Zola Jesus | Divan du monde | 29.11.11

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Zola Jesus. Une longue chevelure désormais blonde, sous laquelle se cache Nika Rosa Danilova, une américaine de 22 ans, tout juste diplômée de philosophie et français de l'Université du Winconsin.

Zola pour marquer son idôlatrie pour Emile, Jesus pour la provocation, et Conatus un troisième album des plus réussis. Sur le papier, tout était réuni pour passer une excellente soirée le 29 novembre au Divan du Monde. Et pourtant…

Lumières éteintes, Swords confirme sur scène son rôle d’intro de l’album. Quatre bruns barbus aux cheveux longs, tous habillés de noir, entrent sur scène. Une batterie, trois synthés, et une petite blonde en robe gris perle prend scène en entamant Seekir. Le public a les yeux grands ouverts, impatient d’inhaler l’aura mystique de Zola. Mais les chansons passent, et rien ne se propage. On n’écoute plus vraiment les chansons, qu’on peine à distinguer en live, et on s’attarde sur les petits détails. Zola Jesus porte un long collier avec un poisson argent, un de ses musiciens aussi. Elle chante, s’enroule dans le fil de son micro, se trémousse, et on se demande ce qu’il peut bien se passer dans le bus tour. A priori on n’est pas venus pour ça, mais à voir un autre de ses musiciens s’ennuyer comme un rat mort derrière son synthé, on est en droit de se poser des questions.

Où est la Zola Jesus mélancolique et mystique de ses trois albums ? Où est cette Zola qui a si peur de la mort qu’elle chante ses écrits pour l’affronter ? Certainement pas sur la scène du Divan du Monde ce soir là. Devant nous, ce n’est autre qu’une blondinette qui se dandine sur des chansons puissantes et tristes. Ca sonne faux, et l’euphorie ne gagne pas la foule. Zola se déhanche, entoure le fil de son micro tel un boa autour de ses épaules, chante, et se dandine, chante, se déhanche et descend dans la foule. Sûrement dans l’espoir de la réveiller.

Et ça marche, un peu. Hikikomori et Vessel, titres phares du dernier album, remportent les suffrages. Mais pas de quoi s’enflammer non plus. Dans la foule, on perçoit l’ennui, la hâte qu’on en finisse mais aussi l’espoir dans certains regards. Après tout cette blondinette est fan de notre Emile Zola et est diplômée de français. Jouer à Paris doit être pour elle un cap tout aussi important que significatif dans sa carrière, même si ce n’est pas la première. Mais Nika Rosa Danilova ne prendra même pas la peine de décrocher deux mots en français. Frustration. La même qu’elle a du ressentir quand la foule ne la réclama pas pour un rappel. Il aura fallut trois albums à Zola Jesus pour confirmer son rang de chanteuse new wave et mélancolique. Mais combien de temps lui faudra-t-il pour acquérir une prestance scénique ?

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A propos de l'auteur

Image de : Journaliste, Pauline a les yeux qui brillent autant dans une régie télé qu'à un concert de "pop de fille". #meufcool devant l'adversité, elle assume entièrement son addiction à twitter, aux festivals de musique, au baby foot et aux petits wraps. @paulineperinet

1 commentaire

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  1. 1
    le Mercredi 14 décembre 2011
    Isatagada a écrit :

    Aïe ! Pour l’instant j’avais eu l’impression de n’avoir que des retours positifs sur ce que le groupe dégageait en concert. Mais là, ton Divan du Monde ne fait vraiment pas envie …

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