Zoom sur le Festival Pigalle

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Les 24, 25, et 26 novembre 2011 : première édition du Festival Pigalle. Pendant trois nuits, des parcours nocturnes, des rendez-vous secrets, des concerts, du clubbing, des expositions photos, des projections érotico-vintage et des performances dans le quartier chaud de Paris.

Pour mieux comprendre cette initiative de l’agence la Lune Rousse, nous avons posé quelques question à Camille Delalande, responsable du projet.

Pourquoi ce festival ?

Image de Festival Pigalle L’idée nous est venue, à l’agence, lors de l’ouverture des trois baudets, dont nous sommes partenaires. On s’est dit qu’il se passait quelque chose de fort dans le quartier, que les jeunes noctambules réinvestissaient les lieux, qu’il fallait mettre en valeur le potentiel artistique du quartier.

Pour quel public ?

Un public amateur de musiques actuelles (les concerts aux trois baudets, la Gigolo Night à la Machine du Moulin Rouge), mais aussi un public de curieux, qui a envie de vivre des choses drôles et différentes, avec le principe des parcours nocturnes secrets et la soirée dans un club de strip, le LOVE.

Plus filles que garçons ? Plus garçons que filles ? Espérez-vous la parité totale ?

On ne s’est pas posé la question. L’affiche du festival, une photographie d’Elen Usdin, est résolument élégante et féminine. Et puis la Lune Rousse est une agence très féminine. Mais oui, la parité c’est bien. Les femmes sont des hommes comme les autres.

Qu’est-ce qui, selon vous, séduit dans ce quartier ? Au sens général du terme bien sûr !

C’est le dernier quartier de nuit historique de Paris (Montparnasse et les Champs ne le sont plus). Et qui dit quartier de nuit dit mixité, situations improbables, fête, musique, et surtout une énergie hors norme, dans une capitale qui parfois s’endort un peu…

Pour toutes ces raisons, « Pigalle », le quartier est connu dans le monde entier. Pensez-vous que ce festival puisse avoir une portée internationale quant à l’image artistico culturelle de Paris, et donc de la France ?

On a envie, oui, de toucher un public hors Paris, à terme. Là c’est la première édition, mais il y en aura d’autres.

Considérez-vous que la politique culturelle française devrait faire une place plus importante à l’art érotique ?

Je ne sais pas ce qu’est « l’art érotique ». Nous ne faisons pas un festival érotique, mais un festival culturel avec de nombreux clins d’œil au côté « cul » de Pigalle. Après nous accueillons la une librairie éphémère de la Musardine aux trois baudets, une maison d’édition érotique de grande qualité, qui mériterait sûrement plus de visibilité en effet. Il faut lire du porno. Lisez Esparbec, le plus grand pornographe contemporain.

À l’underground en général ?

Si l’underground est mis sous les projecteurs, ce n’est plus de l’underground… Après j’aime bien l’idée des sous-genres. La soirée Erotico-mix, organisée avec Panic!Cinema, met en valeur les pépites d’un vrai sous-genre : les films érotiques.

Un parcours nocturne, c’est quoi au juste ?

La nuit, on emmène un petit groupe de 20 personnes, accompagnés par une guide, Sylvanie de Lutèce, découvrir les rues de Pigalle, et s’arrêter dans des lieux pour des happenings artistiques.

Ces parcours semblent nous rappeler le passé glorieux de Pigalle autant qu’ils nous plongent au cœur même de son actualité artistique et culturelle. Quel aspect préféreriez-vous laisser le plus présent dans le souvenir des futurs visiteurs ?

Oui, c’est cette idée de rappeler le passé de Pigalle, à travers des artistes et des performances d’aujourd’hui.

Comment s’est déterminé le choix des artistes musicaux qui participent au festival ? Font-ils partie de la conception artistique globale ?

Charlotte Decroix, notre programmatrice, a sollicité les labels avec qui on aime travailler, et leur a dit : « Festival, Pigalle, à qui pensez vous ? ». On aime bien cette démarche de création, de collaboration.

Le renouveau du Burlesque a-t-il facilité cette démarche de réhabilitation du quartier ?

Non, le New burlesque n’est pas lié au quartier. Mais la démarche du burlesque (un mélange d’humour, de rock and roll, et d’érotisme) nous a inspirés.

Croyez-vous qu’il soit possible d’en redorer le blason autrement que pour la cible jeunes adultes du New Burlesque ?

La cible New Burlesque va plutôt au festival de Juliette Dragon. Même s’il y en a un peu, notre festival n’est pas dédié à ces performances.

Pour vous, l’érotisme au 21e siècle c’est quoi ?

Vaste question… Vous avez 5h devant vous ? Mais j’aime bien cette phrase d’André Breton : « La pornographie, c’est l’érotisme des autres. »

Est-ce que les différentes animations vont perdurer au-delà du festival ? (l’expo « femmes d’intérieur » notamment)

Oui, l’exposition va durer après le festival. Ainsi que « Radio Pigalle », sur le site Festival Pigalle.

Cette animation à visée patrimoniale semble assez différente de celles auxquelles sont associées la Lune rousse, de qui est venu cette initiative ?

« Visée patrimoniale », peut être pas. Nous ne sommes pas un syndicat d’initiative. Mais on retrouve les centres d’intérêt de La Lune  Rousse: la musique, l’électro, les performances artistiques, et l’envie de faire vivre, comme pour la Nuit électro au Grand Palais, une expérience au public

S’agit-il d’une nouvelle direction pour les projets de votre agence ?

C’est une première édition, un événement auto-produit, on fera le bilan après le festival

Avez-vous du retirer certains projets, ou censurer quoi que ce soit dans la programmation du festival à cause d’un refus de la ville de Paris ?

Pas du tout. C’est une initiative privée. La mairie de Paris, la mairie du 9e et celle du 18e ne sont pas partenaires, mais sont bien sûr au courant du Festival. La mairie de Paris nous a apporté un soutien de communication.

Avec le côté sexy, avez vous étendu votre promotion média à des plate formes réservées aux jeunes adultes

Nous avons comme partenaire le Tag Parfait, un très bon site, intelligent et fin, dédié à la Culture Porn.

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A propos de l'auteur

Image de : Mélissandre L. est une touche à tout, et c'est sous prétexte de s'essayer à tous les genres littéraires (romans pour enfants, nouvelles pour adultes, SF, chansons voire recettes de cuisine et plus encore) qu'elle se crée des avatars à tour de bras. En ce moment, elle se passionne pour la cuisine vegan et le crowdfunding, elle ne désespère pas de relier un jour les deux. Profile Facebook panoptique : http://www.facebook.com/Mlle.MelissandreL / Envie de participer à son dernier projet ? http://www.kisskissbankbank.com/marmelade

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