Lady Green – C’est de la bonne !

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Avec un nom appelant très clairement à la débauche, Lady Green prouve qu’il est bel et bien une formation rock. Pourtant sa mixture fusion "freestyle" a bien failli nous convaincre du contraire.

lady Lady Green est exactement le genre de groupes qui pose des problèmes aux chroniqueurs rock. Sans en avoir l’air, cette formation se révèle très dure à définir puisqu’elle n’est pas assez commune pour être cernée facilement, ni suffisamment spéciale pour être décrite à travers des métaphores illuminées, typique du critique.

Il faut dire que Lady Green a le don de brouiller les pistes. Le groupe limougeaud multiplie tout le long de son disque les digressions musicales, prenant un malin plaisir à prendre son auditeur à contre-pied. C’est de la bonne! passe par toutes les phases et leurs contraires : il est à la fois planant et terre-à-terre, funk et punk/métal, atmosphérique et rythmé, sérieux (solo de trompette dans l’introduction) et complètement délirant ( Ce qu’il voulait/ C’était la caresser/ Ce qu’il voulait/ Caresse la Jojo! )

Malgré tout, C’est de la bonne! reste très homogène. Une prouesse largement due à une formule que Lady Green utilise à toutes les sauces dans ce disque : une basse claquante au son sali, une batterie sobre et rythmée, le tout posé sur une guitare très volatile. Le chanteur, quant à lui, alterne entre choeur atmosphérique, chant punk hurlé et voix parlée. Mais ses vocaux ne s’intègrent pas toujours à l’instrumental ce qui handicape un peu le disque.

Lady Green n’est ni connu, ni signé, ce qui est en général la preuve d’une démarche uniquement artistique et passionnée. Et bien que l’on puisse largement leur accorder leur statut de groupe atypique, on reconnaît ci et là les influences d’autres formations, notamment de Primus (à qui l’on doit l’excellent générique de South park ) pour son instrumental très cartoon et de Lofofora -période Holiday in France – pour le chant.

C’est de la bonne! n’est au final pas le CD indispensable à toute discothèque qui se respecte. Néanmoins, Lady Green fait preuve d’originalité, ce qui n’est pas à la portée de tous les groupes -surtout ceux qui occupent le paysage musical international. Rien que pour ça, ce disque mérite d’être écouté.

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Le Myspace de Lady Green : http://www.myspace.com/ladygreenband

A propos de l'auteur

Image de : Yves Tradoff s'intéresse à beaucoup de choses : http://yvestradoff.over-blog.com (work in progress)

3 commentaires

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  1. 1
    VIOLHAINE
    le Mardi 5 février 2008
    VIOLHAINE a écrit :

    Hey Yves !! Au nom de la scène limougeaude, MERCI !
    =)

  2. 2
    Stedim
    le Mardi 5 février 2008
    Stedim a écrit :

    Merci pour la découverte ! Typiquement le genre de « folie » dont je suis bon client !

    Je me permets juste une précision parce que ça me renvoie à pas mal de débats passés : l’originalité ici mise en avant est intéressante/enthousiasmante mais ne doit pas être placée comme étant le « St Graal ». Ce serait injustement faire de l’ombre à tous les bons groupes et artistes qui excellent dans des styles dits « classiques ».

    Cela étant dit, je monte le son car, en effet, c’est de la bonne !

  3. 3
    Yves Tradoff
    le Mardi 5 février 2008
    Yves a écrit :

    Tout à fait d’accord avec toi, Stedim, l’originalité ne doit pas être considéré comme le « St Graal » car elle n’est tout simplement pas la garantie d’un bon cd. On peut par exemple dire qu’Agoraphobic Nosebleed est original et pourtant, je défends quiconque d’écouter un de leur disque en entier (et sans boule quiès).

    Si j’ai mis en avant l’originalité de Lady Green, c’est tout simplement car c’est quelque chose qui devient de plus en plus rare dans la musique. Ou plutôt, il faut chercher de plus en plus longtemps, dans des magazins de plus en plus petits (entendez underground) pour trouver des choses que l’on a pas déjà entendu. Dans le même temps, de l’autre côté, dès qu’un mouvement marche, on nous assome de disque tous plus identique les uns que les autres.
    Un exemple parmi tant d’autres : après le succès de Killswitch engage (entre autres) et du métalcore, il y a eu des centaines et des centaines de copies. Ca fait partie des méthodes coeurantes des maisons de disques. Tu aimes ça, bah tu vas en bouffer!

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