Washington Dead Cats

par Natacha|
Les Washington Dead Cats fêtent leurs 20 ans sur la scène musicale française et internationale dans un style bien à eux, nourri d'influences aussi diverses et variées que le rock'n roll, le punk, le rockabilly, les 50's, ou encore les comics...

wdcthumb3Avec leur dernier album El Diablo is back, réalisé sous l’égide et à la gloire du terrifiant El Diablo, lutteur mexicain toujours invaincu après plus de mille combats, les WDC nous plongent une fois encore dans un univers bien à eux et avec un talent qu’ils n’ont plus à confirmer.

A quelques heures de leur concert à la Laiterie de Strasbourg, je suis accueillie par El Diablo en personne, tout de cape et de rouge vêtu et un accent mexicain prononcé au bout des lèvres. Après quelques photos concédées par la star dans un passage éclair, c’est Mat Firehair, chanteur charismatique du groupe qui prend le relais et se prête au jeu de l’interview.

D’où vient le nom du groupe ?

Mat : El Diablo gère un peu nos intérêts et il m’a dit Y’a des questions où tou n’as pas le droit dé répondre, si tou dis d’où vient le nom du groupe tou vas briser le mystère qui l’entoure . El Diablo il est comme ça, il préserve notre image…On peut dire que c’est parce qu’on est les Washington DC et pas de là bas…

Vous avez sorti un nouvel album… cette rencontre avec El Diablo, comment cela s’est passé ?

M: El Diablo voulait revenir sur le devant de la scène et occuper un poste privilégié dans les grands choix du monde actuel. Il a un conseiller marketing qui lui a dit Tu pourrais essayer de trouver un groupe de rock qui pourrait faire des chansons sur toi, parler de toi, c’est un bon moyen pour toucher les masses et les jeunes . Donc il est allé voir Madonna, puis les Stones, et à chaque fois il s’est fait jeter. Il est passé à des groupes plus petits comme les Whites Stripes, et il s’est fait jeter. Puis il a fini par arriver en France et il est allé voir Kyo . Kyo a pas voulu, ils ont eu peur. Il est allé voir Superbus, mais elle a cru qu’elle allait se faire violer donc elle a eu peur aussi…

Il ne restait plus que Nous, il est donc venu nous voir et puis sous la menace, on a fait un album qui s’appelle El Diablo is back, une chanson qui s’appelle El Diablo is back, on a mis sa photo sur les affiches. Nous n’avions pas le choix !

Sous la menace…

M: Voilà ! Parce que lui il est fort et il fait peur ! Il a un caractère plutôt irascible…

Il avait l’air plutôt sympathique quand même…

M: Méfie toi de l’eau qui dort !

Comment a-t-il influencé la musique de votre nouvel album ?

M: En fait il est un peu con aussi. On a donc fait ce qu’on voulait et puis on lui a dit Ça c’est une idée à toi et il a dit Souper !

Attention ! Si jamais il l’entend ?

M: Il écoute pas là, il n’a pas le temps d’écouter les interviews tu sais. Il est au-dessus de tout ça.. On a toujours eu des influences relativement larges de toute manière, enfin larges tout en étant pour certaines personnes restreintes, mais disons qu’à la base on est un groupe dont les influences primordiales sont le rockabilly et le punk. C’est vrai que quand tu écoutes le dernier album, il y a un morceau où nos influences et notre culture musicale nous entraîneNT naturellement vers le jazz et le blues. Il y a un morceau qui est plus gospel, un qui est plus rockabilly, t’as un morceau qui est plus un slow, très années 50, un peu comme Fever . Donc je pense qu’on a malgré tout des influences assez larges, qu’on fait une musique dansante, qui swing et avec une énergie plus proche du punk… mais élégante et racée !

L’image est prépondérante chez vous, quels sont vos héros ?

