Beginners

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Mike Mills est un cinéaste, graphiste, qui a réalisé de nombreux clips vidéo (notamment pour Air, Moby ou Yoko Ono), des publicités (Levi's, Volkswagen, etc.) des courts métrages, des documentaires et des longs métrages (Âge Difficile Obscur, son premier film sorti en 2005, a gagné plusieurs prix aux festivals de Sundance et de Berlin). Il a également conçu des pochettes d'albums (pour Sonic Youth et les Beastie Boys, par exemple) et a travaillé pour des marques comme Marc Jacobs.

Image de Beginners - Mike Mills Si l’on s’attarde autant sur le réalisateur de Beginners, c’est qu’il a mis beaucoup de lui dans son film. Le personnage principal, Oliver, joué par le toujours très bon Ewan Mc Gregor (Les Chèvres du Pentagone, I Love You Philip Morris, The Ghost Writer), lui ressemble : il est illustrateur (les dessins sont de Mike), il a également perdu sa mère et vécu ensuite le coming out de son père de 75 ans mort à 80 ans, magnifiquement interprété par Christopher Plummer (L’Imaginarium du Docteur Parnassus, Syriana).

Hormis la relation père/fils donnant naissance à quelques scènes d’une beauté délicate et touchante, Mike Mills a imaginé l’histoire d’amour d’Olivier et Anna. Mais après une jolie première rencontre muette, idéale pour le jeu de Mélanie Laurent (La Rafle), les idées sont mal exploitées et le film ne trouve pas son équilibre entre un chien philosophe qui parle (sous-titrage), des flashbacks, une voix off, des cartes postales en guise de repères historiques… De plus, le personnage d’amant gay trop caricatural — Goran Visnjic (vu dans un segment de New York, I Love You, mais surtout dans la série Urgences : Dr Luka Kovac) — fait partie des détails qui peuvent éloigner le spectateur du film.

Et pourquoi Beginners ? Parce que les êtres humains recommencent toujours : une relation, un travail, une dépression, un deuil… La moralité, c’est que la vie est un éternel apprentissage et qu’il ne faut jamais renoncer, la reconstruction étant possible. Pourquoi pas. D’ailleurs, sur ce thème et celui de la solitude, Mills n’a rien à envier à Sofia Coppola et son décevant Somewhere. Mais la fin trop optimiste de Beginners n’est pas tout à fait cohérente avec ce qu’on a vu de la relation amoureuse.

Un film trop léger malgré des qualités indéniables. Dommage.

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A propos de l'auteur

Image de : Disons-le tout de suite, L. est une passionnée. Barney Stinson a même dit de L. : « Her passion is always suited up ! » Au-delà d’une admiration sans limite pour Jónsi, Ian Curtis, Noel Gallagher, Jamie xx, Sheldon Cooper et Abed Nadir, cette Parisienne nostalgique des débuts de Muse n’a de cesse de satisfaire sa boulimie culturelle, au travers de salles obscures, de salles de concert et de festivals ; mais aussi en se plongeant dans une œuvre littéraire ou philosophique ; et en s'essayant à la photographie dans les rues de Montréal d'abord, celles de Paris ensuite. À l’affût de nouvelles découvertes, L. n’oublie pas qu’elle a été élevée aux vinyles, de Led Zep à King Crimson en passant par The Beatles. L. est musicalement amoureuse de Thom Yorke, mais L. est aussi une amoureuse des mots ; elle aime les lire comme les écrire, puisque la culture ne serait rien sans le partage. Aussi publie-t-elle ses impressions, ses critiques et ses coups de cœur sur son blog, nommé en hommage à la célèbre symphonie de Beethoven: Curse of the Ninth Symphony.

2 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 16 juin 2011
    Christopher a écrit :

    Somewhere pourra au moins de targuer d’être un film réfléchi et surtout fini, ce qui n’est pas franchement le cas de Beginners qui possède des belles idées, mais ne les exploitent pas. La langueur de Somewhere et le jeu des acteurs étaient au moins déjà plus convaincants.

  2. 2
    L.
    le Jeudi 16 juin 2011
    L. a écrit :

    Somewhere réfléchi ? Ok. Fini ? Ce ne serait pas l’adjectif qui le qualifierait le mieux, selon moi.
    Quant aux jeux des acteurs, je trouve que le trio est à la hauteur et fonctionne. Pas de comparaison possible, toujours selon moi.

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