The Two, tout en harmonie

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The Two, c’est d’abord l’histoire d’une rencontre. Celle d’Ara Starck et David Jarre. A l’époque, il y a sept ans, Ara est peintre, David est magicien.

Mais la musique va très vite s’imposer comme le lien évident entre leurs deux univers. Une union artistique qui se solde bientôt par la composition d’un premier album éponyme, porté par le single I wanna be with you again, douce ballade romantique aux sonorités résolument pop-folk. The Two, deux êtres, deux personnalités qui se complètent et qui ne forment plus qu’un au rythme des accords de guitare et des mélodies.
À une semaine de son concert au Café de la Danse, il était temps pour nous de rencontrer le duo et d‘en savoir plus sur la naissance du projet The Two. Rendez-vous est pris avec les artistes à la terrasse d’un café de Châtelet. Morceaux choisis d’un entretien à l’image du groupe, intimiste, mais tout aussi généreux.

Avant the Two, Ara tu étais peintre et David tu étais magicien. Comment on en vient à la musique ?

David : Je fais de la musique depuis que je suis tout petit, avant même la magie donc ça a toujours été ma première passion. La musique a toujours fait partie de moi, même pendant les années où je faisais de la magie. C’est la voix d’Ara qui m’a donné envie de m’associer à elle pour écrire des chansons. Car il faut savoir qu’Ara est sans conteste la meilleure imitatrice de Piaf ! (Rires)

Ara : De mon côté, je n’avais jamais vraiment fait de musique. J’étais dans mes pinceaux depuis toujours. Quand j’ai rencontré David il y a sept ans, je savais qu’il était magicien, mais très rapidement, c’est-à-dire deux jours après notre rencontre, j’ai compris surtout qu’il était musicien et qu’il avait un besoin vital de composer et de jouer de la musique. Ça m’a complètement scotchée ! Et quand je peignais, David venait parfois me voir. Il m’accompagnait en faisant des gammes, des solos. Il était dans son monde et moi dans le mien jusqu’au moment où je me suis rendu compte qu’une exposition de portraits que j’avais faits en 2008 avait été entièrement composée pour moi grâce à la musique de David. En fait, David a fait la bande-son de l’exposition et c’est comme ça que nos deux disciplines et univers ont commencé à s’entremêler.

Vous avez toujours baigné dans un milieu artistique par le biais de vos parents. En quoi ça vous a influencé ?

David : En ce qui me concerne, je baigne dans un milieu artistique depuis que je suis tout petit grâce à mon père et mon grand-père. Je traîne dans les studios d’enregistrement depuis mon plus jeune âge. Forcément ce sont des choses dont tu t’imprègnes quand tu es gamin. C’est pareil pour les enfants qui grandissent au sein du cirque Bouglione par exemple. Ils évoluent au milieu des chevaux, des tigres, des trapèzes, donc forcément il y a une attirance qui se créé automatiquement.

Ara : C’est sûr qu’on n’est pas comptables et ça vient forcément de quelque chose !

Votre album est très intimiste et authentique, avec un jeu sur les harmonies, tant des voix que des sons. Comment l’avez-vous composé ?

David : Tout a commencé avec la chanson I wanna be with you, le premier morceau qu’on a composé ensemble. Ensuite, on a rencontré Wagram. On s’est tout de suite enfermé en studio. Le projet The Two est donc parti de quelque chose de petit pour devenir grand. C’est normal que notre album soit intimiste parce qu’il relate comment le projet a été fait et comment il est né. Aujourd’hui, on fait beaucoup plus de concerts, on joue à quatre sur scène. Le projet prend de l’ampleur, notre son aussi et je pense que ça va nous permettre d’explorer de nouveaux horizons pour le prochain album.

