Patrick Bénard, frénésie et rock-littérature

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C'est un véritable parcours du combattant que Patrick Bénard a vécu avec ses Chroniques frénétiques . Un livre qui avait tout pour devenir sinon culte, du moins estimé, reconnu et qui a bien failli tomber aux oubliettes de la littérature rock, entassé avec tous les bouquins de commande sur le sujet que Scali a produit à la pelle il fut une époque.

Lauréat du concours de manuscrits Technikart qui vit son texte devenir un supplément du hors série d’été du magazine, Patrick Bénard n’en retira pourtant quasiment aucun avantage. Deux ans plus tard, il a tout misé sur l’auto-édition – et surtout pas le compte d’auteur ! – et décidé de réhabiliter son texte où se côtoient plus de trente ans de musique rock, pop, électro et new wave, car être fan n’empêche en rien la qualité littéraire et la force d’évocation du matériau dont il est le plus difficile de parler : la musique.

Pourquoi avoir attendu trois ans pour redonner vie à tes Chroniques frénétiques et surtout pourquoi ce choix de l’auto-édition plutôt que d’aller démarcher des éditeurs ?

desert1_copieC’est une longue histoire. À l’origine le manuscrit qui date de fin 2004 était destiné aux Éditions Nykta qui avaient sorti mon précédent bouquin Les Iles du Désert et qui est un polar. Comme tout ce qui concerne la petite édition, l’argent est capital, si je puis dire, et l’éditrice me conseilla de tenter ma chance ailleurs. En consultant le site du Salon du Livre de Paris 2006, je vois que la revue Technikart organise un concours de manuscrits, prometteur sur le papier. Je connaissais de réputation et j’avais parcouru quelques numéros de la revue en me disant que le côté rock and roll pourrait avoir son rôle à jouer. Il restait à peine une semaine avant la clôture des inscriptions. Alors, je l’ai envoyé. et le responsable des pages littéraires m’appelle un après-midi en me disant que les Chroniques. avait séduit tout le monde à la rédaction et notamment le premier lecteur : le big chief music de la rédac’.

Voilà comment je me suis retrouvé à présenter mon manuscrit devant un parterre restreint, mais intéressé, enfin j’ai eu cette impression, à ce Salon du Livre. L’idée de base de ce concours, hormis la pub pour le magazine, était bien sûr que le manuscrit soit édité chez un éditeur « renommé ». De fil en aiguille, après avoir envoyé mon manuscrit muni du titre de « Lauréat concours de manuscrits Technikart » et appuyé par la revue, chez quelques éditeurs importants ( Fayard, Denoël, Flammarion, Naïve ) qui l’ont refusé ( Fayard et Naïve ) ou n’ont même pas daigné répondre ( Denoël, Flammarion ), la revue décide de le publier en supplément du numéro double été 2007. Le mensuel pense que ça colle au lectorat et que c’est une « valeur ajoutée ». Ce fut une valeur diminuée en ce qui me concerne puisque le livre fut superbement ignoré par tout le monde.

De là sont nés un gros sentiment de frustration et une volonté de donner une chance de vivre à un manuscrit qui semblait plaire pourtant. J’ai donc récupéré mes droits d’auteur début 2008 et entamé une longue démarche avec un paquet d’éditeurs, ciblés au mieux, y compris en Belgique, Suisse et Canada. Mais quand il y avait réponse et qu’elle était différente des lettres types agaçantes, c’était invariablement pour me dire : nous considérons que votre livre a déjà eu une vie. Ce qui sous-entendait gentiment que : un, fallait pas que tu te plaignes non plus vu que t’es pas connu, connard ; deux, on va pas se risquer à mettre le moindre euro sur un bouquin qu’on a même pas le temps, ni envie de lire, on a d’autres Beigbeder à fouetter (rires au moment où j’écris ça).

