1998. À partir de là, tout se bouscule. Comédies musicales. Deux albums solo. Grammy Awards. Collaborations avec d’autres artistes (Robin Mc Kelle, David Murray, Stéphane Belmondo,…). Avec son troisième album Liquid Spirit, Gregory se fait, enfin, connaître au grand public. Ses passages dans différentes salles aux quatre coins du monde, se retrouvent très vite complets (ou presque !).

Sur l’affiche, on lit Gregory Porter, mais il ne se produit jamais seul. Son quartet de musiciens, apporte lui aussi sa pierre à l’édifice. Lors du concert, les notes du saxophone de Yosuke Sato volent si haut sur On my way to Harlem que sa prestation donne la chair de poule. Emanuel Harrold mène le rythme aux baguettes, tout au long du concert. Work Song est grandement apprécié par le public. Chip Crawford donne cette note mélancolique à Wolfcry. Aaron James et sa basse se font discrets mais sans eux, l’introduction de Be Good (Lion’s song) perdrait tout son sens.

Le plus brillant élément de cette soirée est l’imbrication judicieuse de Hit the road Jack de Percy Mayfield, en plein milieu de Lonesome Lover de Max Roach. Propulsé par Nina Simone dans les années soixante, Work Song marque le clou de la soirée s’étalant sur plus de dix minutes… Du miel pour nos oreilles. Les différentes générations que nous sommes dans la salle apprécions grandement le solo d’Emanuel. Son jeu se termine par un tonnerre d’applaudissements du public.

Gregory use de son don, de sa voix de baryton, pour nous émouvoir et nous émerveiller tout au long du concert. On se délecte de ses ballades amoureuses (Hey Laura), jusqu’aux plus électriques (Liquid Spirit) et rageuses (1960 What?). Catégorisé Jazz, l’univers de Gregory est pourtant multiple. Il ne se contente pas de rester dans un style mais introduit différents courants musicaux. Celles-ci sont diverses par ses influences groovy, soul-jazz,… Depuis Water sorti en 2010, Gregory s’efforce d’écrire son propre style. Aujourd’hui, on peut dire que le quadragénaire a réussi.

Si vous aimez la black music et de ce qu’elle engendre. Si vous avez l’occasion cet été, d’assister à un concert de Gregory Porter lors des nombreux festivals de jazz, allez-y, fermez les yeux et écoutez… La soirée vous semblera si courte… Mais quel bonheur pour nos oreilles!

Crédit photos : Léna T.

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A propos de l'auteur

Image de : Issue des industries graphiques, je collabore occasionnellement pour Discordance, l'œil au viseur avec carnet & stylo dans ma poche.

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