M: El Diablo ! (J’ai pas le choix !) Les Hot Gang …. Johann des Hot Gang, c’est mon héro. Et c’est pas parce qu’il vient de passer. Finalement quand on nous demande nos influences ce sont plus des influences extra-musicales qui nous viennent à l’esprit… C’est plus les films de Jarmush, de Tim Burton, ou de Tarantino qu’à proprement parler un artiste en particulier. C’est plus un état d’esprit général, une image, un graphisme, qu’une musique a priori. On écoute un peu toutes les musiques malgré tout, à part Kyo ! Et Sardou … on a arrêté ! Mais Sardou va mourir sur scène et les Kyo ont splité donc finalement tout va bien pour Nous tu vois !

Comment est-ce que vous exploitez toutes ces influences graphiques ?

wdcthumb1 M: Fred Beltran, notre guitariste, est dessinateur de BD. Moi je fais du graphisme depuis longtemps, on a toujours été influencés par le cinéma ou par les comics des années 50. La peinture également, mais la peinture plus contemporaine. On est plus influencé par Keith Harring, Jeff Koons ou Basquiat que par Renoir … Également par Kaspard David Friedrich qui est un peintre romantique allemand qui fait de la peinture un peu sombre. En référence musicale on pourrait dire un peu crampsien . Dans toutes ses toiles les personnages sont de dos parce l’homme est toujours de dos face à la foi. C’est hyper symbolique, chaque toile se décrypte intellectuellement d’une manière différente, d’un portrait à l’autre.. Mais c’est vrai que chez Friedrich il y a un peu un côté romantique-obscure qui quelque part nous convient aussi. Après, moi Friedrich ça me fait penser aux Cramps, de même que Keith Harring ça me fait penser aux B-52 …Parmi musiques qui nous ont influencées, il y a les groupes de punk rock. Il y a tout un esprit graphique qui va avec le punk rock, de même qu’avec les 50′s ou le rockabilly. C’est ça qui fait aussi que graphiquement on a un univers qui est riche parce qu’on puise un peu dans toutes nos influences.

Rajoute à cela nos références cinématographiques qui vont des séries B des 50′s, des films de science fiction aux peplums, (bien que nous soyons un groupe qui apprécie énormément les filles aussi) ! J’ai fait du skate pendant longtemps donc tout l’esprit et le graphisme surf me plaisent aussi…Je suis loin d’être fan de la Star Academy, on s’en doutera, mais ce qui me gène le plus c’est que tous ces trucs là, c’est des artistes jetables qui n’ont pas d’univers. Ils chantent des espèces de chansons d’amour mais bon finalement un jour ils aiment Françoise et l’année d’après ils aimeront Danielle. Et puis si t’en as un qui est un peu plus déjanté que les autres, ce qui n’est quand même pas difficile parce que ce sont tous des potiches, donc lui c’est le mec un peu sauvage, alors ils vont lui faire un look un peu punk, avec une typo déchirée pour faire punk. Mais personne n’y croit. Il faut qu’il y ait une démarche derrière. Je pense qu’un groupe comme les WDC, ça existe aussi par rapport à la démarche, par rapport au graphisme, par rapport à tout ça ! Nos disques ne sont pas des concepts-albums, mais on les visualise un peu comme ça. On essaye de trouver une idée un peu globale et on met de la musique avec.

Pour vous c’est quoi le bon équilibre d’un album ?

M: On n’enregistre jamais un album d’un coup. On le fait par étapes. Pour nous un album c’est une vision globale, c’est pas enchaîner 12 morceaux. D’ailleurs on ne fera jamais de tube avec la musique qu’on fait…C’est pas le but…Enfin je pense qu’on écrit des tubes, mais il faudrait qu’on soit nés dans les années 50 ! Là on serait milliardaires ! Mais en 2006…

Ça fait 20 ans que le groupe existe… Au bout de 20 ans quel regard avez vous sur l’évolution du groupe, et sur celle du monde musical ?