bookMa quête a duré un an, jusqu’à ce qu’un ami me fasse part de la sortie de son premier livre via le site de TheBook Edition . Évidemment, je ne suis pas très chaud pour ce genre de système, mais, contrairement à l’auto-édition pure et dure qui est une vraie arnaque -il faut le dire et le redire- puisqu’il faut donner de l’argent pour être soi-disant édité, je n’ai pas le moindre centime d’euro à sortir si je le souhaite. Le livre est vendu sur leur site avec la marge que je veux me faire, la maison s’occupe de tout, livre en 48 heures et basta. Donc tu peux essayer de le vendre uniquement via une communication de réseaux sur le net sans rien dépenser. C’est le choix que j’ai fait tout en tentant de l’améliorer : j’en commande ponctuellement un certain nombre si besoin est et je paye uniquement le coût de fabrication. Bien sûr l’envers du décor est que je dois me démerder pour le diffuser en librairie. Mais je ne me presse pas et je fais confiance au net pour assurer sa propre diffusion. Les libraires peuvent me contacter quand ils le souhaitent s’ils ne sont pas trop timides, eux. Pour l’instant ce livre (re)vit, il comporte un chapitre supplémentaire qui relance l’histoire, et il vivra sur la durée aussi longtemps que je le souhaiterais. Ça aussi c’est important, le pilon n’existe plus avec ce système. Et si d’aventure une maison d’édition « classique » s’intéresse au livre, je suis toujours ouvert à la discussion.

La première version a été lue par les lecteurs de Technikart (qui se comptent plus par milliers que par centaines) et tu n’as touché aucun droit d’auteur dessus. Tu regrettes ou tu préfères avoir eu malgré tout une exposition de cette envergure ?

logo_techLe vrai problème pour moi est que je n’ai aucune idée de l’envergure de cette exposition. Ce sont les lecteurs de Technikart qui se comptent par milliers pas ceux de Patrick Bénard, illustre inconnu, dont le lecteur n’a rien à foutre. Le bouquin a pu servir de cale pour une étagère éventuellement. Il n’y a eu aucun retour critique, aucun retour presse et il a fallu que je fouine sur Internet pour trouver trois ou quatre blogs qui en parlent. Plutôt en bien d’ailleurs, ce qui est déjà ça. Pire : Technikart n’a même pas consacré la moindre ligne à la publication de leur propre supplément.

Au début, quand Technikart me fait la proposition, je ne sais pas trop sur quel pied danser. D’un côté on me propose, au pire, de laisser mes droits moyennant quoi je jouirais de fait d’une belle exposition et de l’autre, au mieux, on me fait miroiter la possibilité d’une réédition dans la foulée avec un contrat normal, avec chapitre supplémentaire et préface de quelqu’un de « connu » (on murmure Nick Hornby, carrément, voire Daniel Darc ). Qui aurait résisté à ça, quand on est inconnu, – même si je me fous complètement de la célébrité proprement dite -, qu’on est un vieux crétin provincial ignorant des pratiques littéraires parisiano-parisianistes, et qu’on se retrouve dépassé par des événements qu’on a pas provoqués ? J’ai donc dit OK.

Les premiers temps tout laisse penser à une vraie motivation de part et d’autre puisqu’il y a un vrai travail de ré-écriture, un échange très motivant entre ceux qui écrivent les pages littéraires du mensuel et moi qui bosse agréablement sur mon ordi pour que tout tienne debout. Et après avoir vu le bouquin sortir dans les plus petites maisons de presse, je suis plutôt content et je me dis que ça devrait décoller. Je déchante vite, comme je l’ai dit plus haut, en voyant que la revue ne daigne même pas m’accorder un entrefilet. Chose qui avait été faite pour d’autres lauréats de 2006 comme Karine Granier-Deferre, Delphine Bertholon ( Twist, excellent bouquin qui a reçu un beau prix cet été) ou Mathieu Bernardi, avec lesquels je garde d’excellents contacts, qui ont vu leurs livres paraître normalement chez différents éditeurs comme Bernard Pascuito ou Lattès. Je sais qu’à partir de là ils vont me laisser tomber même si je tente de les relancer plusieurs fois. Silence radio sur toute la ligne de leur côté.

