Festival This Is Not A Love Song – le petit Primavera français | Paloma | Nîmes (29-30-31.05.2014)

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Seconde édition pour le festival nîmois de musique indépendante This is not a love song. L’année dernière nous avions exprimé notre joie de voir un tel festival prendre place dans le sud de la France, au meilleur moment pour ramener des artistes internationaux (c’est-à-dire pendant le festival Primavera).

Même si la première édition n’avait pas été la réussite totale au niveau des entrées, l’équipe de la Paloma épaulée par l’association Come on People n’a pas baissé les bras et nous a pondu une programmation aux petits oignons, plus pointue, sur 3 jours au lieu des 4 soirs de 2013.

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Et pour ne pas en rester là, ils ont ajouté une 3ème scène à l’extérieur de la structure et 3 concerts gratuits par jour sur cette même scène dès 14h avant la soirée, bien entendue, payante. Rien de mieux pour rameuter les curieux.
Et pour partir sur de bonnes bases, les 2 premiers soirs et le pass 3 jours affichaient complets quelques jours avant le début des festivités !

Alors Tinals #2, c’était quoi ?

Une ambiance détendue, du rock sous plein de formes les premiers soirs, une ambiance festive le samedi avec les sonorités nu-disco de New York, les anciens qui s’imposent en valeurs sûres, des jeunes qui en veulent, des moments uniques, des claques sonores imprenables en dehors d’un live, des groupes qui nous font oublier toute fatigue, etc … La curiosité est reine, le paradis pour tout amateur de musique indépendante !

Ty Segall
Ty Segall

Commençons par les grosses claques !

Le rock constituait une bonne majorité de la programmation du festival, normal donc qu’un de nos concerts préférés de ces 3 jours soit du bon gros rock. Les grungy Speedy Ortiz et les Man or Astro-man ? qui nous ont envoyé en orbite ont clairement assuré mais la claque intersidérale viendra du divin Ty Segall : du gros son garage bien fort, bien généreux, viscéral et de qualité ! Les amateurs de riffs ont été servis quasi sans temps mort et on est déjà en manque !

Pour ce qui est de la claque sonore, c’est Suuns qui s’imposera en ce qui nous concerne avec un son lourd et écrasant enveloppé de nappes et boucles synthétiques lentes et massives sous un nuage de riffs orageux comme on en entend peu. Le groupe prend en live une autre dimension et gagne clairement en densité, et là c’était juste époustouflant.

Suuns
Suuns

Un bon festival n’est rien sans des découvertes de jeunes artistes émergents et qui en veulent ! Et là, on a pu faire confiance aux programmateurs, des talents, on en a eu ! Premièrement avec la mancunienne Findlay qui nous fera penser à une Lilly Allen dans l’attitude et une Florence + the Machine gueularde dans la voix avec des instrus de bon goût façon The Kills ou White Stripes selon les morceaux ; la sympathique australienne Courtney Barnett et son rock folk efficace et plein de petites histoires que nous avions déjà repéré il y a quelques mois, et qui a clairement répondu à nos attentes malgré l’absence de son batteur ; les français de Rocky que l’on aurait cru venir tout droit des dancefloors nu-disco de Brooklyn au côté de Hercules & the Love Affair ou les surprenants Jungle liant new wave et soul, entre Metronomy et TV on the Radio, qui ont réussi à faire danser tous les curieux qui n’étaient pas devant Cat Power qui passait au même moment. Tous des vraies surprises que nous suivrons avec attention, notamment Jungle qui devrait sortir un album sous peu, que l’on espère futur album de l’été !

Rocky
Rocky

Les anciens n’étaient pas en reste et sont toujours aussi diablement efficaces comme les légèrement assagis Brian Jonestown Massacre et l’explosif et bien nommé Jon Spencer Blues Explosion qui ont satisfait au mieux le public qui avait répondu largement à l’appel. Mais ceux qui nous marqueront le plus, c’est le groupe post punk The Fall.

Toujours actif depuis les 70’s, leur post punk n’a guère vieilli, mais la marque de fabrique du groupe au final reste ce personnage unique et pas net qu’est Mark E. Smith, le chanteur au chant sardonique dégueulant ses textes au public. Éméché ou non, il nargue l’audience, sabote son propre groupe en démontant certains instruments, changeant les réglages des amplis devant tout le monde ou juste en s’en foutant de ce qui se passe, regardant ailleurs, cherchant des feuilles, posant arrogamment. Bref, on s’en fout également, on prend notre pied devant tant de mépris !