M: Ce qui est important pour nous c’est d’être en accord avec nous-même artistiquement. Après on a un univers qui est notre univers, je pense que le groupe a évolué musicalement. Dieu merci, parce qu’on chante mieux, on joue mieux… Enfin JE chante mieux, et tout le monde joue mieux ! Les autres ne chantent pas mieux !!! On s’est ouverts à d’autres musiques, parce que malgré tout on fait de la musique donc on écoute ce qu’il se passe. Après c’est vrai que nos références musicales et culturelles restent les mêmes, mais on a tendance à essayer de les présenter de manière non pas passéiste, mais moderne. On n’est pas un groupe nostalgique du passé, on aime bien le passé, ça nous fait marrer, mais on essaie de l’adapter à ce qu’on est aujourd’hui. J’aimerais pas faire un groupe où on serait habillés comme des clones de mecs des années 50 avec le même son de guitare, ça n’aurait pas d’intérêt pour moi. Quand tu commences un groupe tu ne te poses pas de questions. Nous à 17 ans, si on a fait un groupe c’était pour brancher les filles, faut pas rêver. Un groupe de rock qui te dit J’ai fait ça pour l’amour de la musique, je lui réponds faut pas faire du rock’n roll, faut faire des reprises de Bartok . Tu ne fais pas non plus un groupe de rockabilly à 17 ans pour être millionnaire, parce que ce n’est pas la meilleure musique pour l’être, mais juste parce que c’est classe. Au fil du temps tu fais de la musique pour faire de la musique. Ce qui nous intéressait nous, dans le fait de créer un groupe, c’était de créer un univers.

Après nous sommes vachement ouverts. On a écouté du hip-hop très tôt, on a énormément d’influence dans le blues, dans le jazz ou dans la soul des 60′s. Ce qui nous intéressait dans le rap, avec les premiers albums de De la Soul, des Beastie Boys ou de Public Ennemy, c’est qu’on avait l’impression que le rock n’était plus rebelle. Une musique qui n’est pas instinctive, qui perd son instinct, ce n’est plus de la musique de toute façon. On ne s’est pas mis à faire du hip-hop, ça n’aurait pas eu d’intérêt, par contre c’est une chose qui indirectement nous a influencée dans l’attitude, dans la manière de voir la musique socialement. Bien que nous fassions du rock’n'roll, en France nous sommes considérés comme un groupe de punk. On était sur le même label que les Béruriers Noirs, on a toujours été dans l’action politisée, on a fait énormément de concerts de soutiens, donc on est considérés comme un groupe de punk. C’est assez étrange la perception que les gens peuvent avoir de ce que tu es Toi. Nous on ne s’est jamais posés la question…

Vous laissez quelle place à l’improvisation sur scène ?

wdcthumb4 M: La scène pour moi c’est un lieu de liberté totale. Il faut que ça reste totalement instinctif ! Si tu montes sur scène en sachant exactement ce que tu vas faire ce n’est pas la peine de monter sur scène ! Moi j’aime bien qu’il y ait de l’imprévu, qu’il y ait du risque. S’il n’y a pas de risque ça ne m’intéresse pas ! Et puis j’aime bien un groupe qui peut être bon un soir, voire excellent, et puis qui peut être mauvais un autre soir, parce que ça prouve juste qu’ils sont humains. C’est comme ces gens qui sont tout le temps parfaits, au bout d’un moment ça devient lisse. C’est les imperfections qui font qu’à un moment ou un autre, les gens peuvent devenir géniaux.

Je pense que nous faisons partie de ces gens là. Il y a des moments où l’on peut faire des concerts incroyables et puis on peut faire des concerts pas terribles. Il y a des fans qui sont venus nous dire après un concert Ouais ce soir c’était mortel ou bien Là c’était moins bien que l’autre fois et on leur a dit Ben ouais, on était crevés ! On marche à l’instinct. C’est plus dur de marcher à l’instinct… Il se trouve qu’avec le métier qu’on a, même quand on est mauvais c’est pas non plus catastrophique. Il y a un minimum syndical et on s’en voudrait d’être vraiment merdiques. Les gens ils viennent, ils payent leur place, c’est une histoire de respect, on s’efforce de donner le meilleur de nous-mêmes.

Comment El Diablo arrive à surmonter ça ?