Vient donc la période du regret, car ce fut finalement beaucoup d’énergie, d’inquiétude, de bonne volonté qui ont été réduites à néant, car pendant ce temps je n’ai guère écrit, frustré et déçu. Il m’a fallu un long moment pour m’en remettre et cela a même causé beaucoup de dégâts, dans ma famille directement, dans mes convictions. Au-delà d’autres faits plus personnels qui se sont produits en même temps – tu connais sans doute la fameuse « loi des séries de l’emmerdement maximum » -, j’ai plongé. J’ai même coulé. J’ai failli arrêter, ce qui n’aurait ennuyé personne à part moi. Mais peut-être que, finalement, je suis plus égocentrique que je ne le crois et je suis reparti au charbon.

Depuis quelques années, il semble y avoir une émergence d’auteurs qui écrivent leur roman en symbiose avec la musique et en faisant des personnages à part entière de leur texte plutôt qu’un simple accessoire (voir notamment la collection Sessions aux éditions Naïve), comment te situes-tu par rapport à cela ?

benardcouvConfession : en écrivant les Chroniques., je pensais à ces fameuses Sessions. J’étais persuadé qu’elles ne seraient jamais publiées chez Naïve, même si j’ai envoyé malgré tout le manuscrit, parce que je dressais plus de généralités par rapport à un type de musique qu’à un groupe ou une personnalité en particulière. Cela dit, j’abonde dans le sens où tu dis qu’il y a une émergence d’auteurs qui lorgnent vers cette démarche, volontaire ou non. Elle est juste particulière à la France, car elle a toujours existé en Angleterre ou aux États-Unis, puisque ce sont les deux pays qui ont créé le rock, la pop music et tous ses dérivés. Et ça me paraît tout à fait logique, et avec le retard habituel, que l’Hexagone se mette au parfum aujourd’hui. Je suis issu d’une génération qui, enfant, écoutait les Beatles et, bouleversé, captivé, ont suivi de près l’évolution du rock en général. À travers les lectures de Rock & Folk ou Best au début qui accompagnaient les quotidiennes de Jean-Bernard Hébey sur RTL au cours des 70′S, puis Charlie Hebdo avec les chroniques de Berroyer et France Inter avec Bernard Lenoir ; l’arrivée des radios locales a été une véritable révolution, un détonateur formidable dans ce domaine musical. La télé s’y est alors intéressée avec Antoine de Caunes pour Chorus puis Les Enfants du Rock . Et bien sûr Megahertz d’ Alain Maneval . Essaye seulement d’imaginer ce que j’ai pu vivre chaque week-end au début des 80′s : le samedi en début d’après-midi, j’animais une émission axée sur le punk et la new wave puis je fonçais regarder TF1 pour l’émission de Maneval . Le soir, j’allais dans la seule boîte rock du département, perdue dans un pur trou à rat, mais où régnait une ambiance de folie. Je rentrais à l’aube, me réveillait le dimanche midi pour mater les concerts de Cure ou Marquis de Sade dans Chorus sur Antenne 2. Aujourd’hui ça me paraît complètement surréaliste.

Bref, je suppose que je n’étais pas le seul dans ce cas et que d’autres, plus tard, ont ressenti les mêmes sensibilités où la musique devient mot et les mots se rapprochent de la musique. Dès lors, il va de soi que l’un accompagne l’autre et réciproquement. En France, cet aspect est nouveau parce que nous n’avons pas ou peu le réflexe d’associer littérature et musique (hormis les biographies) contrairement aux Anglo-saxons. À titre personnel je suis ravi que cet esprit émerge enfin, ce qui tend à prouver que nous franchissons un cap dans la captation de la réalité tellement la musique en général est prégnante, quel que soit ce qu’on écoute. Évidemment, l’aspect rock me passionne davantage parce que c’est ma sensibilité d’éternel révolté qui ressort, même si je ne le montre pas toujours dans ce que j’écris. En tout cas, je fais en sorte que mes livres reflètent ce que j’aime au point que pour cette édition des Chroniques frénétiques j’ai créé une playlist sur le site deezer.com. On peut lire le roman autour de la musique et écouter celle-ci en même temps. Cela dit des amis, frustrés, me l’avaient reproché au cours de la première parution. J’ai juste rectifié le tir.

