WORLD INVASION : BATTLE LOS ANGELES – God bless America

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Vendu comme une éprouvante expérience située entre le Soldat Ryan de Spielberg et l’Independance Day d’Emmerich, le film ne ressemble au final qu’à deux heures insupportables. Ce qu’il fallait prévoir.

Image de Nom d’une pipe, des extraterrestres attaquent notre belle planète ! Alors que le monde entier subit les assauts aliens, le film de Jonathan Liebesman ne s’attarde que sur un détachement de Marines parti à la rescousse de civils perdus dans un Los Angeles à feu et à sang.

Allons au but : il n’y a que très peu de bonnes choses dans Battle Los Angeles. La première (et véritablement notable), c’est l’absence de plans montrant la destruction de lieux célèbres. Et ce malgré les 100.000.000 $ de budget du film qui auraient pu l’inciter à suivre une certaine tendance du blockbuster catastrophe américain. On ne verra ni l’Empire State Building s’effondrer, ni la Tour Eiffel se faire pulvériser, encore moins Tokyo se faire raser – ce qui est ici assez décent par les temps qui courent. Le film ne s’attachant qu’à la ville de Los Angeles, nulle image d’ailleurs ne sera visible. Mais Liebesman a la présence d’esprit d’éviter aussi de détruire les hauts lieux de la ville. Son régiment de Marines est détaché dans le quartier de Venice, c’est donc la seule chose que l’on verra. C’est tellement rare que lorsque que ça arrive, il ne faut pas s’empêcher de le faire remarquer.

L’autre point intéressant du film est surtout très personnel, et amènerait à considérer avec cynisme un autre aspect intéressant du cinéma de guerre américain. Les Marines US ont-ils des cours de réparties ? Chaque mot qu’ils prononcent sont bien placés, souvent très drôles, toujours bien trouvés, et ce malgré le demi-chargeur de balles dans le bide de ce pauvre Johnny – qui, finalement, ne surfera plus jamais dans le Pacifique… Damned.

Le problème, avec Battle Los Angeles, c’est que même ce second point est en fait négatif. Soyons clair, le film de Liebesman est un ramassis de clichés sans aucun second degré, qui se prend beaucoup trop au sérieux, et n’engage aucune réflexion de la part du spectateur. Tout va beaucoup trop vite : il ne doit pas y avoir un plan qui excède les trois secondes de durée. La caméra est épileptique et on paierait pour faire soigner le cadreur. Les effets spéciaux sont loin d’être mauvais, mais encore faudrait-il avoir le temps de les remarquer pour les apprécier. D’un point de vue narratif, il y a tout ce qu’il faut pour vomir joyeusement dans Battle Los Angeles : une mixité ethnique impartiale, des actes courageux et funestes, des explosions et des cartouches qui tombent au ralenti, un passé douloureux, un conflit d’intérêt, un patriarche héroïque, des pleurs d’enfants, un semblant d’histoire d’amour, de l’amitié virile et une leçon d’anatomie extraterrestre… Techniquement, le film est de bonne facture, rassurez-vous, mais on aurait dû demander le devis gratuit avant de s’engager.

Au final, le film est une très bonne comédie. Sans le vouloir. Oubliez Battle Los Angeles, et revoyez plutôt l’excellent Starship Troopers de Verhoeven ou l’hilarant Mars Attacks ! de Burton. Conseil d’ami.

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WORLD INVASION : BATTLE LOS ANGELES, de Jonathan LiebesmanAvec Aaron Eckhart, Michelle Rodriguez, Ne-Yo, Ramon Rodriguez, Michael Pena

Sortie le 16 Mars 2011
Durée :1h56

A propos de l'auteur

Image de : Né au beau milieu de l'année 1986, 60 ans jour pour jour après Marilyn, Arnaud n'a rien de la blonde pulpeuse. Très tôt bercé par les courts métrages de Charlie Chaplin, les épisodes de Ça Cartoon et le film Les 7 Mercenaires, qu'il regardait tous les dimanches - joyeux programme - il plongea bien trop vite, passionné par cet art dévorant qu'est le cinéma. Quelques années plus tard, refaisant enfin surface dans le monde réel un bref instant après des années d'inexistence, il se cogna sur une pile de livres... C'était trop tard, il avait déjà recoulé : nouvelle passion qui accompagnerait la première, la lecture et l'écriture seront ses nouvelles compagnes. Depuis, on n'a jamais revu Arnaud.

3 commentaires

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  1. 1
    le Jeudi 17 mars 2011
    Julie Slomianowski a écrit :

    Sympa comme toujours ton article, peut-être un peu court, mais j’imagine que t’as atteint le seuil max d’analyse possible pour ce film D:
    Toujours est-il qu’il a le grand mérite d’être drôle (l’article, pas le film hein), surtout pour les cours de réparties des marines US, c’est bien vu! Cette absurdité totale s’explique sans doute par le fait que ce type de film s’illustre traditionnellement plus par ses punchlines que par sa vraisemblance. D’ailleurs je pense que c’est commun à tout le cinéma d’action US, cette obsession de la répartie qui claque,et je me demande si des films comme les « Die Hard » n’ont pas contribué à amplifier le phénomène. Disons que c’est d’autant plus absurde quand ça vient de petits soldats qui sont tous plus spirituels et subtils les uns que les autres.
    En tout cas c’est du bon travail tout ça,félicitations!

  2. 2
    le Jeudi 17 mars 2011
    Adrien Barriere Caporal 008534955 a écrit :

    Bien joué Chef !

    Une Michelle « Fast and Furious » Rodriguez qui reste habillée,
    « un Los Angeles à feu et à sang » avec surtout du sang extra-planétaire (« spoiler » ou plutôt de l’eau),
    la découverte de Jim « True Blood » Parrack (Lt Caporal KERNS !) puis son retour à l’anonymat,
    un cadreur boiteux qui avait oublié son pied de caméra,
    « Motorola »,
    rires nerveux
    doliprane(s),

    3000 signes là-dessus, ça c’est fort mec :)

  3. 3
    Samuel Cogrenne
    le Jeudi 17 mars 2011
    Samuel Cogrenne a écrit :

    Je tiens juste à dire que je trouve les conseils de fin extrêmement pertinents.

    (J’allais taper entrer pour poster ce commentaire mais ça n’a pas marché! Merci Facebook!)

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