Musique // CD

We only said – s/t

par | mise en ligne le Mercredi 16 juin 2010

L’introduction de chronique est un exercice périlleux qui peut parfois aisément relever de la torture mentale la plus profonde.

Image de We Only Said Exactement celle qui est en train d’être désespérément combattue ici même, armé d’un casque, avec le premier album du quintet rennais (cinq sur scène, multiplie presque par deux pour en arriver au nombre de personnes ayant contribué à cet opus) We Only Said en boucle. À la base projet solo de Florian Marzano, le bougre a récemment décidé de rameuter ses copains histoire de s’amuser un peu plus, passant subtilement d’I Only Said à We Only Said.

Commencer par le premier morceau serait logique parce que simplement excellent : Our Monochrome Life est vraiment superbe, lumineux et porteur de ce type de chaleur réellement prenante, rappelant d’autres groupes français œuvrant dans le même style comme Don’t Look Back ou HitchkockGoHome!. Étonnant d’ailleurs de constater que ce titre d’ouverture contraste totalement avec le reste de l’album. Aucune baisse d’intensité, mais une atmosphère beaucoup plus sombre et mélancolique.

Ce genre de tristesse digne, jamais larmoyante, mais rentrée, dévoilée par petites touches ; une écriture racée lorgnant vers tout ces groupes de l’indie US des années 90, allant tutoyer quelques grands noms du style comme Three Mile Pilot ou June of 44. Une mélancolie qui s’installe petit à petit, insidieusement, noble et belle comme sur Eighty-Sixed, petit hymne, ou sur la ligne de piano de Your Drab Eyes, simple, mais venimeuse. Qui dit spleen tourmenté dit paroles loin de respirer la joie de vivre et autres printemps qui chantent, les thèmes des chansons sont équivoques: amours déçus, jeunesse perdue, accident de voiture…

Un cocktail d’un dépressif assez avancé, mais jamais excessif, toujours juste et visant droit. Et ne surtout pas rester sur une seule écoute, ce premier essai se révèle petit à petit, fragile, attachant, d’une tristesse profonde, constamment sur le fil, cathartique même, comme sur I Discover the Murder, très beau final en forme d’explosion sonique clôturant un admirable premier album.

Bravo à eux, et à ne pas manquer en tournée en France cet octobre…

A propos de l'auteur

: Pacush Blues, sur ses 20 ans, aime le pâté en croûte, les jantes alliages, 5ive et le jokari. Il écrit sur Discordance depuis quelques années, mais tout le monde sait que ce n'est qu'une piètre couverture par rapport à ses activités liées au KGB. Malgré cela, celui-ci centre la plupart de ses articles sur de la musique minable et sans intérêt : repoussante, velu, bourrine, expérimentale et souvent particulièrement pète-couilles. Mais Pacush aime la chaude transpiration des salles de concert, et te fera donc partager quoi qu'il en soit chacune de ses sorties nocturnes avec un enthousiasme par-delà le réel. Observe et apprends.

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