La narration de tes Chroniques frénétiques navigue entre un personnage alter ego (Hadrien) et toi, le « je » sans jamais trancher entre l’un et l’autre. Pourquoi ne pas avoir choisi ?

Tu oublies qu’il existe un autre personnage, très important, pour ne pas dire capital. Il s’appelle Werther et il joue le rôle du narrateur. Le « je » est celui de Werther, celui qui prend la place d’Hadrien au moment de la chute du Mur de Berlin. (Tiens, c’est drôle, je suis pile dans l’actualité, c’est involontaire, juré !). C’est lui qui raconte l’histoire. Il s’agit, pour moi, d’un double inversé. La part d’ombre qui est en chacun de nous. L’envers du décor. À l’origine, les deux personnages sont issus de mon précédent livre Les Iles du Désert, un polar qui se situe sur deux périodes à quinze années d’intervalles. Déjà en 2001, j’y avais mis, en prélude, une sorte de bande-son idéale pour ce livre. Je n’ai pas pu les quitter et j’ai voulu les faire revivre à travers leurs disques préférés. Je peux déjà te dire qu’il y aura une espèce de troisième partie qui clôturera définitivement cette trilogie involontaire.

Tu balaies près de trente ans de musique rock, punk, new wave, gothique et même electro tant du côté français qu’anglo-saxon et tu arrives à condenser l’essence de groupes en quelques pages, en retranscrivant au plus juste les émotions qui t’ont saisi. Avoue-le, ton personnage n’est qu’un moyen et jamais une fin ! C’était ton alternative à l’exercice biographique ou le livre de fan ?

benardJe te répondrais bien « les deux, mon capitaine », mais c’est vrai qu’initialement j’avais envie d’écrire sur ce que j’aimais comme style de musique et son (mon) évolution sur les trente dernières années. Je me suis vite rendu compte que cela ne motiverait pas grand monde à partir du moment où j’étais totalement inconnu dans le milieu littéraire et musical. Là j’aurais parfaitement compris qu’un éditeur ne mette pas un kopeck dans ce style de bouquin. J’en ai donc profité pour reprendre mes personnages des Iles., que je répugnais à quitter, et les faire revivre à travers le rock. D’ailleurs ce que j’ai retravaillé avec l’équipe de Technikart s’est concentré sur l’aspect romanesque afin d’approfondir le caractère des personnages, car il n’y avait pas de fautes réelles sur le côté documentaire du manuscrit. Ceci étant, si j’avais écrit un vrai livre de fan il y aurait eu plus de disques liés aux années 80 – 90, ce que j’ai tenté de faire comprendre en substance sur le chapitre « Coda ». Mais je ressentais la nécessité de raconter comment une musique, en l’occurrence le rock, pouvait déterminer et influencer la vie d’une personne lambda. C’était « ma part de vérité » et mon côté romanesque.

Penses-tu qu’il y aurait autant matière à un deuxième tome des Chroniques frénétiques avec les groupes actuels que ceux évoqués dans celui-ci ? Sachant que même si tu parles de Placebo, Radiohead ou Björk, tu sembles plus marqué par ceux qui les précèdent.

Pour qu’il existe un deuxième tome faudrait-il encore qu’il s’écoule trente années supplémentaires ? Le rock peut-il encore évoluer, avancer ? Grande question. Les trois artistes ou groupes que tu cites, je peux t’en faire un résumé que certains ne trouveront pas sympathique du tout : Placebo est une pâle version moderne des Cure et du rock à l’ancienne, Radiohead sont les Pink Floyd du début du XXIème siècle et Björk met les nouvelles technologies au service de sa voix, sans ça elle n’est rien. Mais je peux aussi les voir différemment : Placebo est devenu ce que les Cure ne peuvent plus être et sait se renouveler sans renoncer à leurs origines, Radiohead a placé la barre aussi haut dans l’expérimentation du son que Pink Floyd avait su le faire jusqu’à Dark side of the moon dans l’aventure rock, Björk met sa voix au service de ses aventures avant-gardistes musicales, alliant technique et émotion. Deux façons de voir les choses et, finalement, je crois que la part de vérité se situe entre les deux, comme d’habitude. Les excès, ce sont les critiques qui les fabriquent pour leurs besoins propres ou pour ceux qui les emploient.

