White Lightnin’

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Non, rien à voir avec les comédies anglaises où Hugh Grant est pété de thunes et où il drague de jolies mères de famille au volant de sa Jaguar. Non rien à voir avec tout ça : dans White Lightnin', le jeune Jesco White, âgé de 6 ans est déjà accroc a l'essence de briquet, ses chemises à carreaux sont naturellement tachées de sang de poulet et elles ne proviennent certainement pas de chez Uniqlo.

white_image02Son père, le célèbre D. Ray White est danseur de clog, une sorte de danse claquette pratiquée dans des salons insalubres, mais dans la bonne humeur. Le jeune Jesco évolue dans un environnement loin d’être drôle, son addiction à l’essence l’entraîne à commettre des « bêtises » qui vont le conduire de maison de correction en asile psychiatrique, le genre d’endroit où l’on en sort soit pire, soit calme, et docile à vie…

Jesco a grandi et est désormais un homme.
Tiraillé par ses instincts violents, il est conscient d’être une menace pour lui et pour son entourage, il va tenter de se refaire et en l’occurrence d’honorer ce que son père lui a appris, le clog.

La bande-son impeccable nous embarque immédiatement dans l’aventure. Bazardez votre iPod, jetez à la corbeille vos mp3 de MGMT ou de Muse et courez acheter des vinyles de Johnny Winter, Willie Nelson et Sixteen Horsepower.

Le casting de gueules cabossées est impressionnant : Edward Hogg semble possédé et rappelle un Jared Leto d’antan qui n’aurait pas viré de bord… On notera la présence de Carrie Fisher plus connue sous le pseudonyme de Princesse Leia, qui est plus que convaincante en redneck ravagée par le whisky, les accouchements multiples et le poulet frit. Elle est dans ce film bien plus charismatique que la princesse frigide de George Lucas.

white_image01 White Lightnin’ peut être choquant pour toute personne trop sensible pour s’immerger dans la vie pas forcément drôle d’un inconnu promis à une mort logique. Ce film parait donc violent, mais il est loin d’être gore et prouve encore que le suggéré dans l’imagination collective est bien supérieur à de la charcuterie gratuite.

Il règne pendant tout le film un emprunt céleste qui aggrave la situation déjà bien lourde, une chouette photographie proche du noir et blanc, ravira tout amateur de pellicule tri-x.

White Lightnin’ est une plongée en apnée dans une marre bourbeuse où cadavres de coyotes et carcasses pick up macèrent.
L’immersion dans cet univers glauque, froid est saisissante et très éloignée de notre quotidien de privilégiés occidentaux.

Malgré l’ambiance dépressive constamment présente et la descente aux enfers de notre héros ; en sortant de la salle, en passant devant Starbucks, Foot Locker, le street art de Châtelet, on se sent terriblement cons et paumés.
Jamais on n’avait eu autant envie de porter une salopette sans sous-vêtements, de jouer du banjo, d’élever des ragondins ou de tirer à la carabine sur des canettes de soda.

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White Lightnin’ de Dominic Murphy

Dans les salles depuis le 17 février 2010

Avec Edward Hogg, Kirk Bovill, Carrie Fisher

1h24min

Drame britannique, 2008

A propos de l'auteur

Image de : Melchior 22 ans, aime roder en écoutant du hip-hop ou du rock, écrire des reports sur des groupes de hardcore, prendre des photos qui n'interressent personne, B2ObA, Burzum, les films de Cronenberg, les loups, George Michael et Tears For Fears ....

1 commentaire

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  1. 1
    le Mardi 25 mai 2010
    Cours particuliers a écrit :

    J’ai littéralement adoré ce film, comme quoi il n’est pas nécessaire de disposer d’un budget faramineux pour réaliser un bon film. Je vous conseille vivement de vous procurer le dvd dès qu’il sortira.

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