The Fall
The Fall

Des moments uniques, on en a eu aussi avec les atmosphériques et bien nommés Slowdive, le tchatcheur Astronautalis et ses chansons introspectives, ainsi que la fragile Cat Power qui nous a mis mal à l’aise. Là où Slowdive nous invitait à un trip atmosphérique à coup de grandes envolées, avec Cat Power nous sommes restés plus sur terre. Chan Marshall avait l’air dérangée dès le début. A tel point que derrière notre appareil photo, on n’osait pas appuyer de peur de l’effrayer avec le bruit de l’obturateur. Elle dégageait une insécurité telle, que ça en était contagieux. C’était dommage, parce que ce que l’on entendait été beau, très beau, même si on était un peu déçu de ne pas la voir avec son groupe. Ça l’aurait peut être soulagé d’une certaine pression, et nous aussi.

Rich Aucoin
Rich Aucoin

Parlons un peu plus du dernier jour, celui qui malheureusement n’a pas eu autant de succès que les précédents. Manquant peut être de tête d’affiche/valeurs sûres. La journée a pourtant bien commencé avec Rich Aucoin, un canadien qui, dès 17h, a su amené le brin de folie qui manquait un peu au festival, et surtout aux après-midi ouvert au public, en se mêlant au public, dansant avec lui, le faisant participer. Peut-être un signe pour cette soirée, qui allait être bien plus, beaucoup plus, remuante que les autres.
Parce qu’avec Holy Ghost s’étant transformé en usine à tubes nu-disco en live, et les excellents Rocky dont nous avons parlé un peu plus tôt, TINALS s’était transformé en dancefloor New Yorkais !

Le point culminant de la soirée étant WHOMADEWHO. On se disait qu’en les ayant déjà vu, on allait regarder le début puis se laisser aller à la curiosité avec Golden Teacher qui passait en même temps. Mais quelle erreur d’y avoir cru … !
C’était tellement bon, que nous n’avons pu décrocher. Ces alchimistes danois ont la formule pour nous faire danser, grand sourire et passer un super moment que l’on peut difficilement expliquer. Pur moment de bonheur simple.

Temples
Temples

Bref, 3 jours, il y a encore de quoi en parler pendant des pages et des pages avec les brouillons Black Lips, l’anecdotique Lee Ranaldo, les difficiles d’accès Neutral Milk Hotel, l’expéditive Sky Ferreira ou Temples en 2 teintes et j’en passe encore beaucoup malheureusement.

Mais au-delà de la musique, on retiendra cette ambiance détendue -vraiment rare dans un festival- les 2 premiers jours, tout particulièrement l’après-midi avec même des enfants un peu partout, jouant entre/pendant les concerts et s’occupant sur les ateliers de confection de cerf-volant. Le climat festif et hédoniste du samedi soir. Et pour couronner le tout, majoritairement du beau temps et tout ce qu’il fallait au bar (3 variétés de bières, 9 vins, etc …)! Bref, un avant-gout de vacances dans le sud.

On se sent décidément bien à la Paloma.

 

Galerie de très nombreuses photos signées Cédric Oberlin et Olivier Audouy (photolive30) à venir!

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A propos de l'auteur

Image de : Passionné de musiques électroniques et synthétiques, il est toujours en quête perpétuelle de sons et de vagues de boucles synthétiques qui l'accompagnera de longues heures. Grand rêveur originaire des Bouches du Rhône (13) voguant à présent dans les îles de France, il cherche à partager ses coups de coeur par tous les moyens possibles.

3 commentaires

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  1. 1
    le Mardi 10 juin 2014
    Geoffrey a écrit :

    Et pas un mot sur Har Mar Superstar et Rodrigo Amarante? Pourtant, leurs performances étaient vraiment épiques!

  2. 2
    Cédric
    le Mardi 10 juin 2014
    Cédric a écrit :

    Malheureusement je ne pouvais pas me diviser en deux :(
    Il y avait Ty Segall que j’ai vraiment kiffé comme je l’ai écrit en même temps qu’Har mar Superstar. Et Rodriguo Amarante, c’était en même temps qu’Earl Sweatshirt, dont je n’ai pas pu m’étendre ici.

    J’espère avoir la chance de me rattraper une autre fois!

  3. 3
    le Samedi 20 février 2016
    DidierFontaine a écrit :

    Continuez comme ça ; un post très chouette! Je partagerais. Retrouvez ici les visites virtuelles interactives de biens immobiliers

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