Pour ma part j’aime autant ces trois-là qu’ Ange, Pink Floyd et Genesis dans les années 70, Joy Division (et New Order ), Cure, l es Clash, les Smiths, Bauhaus dans les années 80, P. J. Harvey, Smashing Pumpkins pour les années 90. Là encore, coïncidence, j’écoute, en rédigeant ces lignes, Windsor for the Derby, plutôt typé années 2000, groupe qui résume presque ces trente ans à lui seul tellement il brasse d’influences. Mais ce n’est pas une tare de revendiquer ce qu’on aime, au contraire, il faut juste éviter le plagiat et se mettre au service des influences, les avaler correctement, les digérer afin de donner quelque chose où se sentent la bonne volonté et une évolution positive d’un groupe.

A ce sujet, beaucoup de personnes de ma génération pensent que c’est le problème de types comme Philippe Manoeuvre ou Patrick Eudeline qui ont tendance à idolâtrer ce qu’ils ont aimé étant jeunes et à rejeter ce qui sort maintenant (sauf si ces groupes sont à l’image de ce qu’ils ont aimé type Second Sex ou Plasticines). Tu es plutôt de leur génération, comment vois-tu les choses de ton côté ?

asphaltjunglephotocobra1Je déteste les mausolées, même si je voue un culte obscur à Ian Curtis, c’est mon côté ambivalent. Manoeuvre a eu son heure de gloire au cours de la grande période Rock & Folk, à savoir la période punk, qu’il avait su déceler par son style, à l’instar de Philippe Garnier, très tôt. Eudeline joue les éternels beautiful losers depuis Asphalt Jungle, ce qu’il est, mais il en vit, tant mieux pour lui, et son frère n’y est pas pour rien. (bon, là, je viens de me faire deux ennemis, ça ne va pas aider à vendre mon bouquin, çà !). Ils sont donc restés tous les deux dans leur rôle du tryptique « sex and drugs and rock and roll » cher à feu Ian Dury (super morceau par ailleurs) et creusent le mythe jusqu’au bout du bout. Résultat : Manoeuvre se retrouve juré de la Nouvelle Star et Eudeline fait sourire en douce chaque fois qu’il parle, même si par ailleurs j’ai beaucoup aimé Rue des Martyrs parce que là, enfin, il écrit vraiment ce qu’il est, ce qu’il ressent surtout.

Si j’en viens à ta remarque en rapport avec les groupes rock français, je ne sais pas s’il faut jouer l’indulgence ou matraquer direct en disant que c’est de la daube. Ma fille de sept ans et demi adore les Plasticines et elle a raison, c’est de son âge. Second Sex, Naast, idem. Le passage obligé du deuxième album sera révélateur pour la suite de leur carrière. Et si je parle de BB Brunes je vais me fâcher parce qu’ils ont tout pompé sur pleins de groupes (à écouter une émission remarquable sur France Inter qui démontrait le tout par l’écoute). Mais là aussi ma fille aime, d’où le côté pervers : le rock ado touche les pré-ados. On frôle le détournement de mineur(e) ! En même temps le dernier Muse est intégralement plagié sur les Queen (là, c’est moi qui ai écouté les deux en même temps). On peut donc tout se permettre sans que ça ne choque personne.

En revanche j’ai plutôt envie de parler d’un vrai vivier de groupes français qui ne demande qu’à éclore, sans partir hors des frontières forcément. Pour l’instant. Pour vos lecteurs assidus, je cite quelques groupes dont on reparlera. Les plus connus : Asyl, Stuck in the Sound, et les « en devenir » : Treemouth, Blackpool, Jaromil, Kim Novak . Je fais le pari pour les quatre derniers.

Penses-tu déjà à tes prochains livres ? As-tu envie de continuer le circuit de l’auto-édition ou vas-tu retenter de frapper à la porte des éditeurs ?

