Volbeat | St Jakobshalle | Bâle | 09.11.11

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En juin 2010 ce fut la découverte en première partie de Metallica. En juin 2011 ce fut la confirmation en clôture du festival Greenfield d'Interlaken. Les voir cinq mois plus tard en headliner de leur propre tournée européenne, avait de quoi donner des airs de grand oral à ces retrouvailles attendues avec impatience depuis leur trop courte prestation au Sonisphere d'Amneville en juillet dernier.

Si la St Jakobshalle de Bâle avait déjà connu des affluences plus fastes par le passé (Rammstein, Marilyn Manson, Iron Maiden), les Danois n’auront pas eu à rougir d’une fosse joliment remplie de t-shirts à leur effigie et d’une marée de Devil’s Horn se dressant bien haut dès leur arrivée sur scène. Pour faire dans le cliché rapide, Volbeat c’est une sorte de croisement entre Elvis Presley, James Hetfield et Johnny Cash. Des changements de rythmes permanents, des refrains catchy ciselés pour être repris en chœur et une production exemplaire auront fait des quatre albums studios du groupe des références du genre. Mais pour tenter de mieux comprendre l’exaltation que procure chacune de leurs chansons, attardons-nous un peu sur leur cas.

Bien sûr il y a cette affiliation clairement revendiquée avec Metallica, que ce soit dans le chant de Mike Poulsen ou dans ces alternances trash / punk qui firent les grandes heures des premiers albums des Four Horsemen. Il y a aussi ce côté honky-tonk crasseux, à la sincèrité alcoolisée et virile, tout droit sorti d’un vieil enregistrement d’Hank Williams. Il y a ces accents syncopés rockabilly et cette imagerie faite de voitures rutilantes, de flingues et de guitares clinquantes. Mais surtout il y a chez Volbeat cette authenticité et cette hargne très Social Distortionienne mariées à un indéniable talent de composition qui donne aux titres du groupe cette impression de course effrénée à travers l’histoire du rock’n roll.

Mais malgré l’extrême motivation du public et de l’auteur de ces lignes à la tombée du rideau, l’entame du concert n’aura pas de quoi figurer dans le hall of fame du rock’n roll. La scène parait grande, trop grande, pour un groupe qui peine à occuper l’espace. La voix de Paulson apparait comme lointaine et les premiers titres auront vraiment du mal à retrouver l’impact qu’ils ont sur disque. Heureusement, Volbeat ne tardera pas à se ressaisir.

Do you like Johnny Cash ? ou la question rituelle à l’entame de Sad Man’s Tongue, premier morceau à vraiment réveiller la salle et qui a donné le véritable le top départ du concert. Dès lors, plus rien de pourra arrêter nos quatre Danois lancés à toute allure dans un road trip électrisant. Les nuques s’agitent en rythme sous les blasts des guitares. Et si ce n’était un début de reprise très dispensable de Queen, le reste du concert fut un sans faute, avec comme point d’orgue Still Counting repris comme un seul homme et un Pool of Booze, Booze, Booza de clôture dantesque s’achevant sur les riffs bien connus de Raining Blood.

Excellent concert donc. Un de ceux qui vous trottent dans la tête encore longtemps après le dernier acouphène envolé. Néanmoins le set est resté assez similaire aux précédentes dates de la tournée, et par moments le groupe donnait la désagréable impression d’enchainer les titres comme à l’usine, sans trop d’intéraction avec le public. S’ils ont visiblement emprunté plusieurs gimmicks à Metallica (jeu de scène, façon de remercier le public lumières allumées), ils n’ont pas encore intégré le plus important : faire de chaque concert une expérience unique et spéciale. Ou du moins arriver à le faire croire au public.

Crédits photo : Phil Barbosa / Lyon 2010 (En première partie de Metallica)

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