M: El Diablo il trouve qu’on est toujours mauvais ! Eh les mecs, yé vous ai donné la chance de parler de moi y c’est ça qué vous faites ! El Diablo il est un peu prétentieux… Il me dit Matt Firehair tou t’appelles, toi tou fais le chanteur et tou chantes comme ça en mon nom et tou me déshonores ? Donc après on lui paye un coup et il dit OK vous êtes gentils les gars… Tu vois, il est magnanime El Diablo avec nous. Et puis il sait qu’on est le seul groupe qui l’a accueilli aussi ! Il s’est fait jeter par tout le monde. Au bout de 10 ans d’errance, il se dit que si nous on le lâche, après c’est les Rabbeat qui vont le récupérer, le groupe des clones des Beatles . Donc là ce serait un peu désespérant, même pour lui, ça prouverait qu’il ne serait plus El Diablo, mais une contrefaçon d’ El Diablo . C’est compliqué n’est ce pas !

Vous avez crée de vrais personnages, quelle part de personnage y a t-il dans les personnes, et vice versa ?

M: ( long silence ). Pour parler vrai, en me baladant je suis rentré banalement dans un magasin de jouets mexicains et j’ai trouvé le masque d’ El Diablo . Je me suis dit Putain c’est mortel ce masque de catcheur mexicain, le diable et tout… Et puis j’en cherchais un depuis longtemps mais ça coûtait super cher sur internet. Cette culture là m’a toujours fasciné. J’ai acheté le masque… Un jour on était dans le camion, je me baisse, hop je mets le masque, je sors et je fais El Diaaablooo ! Tout le monde me dit Mais t’es malade ! Et puis on arrive à la station service, je rentre et je fais Personne né bouge, yé suis El Diablo ! Après j’ai fait le con pendant un an de tournée. Au bout d’un an on a dit l’album s’appelle El Diablo ! Parfois on jouait avec des groupes super prétentieux et El Diablo montait sur scène et faisait El Diaablooo ! C’est quand même plus cool de faire de la musique que d’aller pointer à l’usine ! C’est un luxe, alors si en plus tu fais la gueule et que tu te la pètes ! C’est clair que nous on fait les concerts et on a un boulot à côté, mais en même temps c’est un choix qu’on a fait. C’est un choix qui est difficile mais c’est notre choix. Il y a des gens qui bossent toute leur vie dans un boulot qu’ils n’ont pas choisis !

En restant dans l’Image toujours, vous avez des clips ou des DVDs de prévus ?

M: On est en train de préparer un DVD. Il y a une fille qui s’appelle Juliette Dragon, elle m’a envoyé un mail un jour et je vais voir sur son site où je la voie habillée en diablesse en train de jongler avec des flammes. Alors je lui ai dit On a un morceau qui s’appelle Devil on high heel (Diablesse en talons aiguilles) c’est exactement toi ! Je fais partie d’un petit groupe qui s’appelle les Washington Dead Cats Elle m’a dit Ah mais je connais, j’adore… Et puis on s’est vus, on a des points communs : on boit tous les deux du thé elle fait du Taï chi, enfin voilà… Du coup on l’a invitée à venir avec nous à la Maroquinerie. La première fois, elle est arrivée en diablesse, elle a jonglé avec des torches et depuis sur certaines dates elle vient avec Nous. Elle fait la pin up… Moi je fais 1m82, elle avec les talons, elle doit faire 2m ! Elle arrive tu fais wouahhhh . Les filles sont impressionnées, et les mecs la draguent pas !

El Diablo n’en mène plus large ?

M: El Diablo à côté c’est un nain ! On a fait une photo où ils sont ensembles à la fin du disque, il a l’air tout minable à côté d’une fille super belle. C’est assez marrant ! Elle fait partie d’un truc qui s’appelle Le Cabaret des Filles de Joie . Elles ont monté un cabaret avec plein de filles, un truc avec des plumes. Elles faisaient des numéro de cabaret et on a décidé de monter une soirée avec elles qui durait 3h30. Donc moi j’ai joué avec mon groupe de standards de jazz pendant 20 minutes, notre trombone faisait 20 min de reprises de calypso, notre guitariste jouait avec un trio de rockabilly roots. Et à la fin il y avait les WDC pendant 1h30, avec les filles qui faisaient les choeurs et entre chaque groupe elles faisaient des interventions de quelques minutes. On a tout filmé et on est en train de monter un DVD à partir de ça. C’était intéressant de pouvoir collaborer avec des gens du cabaret, et également de pouvoir présenter nos autres projets qui s’intégraient dedans artistiquement.