Ara : Tout le processus de la naissance de l’album, et même du projet The Two, a été très organique. Il n’y avait rien de prémédité, mais généralement quand les choses finissent par sortir, c’est qu’elles macéraient depuis longtemps. En fait, lorsqu’on était en studio, on était comme dans un laboratoire. Beaucoup de personnes ont cru qu’on avait eu envie d’être que tous les deux pour composer le disque. Alors qu’en fait ce n’est pas du tout ça ! On savait où on allait. On avait la même vision des choses. Par contre, toutes les étapes qui allaient nous amenaient au résultat final, on ne les connaissait pas. Certaines chansons, comme In my head, ont été créées au moment du mixage. Pour le deuxième album, je pense qu’on sera plus à même de faire appel à des personnes extérieures, mais à l’étape où on était, je ne vois pas comment quelqu’un d’autre que nous aurait pu prendre part au projet. Le matin on arrivait et on pouvait soit passer deux heures sur une rythmique instrumentale, ou carrément créer une chanson.

David : Disons que c’était pas très organisé ! C’est comme quand tu ranges chez toi. C’est un peu bordélique, mais il y a de l’ordre dans le bordel. Ça prouve qu’on a eu une liberté totale pendant le processus de création du disque. Wagram nous a laissé carte blanche parce qu’ils voyaient qu’on allait dans la bonne direction.

L’album est principalement pop-folk, mais il sait aussi se faire électrique ou groovy. Quelles sont vos principales influences musicales ?

David : Led Zeppelin et Pink Floyd m’ont beaucoup marqué. D’autant plus qu’hier (le 31 mai) on est allé voir Roger Waters à Bercy qui jouait The Wall. Je me suis rendu compte à quel point ça m’a marqué parce que je n’avais pas écouté The Wall depuis longtemps. Et Ara qui ne connaissait pas beaucoup The Wall s’est rendu compte de l’influence que ce disque a eue sur moi. Elle m’a dit qu’elle comprenait mieux maintenant pourquoi j’étais complètement barré dans mes compositions. Ce concert a donc été salvateur pour nous deux. Sinon j’ai été beaucoup marqué par l’époque grunge du début des années 90 et aussi par Jeff Buckley.

Ara : Même si on a le même âge, David et moi on n’a pas eu les mêmes 15 ans. Lui il écoutait Pearl Jam et moi j’écoutais le Velvet Underground. Certes, ce ne sont pas du tout les mêmes courants musicaux, mais ils sont tous les deux animés par une même fragilité. Et il y a aussi Ben Harper.

David : Ah j’allais le dire ! Je suis content que tu le cites enfin ! D’habitude, elle ne le mentionne jamais !

Ara : Mais c’est tellement évident pour moi que c‘est comme de mettre une paire de chaussettes ! J’ai toujours peint avec Ben Harper, mais je l‘oublie parce que c‘est vrai que ça ne m‘a pas marqué autant que le Velvet. Je n’écouterais pas le Velvet tous les jours autant que j’écoute Ben Harper, mais le Velvet ça a fait une véritable révolution dans ma tête !

Vous êtes en pleine tournée. Après avoir assuré beaucoup de premières parties, qu’est-ce que ça fait de passer en tête d’affiche ?

Image de The Two David : Au départ, on jouait sur scène à deux. On faisait des premières parties en mode guitare-chant, chose qui avait tendance à nous réduire au strict minimum alors qu’on avait envie de défendre notre projet avec tous les instruments. Il n’empêche que ça reste un très bon exercice en soi. Désormais qu’on joue officiellement en tant que The Two, on est très heureux de pouvoir jouer avec tout notre groupe et d’amener ainsi notre musique un peu plus loin.

Ara : Quand tu fais des premières parties, c’est un drive qui est complètement différent parce que personne ne te connait et quelque part, personne n’en a rien à foutre des premières parties. À partir de là, si tu arrives à capter l’attention de 10 % ou 20 % du public c’est assez magique. Mais ce qui est encore plus magique, c’est quand tu fais un concert pour des gens qui ont vraiment pris leur place pour te voir jouer toi et qu’ils connaissent les paroles. Alors là, je pourrais me mettre à pleurer !

Vous allez jouer à New York dans le cadre du festival Les Déferlantes. Comment vous sentez-vous ? Angoissés ? Excités ?