Deux livres devraient, si tout va bien, sortir en 2010. Le premier est un recueil de micros nouvelles écrit avec un ami, non pas à quatre mains, mais autour d’un exercice de style : écrire une histoire en 450 mots précis, ni un de plus, ni un de moins. Un pari et un exercice motivant. Nous l’avons proposé à un seul éditeur, en Bourgogne, spécialisé dans la nouvelle, dont nous attendons la réponse d’ici fin décembre. Sinon nous le sortirons en janvier de la même façon que Chroniques frénétiques chez thebookedition.com. Le deuxième à paraître me touche beaucoup plus et au plus près. C’est une fiction (label du groupe) autour des Cure, groupe que je suis depuis ses débuts en 1978 et que, malheureusement, je n’ai pu voir qu’en 1982. Bon, c’était sur la tournée Pornography et rien que ça excuse tout le reste, mais quand même. À partir de là, et jusqu’en 2008, je n’ai rien raté chaque fois qu’ils sont venus en France. Le livre va sortir normalement au mois de mai chez un éditeur reconnu dans le milieu musical. Je ne peux pas en dire plus pour l’instant. Mais j’attends beaucoup de ce livre, je ne le cache pas.

Pour une sortie en 2011, je me suis fixé deux objectifs : le fameux troisième livre sur le dénouement des « aventures d’Hadrien et de Werther ». Ce sera un polar comme le premier, chez le même éditeur, que je vois comme très étouffant, très noir. l’autre objectif est encore en germe. Il parlera aussi de musique et (sup)porte déjà en lui-même le titre : Cent titres pour en finir . Parce que, après, j’arrêterais d’écrire.

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En savoir +

Chroniques frénétiques, une histoire intime du rock, TheBookEdition.com, 2009 (2007 pour la première édition), 137 pages
http://www.thebookedition.com/chroniques-frenetiques-de-patrick-benard-p-25860.html

Les îles du désert, Patrick Bénard, Editions Nykta, Collection Petite nuit, 80 pages
http://www.editions-nykta.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=734&Itemid=55

A propos de l'auteur

Image de : Née en 1981, Chloé Saffy vit à Toulouse. Sur le net, elle est l'auteur du blog My Way Or The HighWay et a collaboré au e-magazine d'opinion Ring. Adore, son premier roman a été publié en 2009 aux Editions Léo Scheer. On peut également la retrouver sur son site : http://www.ohmydahlia.com [Crédit photo: Kelly B.]

4 commentaires

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  1. 1
    le Vendredi 27 novembre 2009
    Emma a écrit :

    Trés chouette ton interview…
    Mon blog est dans doute le premier à avoir parlé de Patrick Bénard. J’ai lu les Chroniques grâce à Technikart (je ne m’en suis donc pas servi comme cale porte :-) ) et ensuite fait un article sur mon blog :
    là : http://www.cafebook.fr/index.php/2008/06/jeune-plume-cherche-editeur/, et là : http://www.cafebook.fr/index.php/2008/06/rock-intime/
    A la décharge du magazine, il s’agissait de la première édition du concours… Baptiste Liger (le rédac chef Livres) et le reste du mag avaient de grandes ambitions pour ce concours. Ils souhaitaient monter une maison d’édition pour publier les lauréats, chose qui s’est évidemment avérée complètement illusoire. PB a malheureusement fait les frais de cette désorganisation…

  2. 2
    le Mercredi 2 décembre 2009
    pascal a écrit :

    salut Patrick, sympa ton interview et édifiante concernant le milieu littéraire… black is black ! comment vas tu après toutes ces péripeties ?

  3. 3
    le Samedi 5 décembre 2009
    R@chel a écrit :

    salut, je viens de lire chroniques frénetiques, et oui j’ai fini par le recevoir!!!, et je voudrai dire à Patrick, au risque de plagier, C’est un peu court jeune homme!!!
    finalement c’est bon, c’est bien, c’est comme on aime quand on est rock’n roll, mais j’avoue qu’il est trop fin ton bouquin. Il faut plus qu’un chapitre en rab, pour appaiser ma faim

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