Et justement, vos autres projets, quels sont-ils ?

M: Eh bien moi je joue tous les mardi soirs à la Maroquinerie. J’ai fait un album de standards de jazz avec un trio. J’ai une page sur myspace aussi . Notre guitariste a un trio rockabilly roots, très 50′s (avant 1956), où il chante et joue de la guitare. On a tous des trucs à côté un peu différents, mais qui sont tous finalement un peu des influences des WDC .

Qu’est ce que vous pensez d’internet ?

wdcthumb2 M: Internet ? Moi je trouve que c’est un bon vecteur de découvertes. Les groupes font des disques, mais pour pouvoir enregistrer de nouveaux morceaux il faut bien vendre des disques. C’est le problème de base. C’est vrai que si tu donnes la musique gratuitement comme ça à tout le monde, c’est difficile pour nous de faire des disques. A côté de ça je pense que les mentalités ont changé, que les maisons de disque n’ont pas su évoluer avec le temps, qu’ils n’ont pas compris qu’ils ne pourraient pas interdire internet et l’échange de fichiers. Je pense que pas mal de majors à force de sortir des disques merdiques ont finalement cassé l’image de la musique en soi. C’est à dire qu’avant tu allais acheter un disque en disant C’est l’album d’un artiste machin, il y a une pochette, il y a un univers . Aujourd’hui t’as des trucs de daube, des rééditions, de la variétoche, du R&B parce que c’est ce qui marche le mieux commercialement. T’as 2 singles et 8 morceaux merdiques mis au bout pour vendre l’album. Moi comme tout le monde, je me dis mais qu’est ce que je vais me faire chier à acheter l’album, je vais télécharger les 2 morceaux biens. Je ne suis pas un blaireau !

Je pense que le support n’est pas mort mais il est complémentaire, c’est un autre mode de consommation. En même temps pour Nous, faire des disques ça nous permet de faire des tournées, de vendre des T-Shirts. On vit plus avec les tournées qu’avec les ventes de disques. Je pense que les habitudes ont changé et que malgré tout les gens consomment de la musique d’une manière différente, donc il faut s’adapter. Tu ne peux pas demander aux gens de s’adapter, c’est au marché de s’adapter aux gens…. T’as le problème des droits d’auteurs où t’as personne qui ne touche rien, et plein de choses qui sont remises en cause, et qui sont embêtantes en terme d’éthique, mais d’une manière pratique il y a plein de groupes qui maintenant ont des pages sur internet et qui s’en sortent. Donc c’est aussi positif. Ça veut dire que t’as une ouverture sur la culture. La culture c’est un truc d’échanges. Un mec qui fait du théâtre, c’est comme un mec qui fait des films c’est pour qu’on aille les voir. Quand tu fais de la musique c’est pour qu’on l’entende ! Donc il faut arrêter d’être hypocrite ! Pour ça internet c’est un vecteur fantastique.

Nous on est allés jouer en Hongrie, le disque n’était pas sorti là bas, on est arrivé les gens connaissaient les nouveaux morceaux ! Il y avait entre 300 et 500 personnes dont certaines venues parce qu’elles nous avaient découverts sur le net ! Du coup les gens achetaient des CDs ou des T-Shirts parce qu’ils savaient qu’ils ne les trouveraient pas ailleurs et ça c’était malgré tout grâce à internet. Il y avait un article dans le Monde Diplomatique là dessus assez intéressant sur un américain qui parlait du phénomène de ce qu’on appelle la big queue . C’est une représentation du marché de la musique comme un serpent. L’énorme tête devant, c’est tout ce qui est Madonna, Garou, Obispo, ou Calogero … La big queue c’est tous les produits indépendants et toutes les musiques de niche comme les WDC, des trucs de ragga, ou des trucs de chansons françaises. Le mec disait que les gens intellectuellement en avaient réellement marre de se retrouver avec des choses imposées par les maisons de disques à coups de millions. Grâce à internet ils s’ouvrent sur d’autres cultures. Dans l’article ils expliquent que dans les dix années à venir la big queue et le marché de niche vont se développer. Elle ne va pas rattraper ou dépasser totalement la tête, mais elle va prendre plus d’importance et il va falloir s’habituer à cela.