David : On sort d’une semaine de résidence avec notre groupe donc on est plutôt sereins sans être non plus trop confiants. Le fait d’aller jouer à New York, véritable berceau de la musique qui a vu naître notamment le Velvet et Jeff Buckley, ça reste assez impressionnant. Ça va être un beau moment à vivre !

Quel est votre meilleur souvenir de concert jusqu’à maintenant ?

Ara : J’ai toujours tendance à dire que c’est le dernier qu’on vient de faire. On était à Avignon jeudi dernier (le 26 mai) pour jouer aux Passagers du Zinc. C’était assez génial pour deux raisons. D’une parce qu’on a joué quatre nouvelles chansons, qui ont d‘ailleurs été très bien reçues. Et de deux parce que ce soir-là David m’a prêté sa guitare et pour la première fois, j’ai joué de la guitare sur un de nos nouveaux morceaux. Chose que j’espère pouvoir recommencer au Café de la Danse le 9 juin, si je n’ai pas oublié les accords d’ici là !

David : Pour moi, c’était le concert de Lyon. Il y a eu un super moment où on a fait avancer le public et on s’est mis à jouer Everyday en acoustique. C’était assez magique ! Et c’est ça le but ultime d’un concert, c’est de permettre à des personnes qui ne se connaissent pas de partager un même moment unique.

Vous avez joué quatre nouveaux morceaux. Ça signifie donc que vous avez déjà commencé à travailler sur le prochain album ?

David : Oui, on essaie de prendre les choses suffisamment en amont pour pouvoir tester les réactions du public. Le prochain disque sera certainement un peu plus rock.

Ara : Plus rock certes, mais aussi un peu plus trip-hop. C’est d’ailleurs quelque chose que l’on peut ressentir comme embryon sur notre premier album, notamment sur In my Head ou Close to me.

Depuis The Two, est-ce que vous avez encore du temps pour vous consacrer à vos autres passions ?

David : Oui , sauf que du coup on ne dort plus ! On avait arrêté de se lever à 8 h depuis le lycée, mais on a repris ce rythme de travail avec The Two. On a tenu ce rêve et cette envie depuis tellement d’années qu’on n’a pas le choix. C’est assez intense, mais c’est très agréable.

Ara : Un bonheur n’arrivant jamais seul, j’ai eu pas mal de commandes de peintures. Ce qui n’a en rien changé la part de temps que je consacre à la musique.

Votre dernier coup de cœur musical ?

Ara : On achète les CDs ensemble et on a cette blague qui veut que ça va vraiment être à celui qui a écouté les derniers disques qu’on a achetés de répondre à cette question. En l’occurrence, la dernière fois qu’on a acheté des CDs, c’est David qui les a écoutés en premier donc j’ai un train de retard. Mon dernier coup de cœur, c’est la BO de Jessie James qui a été faite par Nick Cave. Elle est magnifique et je l’écoute en boucle.

David : Pour moi c’est le dernier album de PJ Harvey. C’est un véritable OVNI dans les productions d’aujourd’hui. Il paraît complètement hors du temps. D’ailleurs j’espère pavoir l’occasion de la voir en festival cet été.

Vous jouez au Café de la Danse le 9 juin. David, j’ai lu que c’était ta salle préférée ?

David : Quand j’avais 15/16 ans, je suis allé voir le groupe Dag dont j’étais fan à l‘époque. Une fois dans la salle du Café de la Danse, j’avais l’impression d’être carrément à New York. C’est pour ça que j’ai beaucoup d’affection pour cette salle. C’est sentimental !

Un dernier mot ?

Ara et David : Venez nous voir au Café de la Danse !

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A propos de l'auteur

Image de : Fraîchement débarquée dans la vie active après des études de communication, j'assouvis ma passion pour la musique en jouant les apprenties journalistes et en écumant les salles de concerts parisiennes à la recherche de nouvelles sensations ! Et même si ma guitare commence à prendre la poussière, un jour j'arriverais peut-être moi aussi à faire quelques chose de mes dix doigts.

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