Zero Absolu – AutØmn

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Après un premier maxi, deux albums concepts dont un double album qui avait placé la barre très haut et un premier EP sorti plus tôt cette année, le one-man band Zero Absolu a-t-il encore suffisamment d’atouts pour surprendre les auditeurs ? Verdict.

Image de À l’écoute de First Step, il n’est guère possible d’avoir fait fausse route. D’abord, la pluie s’écrase sur le sol. Puis guitare et basse l’accompagnent de leurs volutes atmosphériques du plus bel effet. Enfin le chant, cri d’un cœur aux abois, scande ses lointaines intonations, comme perdu dans un déluge dont personne ne revient. Pas de doute, Zero Absolu affectionne tout particulièrement les introductions ambiantes, pour ne pas dire envoûtantes voire captivantes. En découle le non moins possédé Home Sick Home (autre clin d’œil aux regrettés Faith No More, outre le nom du projet lui-même ?) qui tend à dévoiler un chant plus expressif et dont les tonalités se déploient avec plus d’assurance que par le passé. Un constat qui se vérifie sur The Hill, morceau le plus lumineux de l’album, où la voix et les instrumentations colorées qui l’entoure surprennent tant le one-man band nous a plus habitué à une sombre mélancolie qu’à une telle manifestation d’espoir étincelant.

C’est d’ailleurs l’une des forces de cet opus qui, s’émancipant de tout concept, se permet d’explorer des horizons variés sans qu’aucun ne dénote dans ce paysage musical. Cette absence de concept se fait également ressentir dans le choix d’un chant exclusivement en anglais ainsi que dans la rareté des spoken words (l’une des principales composantes du projet à la base) qui ne font leur apparition que sur le magnifique Hello Darkness, Hello Gentle Moon, marquant ainsi le retour d’Eryn Lynn.

Malgré tout, le très plaisant et entièrement instrumental titre éponyme et Vertigos And Confusions, avec ses sonorités familières, portent définitivement la marque Zero Absolu, une certaine maturité en plus. Et si AutØmn dépeint une première partie globalement plus calme, posée et atmosphérique, l’effort conserve ces caractéristiques tout en se montrant plus nerveux dans sa seconde partie. En effet, le one-man band n’oublie pas que le hardcore coule comme le sang dans ses veines, et ce, depuis ses origines. En témoignent Lord Of The Unconscious, Snowball Aftertaste, Season Is Failing ou encore Amend Grace’s Legacy dans lesquels quelques riffs percutants et autres growls ravageurs judicieusement parsemés ici et là prennent à revers et relance l’intérêt d’un album qui jamais ne s’épuise. Pour autant, After Her, A Kingdom Without Walls et Strike It Down, portés par leurs superbes harmonies, démontrent qu’un travail indéniable sur les ambiances n’a pas non plus été laissé pour compte.

Bonne nouvelle donc, le projet bouge et respire avec autant d’émotion que dans ses soubresauts tout en se démarquant. L’album, plus rock et finalement peut-être moins expérimental, bénéficie par ailleurs du mastering signé Magnus Lindberg (Cult Of Luna) qui lui confère plus d’ampleur dans le son. Inspiré, beau, accrocheur et maîtrisé de bout en bout, AutØmn n’est ni plus ni moins qu’un album incontournable de ce début d’année 2012, prouvant ainsi que la qualité aujourd’hui n’est pas forcément à chercher dans nombres de productions mainstream ou d’anciennes gloires qui peinent parfois à se renouveler. Et par la même, que l’autoproduction, un tant soit peu qu’elle bénéficie du soutien qu’elle mérite, a encore de beaux jours devant elle.

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A propos de l'auteur

Image de : Esprit ouvert vers le monde, aussi bien apaisé que profondément rock'n'roll, Ghost erre dans l'immensité des paysages musicaux d'hier, d'aujourd'hui et de demain.

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