Les gens qui vont acheter des disques, qui consomment de la musique, ont aussi tendance à chercher des trucs qui ont un univers et vont plus facilement acheter un disque pour avoir cela. Moi ce que je télécharge c’est le disque que je n’irais pas acheter. Nous chez Pias notre maison de disque, on s’est battus, on a fait un boîtier cristal, plutôt qu’un digipack pour faire baisser le prix de vente de notre disque. On leur a dit Vous vendez le disque des WDC 17 euros : c’est trop cher . Moi je rentre à la FNAC, je vois un film genre blockbuster en DVD avec 1h30 de bonus pour 9 euros et je vois le CD des Washington à 17 euros, je me dis Putain … enfin non, je me dis pas putain, je dis oh ! Zut alors ! Flûte ! Je vais acheter le DVD ! Le prix des CDs doit baisser. Il ne faut pas rêver, un CD ça coûte moins cher à fabriquer qu’un vinyle à l’époque, donc faut arrêter ! Et derrière ça je pense que si les artistes font de bons disques il y aura encore des disques qui se vendront. Et même si les disques ne se vendent pas et que la musique se télécharge, les gens iront aux concerts. Ce que tu perds à un endroit tu le récupères ailleurs ! Faut arrêter de pleurer !

J’ai vu une pochette japonaise sur votre site, est-ce qu’El Diablo compte envahir le Japon ?

M: Il aimerait bien El Diablo ! Là on doit aller jouer en Allemagne. C’est bizarre mais il y a une culture très rock’n'roll là bas. Au Portugal, on a un tourneur qui nous a trouvé des dates. Nous notre but c’est de jouer partout. On est allés en Hongrie et on n’a pas gagné un sou. On est partis 7 jours et il y avait 2 mètres de neige, mais c’était une aventure humaine ! C’est ça qui est intéressant dans la musique tu vois, c’est vivre des choses et partir à l’aventure. Il y a des endroits où l’on s’en sort, des endroits où on ne gagne rien. Le but c’est d’être à zéro. On a refusé d’aller aux Etats Unis, parce que ça nous coûtait de l’argent d’y aller. A un moment, si je dois partir en vacances, quitte à payer pour aller quelque part, je préfère partir avec ma copine qu’avec le groupe.

Et puis surtout que tu es maltraité aux USA ! Mis à part l’impact psychologique que ça a sur les gens, tu peux frimer en disant J’ai joué aux USA, il faut voir dans quelles conditions t’as joué. Si c’est pour jouer dans un bar pourri avec des mecs qui n’en ont rien à foutre, être payé une misère et payer pour dormir, autant aller en vacances et faire du canoë kayak sur les grands Lacs. C’est plus cool ! Tu ne te fais pas humilier, personne ne te parle mal et au moins tu sais où tu vas dormir ! Et si t’es avec ta copine c’est quand même plus sympa ! Parce que dormir avec les autres du groupe pleins de sueur après le concert dans le même lit à 5, merci !

Vous avez quel accueil du public ?

M: Très mauvais ! On va arrêter d’ailleurs je pense. Là je vais monter me suicider ! Non, écoute, ça se passe bien. Je pense que les gens qui viennent nous voir savent à quoi s’attendre malgré tout. L’accueil est toujours positif ! Les gens qui viennent voir les Washington, ils viennent pour écouter de la musique et se marrer. Tu viens là pour boire une bière, draguer, regarder le groupe, danser, enfin voilà… Tu n’y va pas pour causer. Déjà que moi je cause ! Je fais la vedette pendant 2h donc après les gens ils peuvent pas lutter. Ils se disent Putain il y a déjà l’autre là qui fait le bellâtre là . Et il y a El Diablo aussi, il n’aime pas quand on essaie de me voler la vedette ! Je suis sa mascotte ! Après il va les chercher chez eux Quoi, tou as mal parlé au chanteur ! Tou t’es moqué du chanteur – Nan nan, c’est pas moi – Si je t’ai vou!

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Site officiel: http://www.washingtondeadcats.com/

MySpace: http://www.myspace.com/washingtondeadcats

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